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Article du mois
Émétophobie (peur de vomir) : une approche clinique spécialisée
Ruby Villar-Documet – Psychologue clinicienne
… L’émétophobie ne se résume pas à une simple peur : elle s’inscrit dans des mécanismes internes complexes, souvent difficiles à comprendre et à apaiser seul.
À travers mon approche intégrant les neurosciences et la clinique, je propose un éclairage précis sur ce trouble, afin d’en mieux saisir le fonctionnement.
Comprendre ces processus constitue une étape essentielle pour envisager une évolution progressive vers un apaisement durable.



Les Phobies (peur) et l’Emétophobie ou “peur de vomir”
Qu’est-ce que la Phobie ?
Hypothèses Etiologiques - les causes
Diagnostic différentiel entre la Peur et la Phobie – où est la différence ?
La classification des Phobies
L’Épidémiologie, ou la répartition et la gravité des états pathologiques
Phobies : Le Dictionnaire
Deuxième partie : L'émétophobie
Qu’est-ce que l’Emetophobie ou la peur de vomir ?
L'évolution de l'Emétophobie
Classification de l’Emetophobie
Les Crises et les Symptômes qui accompagnent l’Emétophobie
La gestion des crises
L'Emétophobie et ses possibles complications
Troisième partie : Intervention Psychothérapeutique Spécialisée dans l'Emétophobie (peur de vomir). Approche clinique visant à apaiser les angoisses, les appréhensions, les peurs anticipatoires et les manifestations anxieuses associées à la peur de vomir.
Approches PsychoThérapeutique des Phobies
Approche neuroscientifique de l'emétophobie : un trouble de la perception interne et de la régulation émotionnelle
L'émétophobie (peur de vomir ) :
L’émétophobie est une peur irrationnelle et persistante de vomir.
Si, pour la majorité des personnes, les vomissements suscitent un dégoût proportionné et transitoire, chez certains individus, la simple évocation, anticipation ou imagerie mentale de cet acte peut déclencher une réponse anxieuse intense, voire des réactions de panique. Cette hypersensibilité correspond à un trouble anxieux spécifique appelé émétophobie.
L’émétophobie peut se manifester de différentes manières : peur de vomir soi-même, crainte des nausées, appréhension d’entendre ou de voir quelqu’un vomir, peur d’être observé dans cette situation, ou encore anxiété anticipatoire liée à la possibilité de vomir. Ces manifestations peuvent progressivement impacter la vie quotidienne (alimentation, déplacements, vie sociale), en lien avec des stratégies d’évitement mises en place pour se protéger.
Sur le plan clinique, il s’agit d’une phobie spécifique, caractérisée par une réaction émotionnelle disproportionnée au regard du danger réel. Cette réaction est associée à des mécanismes neurobiologiques impliquant les circuits de la peur et de l’anticipation anxieuse.
Les avancées en neurosciences permettent aujourd’hui de mieux comprendre ces mécanismes. Une prise en charge spécialisée, associant des approches psychothérapeutiques reconnues et des techniques issues des neurosciences cliniques, telles que le neurofeedback EEG, peut être proposée afin d’accompagner la régulation des réponses anxieuses.
L’accompagnement vise à aider la personne à mieux comprendre ses réactions, à diminuer l’intensité des manifestations anxieuses et à retrouver progressivement un sentiment de sécurité interne. Cette démarche s’adapte au rythme de chacun, chez l’enfant comme chez l’adulte, dans une perspective d’amélioration du bien-être et de la qualité de vie.
Avant toute chose, comment définir l'émétophobie ou peur de vomir ?
Les personnes souffrant d’émétophobie présentent une peur intense liée au fait de vomir, de voir du vomi ou d’être confrontées à une personne en train de vomir, en particulier dans des contextes sociaux.
Cette appréhension peut s’accompagner d’une vigilance accrue et d’une anxiété au quotidien, pouvant, dans certaines situations, s’intensifier jusqu’à des manifestations de type attaques de panique.
Dans ce contexte, il n’est pas rare que des comportements d’évitement se mettent progressivement en place, notamment dans les situations perçues comme à risque, ce qui peut impacter la vie personnelle, sociale ou professionnelle.
En tant que praticienne spécialisée dans l’accompagnement de l’émétophobie, chez l’enfant comme chez l’adulte, en consultation en région parisienne (Courbevoie), nous vous proposons cet article détaillé. Il a pour objectif de vous apporter un éclairage clair et accessible sur ce trouble anxieux, ainsi que sur les approches d’accompagnement pouvant être envisagées
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Pour toute demande de consultation pour une Psychothérapie de l'émétophobie en cabinet chez le psychologue spécialiste, Ruby Villar-Documet remplissez svp le formulaire de contact.
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Première partie : Les phobies — comprendre les peurs et leurs modes d’accompagnement
Qui n’a jamais ressenti un malaise, une tension ou une envie de s’éloigner face à une situation pourtant objectivement sans danger ?
Certaines peurs, dites irrationnelles, peuvent être transitoires et faire partie du développement normal, notamment durant l’enfance. Toutefois, dans certains cas, elles peuvent persister, se renforcer et s’inscrire progressivement dans le fonctionnement émotionnel de la personne. Elles peuvent alors devenir plus envahissantes, difficiles à contrôler et s’accompagner de stratégies d’évitement. C’est dans ce contexte que l’on évoque le cadre clinique des phobies spécifiques, parmi lesquelles figure notamment l’émétophobie (peur de vomir).
Sur le plan clinique, une phobie se caractérise par une peur intense et disproportionnée face à un objet, une situation ou une anticipation, en l’absence de danger réel immédiat. Cette réaction s’inscrit dans des mécanismes complexes, impliquant à la fois des processus cognitifs, émotionnels et neurobiologiques, notamment les circuits de la peur et de l’anticipation.
Dans cet article, ce concept sera précisé à la lumière des connaissances actuelles, en s’appuyant sur des approches issues de la psychologie clinique et des neurosciences. Différents modèles explicatifs seront présentés, tels qu’ils sont couramment envisagés par les professionnels de la santé mentale (psychologues, cliniciens, psychothérapeutes), dans une perspective d’information et de compréhension.
Dans un second temps, une attention particulière sera portée à l’émétophobie, c’est-à-dire à la peur de vomir. Ce trouble sera abordé de manière détaillée, à travers la description de ses manifestations, de ses mécanismes et de son évolution possible.
Un témoignage représentatif viendra illustrer ces éléments, afin de mieux appréhender les expériences vécues et les répercussions au quotidien.
Emétophobie peur de vomir "phobie"
Personnalisation et structuration de l'accompagnement psychothérapeutique des phobies :
Bien sûr il existe un grand nombre de phobies, qui sont traitées de façon différentes suivant les approches médicales. En tant que psychologue clinicienne (psychologue spécialisé en émétophobie), nous donnons systématiquement une place à l'individualité du patient, à son expérience personnelle, à partir de laquelle nous pourrons planifier une thérapie qui lui sera propre.
Les troubles phobiques, et en particulier l’émétophobie, nécessitent une prise en charge rigoureuse, structurée et spécifiquement adaptée à leur complexité clinique.
Dans cette approche spécialisée, l’accompagnement repose sur un protocole thérapeutique défini en amont, issu de l’expérience clinique et de l’intégration de différents champs des neurosciences et de la psychothérapie. Ce cadre permet d’offrir au patient un parcours clair, sécurisant et progressif.
Une première consultation, dite d’exploration, permet d’évaluer avec précision la situation et de présenter les différentes étapes de l’accompagnement. Ce temps d’échange vise à apporter une compréhension globale du trouble et à répondre aux interrogations, afin d’instaurer un climat de confiance et de visibilité sur le déroulement du suivi.
La prise en charge s’inscrit ensuite dans une progression encadrée, selon des étapes déjà structurées, permettant d’aborder le trouble de manière adaptée, sans imprévu et dans le respect du rythme de la personne.
Cette approche spécialisée intègre, lorsque cela est indiqué, différentes dimensions issues de la psychologie clinique, des thérapies cognitives et des neurosciences appliquées, ainsi que des techniques complémentaires telles que l’hypnose ou certaines méthodes de stimulation neurophysiologique.
L’objectif de cet accompagnement est d’aider à une meilleure compréhension des mécanismes anxieux et de favoriser une évolution progressive vers un apaisement des réactions émotionnelles, dans un cadre professionnel, structuré et sécurisant
Qu'est ce que la Phobie ?
Le terme Phobie, du grec ancien phobos (φόβος), désigne un ensemble de troubles psychologiques axés sur une entité extérieure capable de susciter une peur irrationnelle. Il s'agit d'une crainte angoissante spécifique "déclenchée par un objet ou une situation n'ayant pas en eux-mêmes un caractère dangereux, disparaissant en dehors de l'objet ou de la situation, ce qui entraîne des conduites d'évitement caractéristiques, au delà du contrôle volontaire, bien que le malade soit conscient du caractère absurde de sa crainte".
Le « phobique » vit dans la crainte constante d'une nouvelle panique: "c’est un cercle vicieux infernal" (émétophobie peur de vomir).
Les Traits généraux du Patients sont : timidité, effacement, réserve, hyper-émotivité, anxiété prédominante.
Une phobie est ainsi une forme spécifique de trouble anxieux caractérisée par une peur intense, persistante et souvent envahissante, déclenchée par une situation, un objet ou une anticipation clairement identifiés.
Au-delà d’une simple peur, la phobie s’inscrit dans un fonctionnement neuropsychologique particulier : le cerveau interprète certaines situations comme menaçantes, même en l’absence de danger réel immédiat. Cette réaction, automatique et involontaire, peut générer des manifestations physiques et émotionnelles marquées, parfois difficiles à apaiser sans accompagnement adapté.
Chez certaines personnes, cette réponse de peur peut progressivement s’amplifier et s’organiser autour de mécanismes d’anticipation. Le quotidien peut alors être influencé par une vigilance accrue, voire par des stratégies d’évitement destinées à maintenir un sentiment de sécurité.
Les phobies font aujourd’hui l’objet d’une compréhension approfondie grâce aux apports de la psychologie clinique et des neurosciences. Elles sont reconnues comme des troubles pouvant bénéficier d’un accompagnement structuré, permettant d’en comprendre les mécanismes et d’en atténuer les manifestations.
Dans ce cadre, une approche spécialisée et encadrée propose un travail progressif, fondé sur une méthodologie définie, intégrant différentes dimensions thérapeutiques. Cette structuration permet d’offrir au patient un cadre clair, sécurisant et cohérent, favorisant une évolution adaptée à chaque situation.
Hypothèses étiologiques = les causes de la phobie :
● Génétique, psychologique et familiale -
Certaines théories supposent qu'il existe une composante organique (présente dans toutes les cultures) avec une prédisposition biologique pour expliquer la grande sensibilité à certains stimulus particuliers (emétophobie-vomi). Ainsi, une personne atteinte de phobie naîtrait avec un patrimoine phobique qui serait transmis de génération en génération. En effet, il existe des Phobies communes à l'homme, quelle que soit la latitude sous laquelle il vit ; ainsi, tous les enfants dans le monde craignent le noir, la séparation d'avec leur mère... De plus, certaines peurs, comme celles des serpents, du vide, de l'obscurité, de l'eau... existeraient en nous à l'état latent. Une expérience célèbre consistant à placer un bébé sur une plaque de verre montre combien l'enfant a peur du vide sans jamais avoir encore fait la moindre chute.
Selon l'anthropologue Seligman (1873-1940) des "réactions/comportementales" innées montrent chez l'animal comment certaines espèces se méfient instinctivement de leurs prédateur avant même de les avoir rencontrés ; ce même type de réaction servirait chez l'homme à le prémunir contre les dangers, à partir d'une sélection naturelle.
On trouve aussi le plus souvent une origine psychologique (intrapsychique et inconsciente) et, parfois, un facteur familial.
● Le facteur familial -
Dans ce dernier cas, on peut parfois retrouver "un type de phobie" fréquente dans certaines familles, ce qui appuie la thèse de la possibilité d'un facteur génétique impliqué. La question est de savoir, dans ce cas-là, si cette fréquence plus élevée est due à l'hérédité ou plutôt au fait d'avoir grandi avec d'autres personnes anxieuses, celle-ci demeure toujours ouverte.
Des études ont révélé qu'en général, les personnes ayant une Phobie sociale ou une agoraphobie ont vécu un éclatement familial, ont éprouvé de la timidité, ou encore n'ont eu que peu de relations amoureuses et n'ont pas été encouragées par leurs parents à développer leurs relations sociales.
● Psychanalytique –
Parmi les diverses approches psychologiques, ce sont les psychanalystes, et particulièrement Sigmund Freud, qui ont été pendant longtemps les seuls à se pencher sur le problème des phobies; ils ont puisé dans l'inconscient de leurs patients et dans leurs pulsions les causes de leurs terreurs. La Phobie est alors le produit d'un compromis agissant par un déplacement de représentations, d'un objet significatif aimé et haï, à un objet moins significatif mais chargé de peurs.
Le cas particulièrement célèbre est sans doute celui du petit Hans, relaté par Freud dans son Analyse d'une Phobie chez un petit garçon de cinq ans (1909). En fait, Freud a rencontré l'enfant une seule fois et celui-ci a été plutôt analysé par son père médecin (disciple de Freud) convaincu par la théorie du maître. Ce garçon, depuis l'âge de trois ans, était tiraillé entre l'amour qu'il éprouvait pour sa mère, et l'agressivité qu'il ressentait à l'égard de son père, en tant qu'obstacle à son désir pour sa mère. On trouve ici la relation triangulaire du complexe d'OEdipe... Jusque-là. Or ce petit garçon deviendra le spectateur d'une scène banale : il voit un cheval uriner, mais en même temps, il est frappé par la taille du sexe, du "fait-pipi" de l'animal. Quelque temps après vient se juxtaposer à cette vision celle de la chute d'un cheval tombé "comme mort" dans une rue de Vienne... C'est à ce moment-là que se déclenche la phobie de Hans. Il a peur d'être mordu par un cheval.
- Hans, témoin de ces deux spectacles de la vie au moment où il est déchiré par son conflit intérieur, conjugue l'image des deux chevaux avec celle de son père. Il associe la première au pénis de son père qui est grand et puissant comme le cheval. Il unit la seconde à son désir de se débarrasser de son père pour lui prendre sa femme et la garder pour lui tout seul. Mais Hans sait, malgré son jeune âge, que ses sentiments sont coupables. Il se met alors à avoir peur du châtiment. Dès lors il expulse de sa conscience les véritables raisons de sa peur, à savoir la haine de son père et la redoutable punition à laquelle ce sentiment l'expose. Il va déplacer sa terreur sur des animaux qui symbolisent son père : les chevaux.
Hans a donc converti le danger interne, la castration que son père aurait pu lui infliger en raison de ses sentiments pour sa mère, danger qu'il double d'une habitude d'onanisme (masturbation), en danger externe, moins terrorisant, car il laisse des périodes de repos quand Hans ne se trouve pas au contact des chevaux. De plus cela lui permet de continuer à mériter l'amour des parents.
Il y a donc phobie quand le Moi est menacé d'un danger. Alors, l'angoisse précède et provoque même le refoulement, l'expulsion de la conscience de la véritable raison de la peur. La phobie aurait donc pour rôle de diminuer l'angoisse. En d'autres termes, la personne, effrayée par ses pulsions sexuelles, tiraillerait ces pulsions par un conflit intérieur, elle se réfugierait dans une peur externe moins dangereuse et plus acceptable par le Moi et par le Surmoi, gendarme de la morale.
Pour les tenants des théories de l'apprentissage et les psychologues cogniticiens la phobie (emétophobie) est un comportement appris et renforcé au cours de la vie du patient, soit de manière directe (être mordu par un serpent, par exemple), soit de manière indirecte en observant les réactions de douleur ou de peur d'un autre individu.
Théorie du conditionnement :
Parmi les modèles explicatifs proposés en psychologie, la théorie du conditionnement constitue une hypothèse fréquemment évoquée pour comprendre le développement de certaines phobies, notamment l’émétophobie.
Selon ce modèle, une peur peut se mettre en place à la suite d’une association progressive entre une expérience perçue comme désagréable ou menaçante et un élément initialement neutre. Ce dernier peut alors acquérir, au fil du temps, une valeur anxiogène, indépendamment de tout danger réel.
Les premiers travaux expérimentaux sur le conditionnement, notamment ceux de John B. Watson dans les années 1920, ont illustré ce mécanisme. Dans cette expérience, une réaction de peur a été observée chez un enfant exposé de manière répétée à un stimulus neutre (un rat) associé à un bruit soudain et désagréable. Ce type d’observation a contribué à mieux comprendre comment certaines réponses émotionnelles peuvent être apprises.
Dans le cadre des phobies, ce processus de conditionnement peut contribuer à expliquer le caractère apparemment irrationnel de la peur. En effet, l’événement à l’origine de cette association peut ne pas être clairement identifié ou mémorisé par la personne, notamment lorsqu’il s’est produit de manière précoce ou progressive.
Il convient toutefois de souligner que cette théorie constitue une piste de compréhension parmi d’autres. Les phobies résultent généralement de l’interaction de plusieurs facteurs — psychologiques, environnementaux et neurobiologiques — ce qui justifie une approche clinique globale et nuancée.
Diagnostic différentiel entre la Peur et la Phobie (où est la différence ?)

| Caractéristiques | Peur | Phobie |
| Stimulus potentiellement dangereux | Oui | Non |
| Conduites d'évitement | Non | Oui |
| Réaction proportionnée au stimulus | Oui | Non |
| Raisonnement logique | Oui | Non |
| Contrôle volontaire | Oui / Non | Non |
| Anxiété anticipée | Oui / Non | Oui |
| Durée | Ponctuelle | Maintenue |
● Le Diagnostic de phobie :
La Phobie (et l'emétophobie) se caractérise par une peur irrationnelle et majeure en présence du stimulus phobogène, pouvant évoluer vers une attaque de panique si l'évitement n'est pas possible. Les phobies (emétophobie) ne deviennent des "pathologies" que lorsqu'elles entraînent une souffrance importante chez le patient, et une détérioration de sa qualité de vie. Elles deviennent alors invalidantes de par les symptômes en présence du stimulus phobogène, et de par les stratégies que doit mettre en place le patient afin de les éviter.
"Certaines phobies (emétophobie) n'ont aucune composante psychologique, mais sont des réactions à des stimuli physiquement insupportables en raison d'un état médical particulier :
- Photophobie, crainte de la lumière, un des symptômes possibles de la méningite.
- Hydrophobie, crainte de l'eau, désigne dans le cas d'un patient atteint de rage l'impossibilité d'avaler des liquides, dans la mesure où ceux-ci entraînent un spasme laryngé.
Toutefois, avant de poser le diagnostic de phobie, on doit s'assurer de l'absence d'autres facteurs, comme par exemple l'hyperthyroïdie qui peut entraîner des crises d'anxiété, la prise de psychotropes, etc.
● Les Critères diagnostiques du DSM IV :
Le DSM IV donne les critères de diagnostic suivant pour les phobies non spécifiques (classement 300.29)
Crainte marquée et persistante, excessive ou peu raisonnable, déclenchée par la présence ou l'idée anticipative d'un objet ou d'une situation spécifique (par exemple : vol en avion, hauteurs, animaux, recevoir une injection, voir du sang).
L'exposition au stimulus phobique (emétophobie) provoque presque invariablement une réponse immédiate d'inquiétude, qui peut prendre la forme soit d'une crise de panique liée à la situation, soit d'une prédisposition à une telle crise.
Note : Chez les enfants, l'inquiétude peut être exprimée en pleurant, par de la mauvaise humeur, par de la rigidité, ou en se cramponnant.
La personne admet que la crainte est excessive ou peu raisonnable (emétophobie).
Note : Chez les enfants, cette caractéristique peut être absente.
Phobie et évitement
Les situations phobiques (emétophobie) sont évitées, ou bien, sont supportées avec une inquiétude ou une détresse intense. L'évitement, l'anticipation anxieuse ou la détresse dans la situation redoutée interfère de manière significative avec le quotidien normal de la personne, avec son fonctionnement professionnel (ou scolaire), avec ses activités et rapports sociaux ; ou bien il y a une détresse marquée due au fait d'être sujet à la phobie.
Pour les personnes de moins de 18 ans, la situation perdure depuis au moins 6 mois.
Diagnostic différentiel
Il faut que l'inquiétude, les crises de panique ou l'évitement phobique liées à l'objet (emétophobie - vomi ) ou à la situation ne s'expliquent pas mieux par un autre trouble mental. Cet autre trouble pourrait être le Trouble Obsessionnel Compulsif (par exemple, crainte de la saleté de quelqu'un, avec une hantise de contamination), un trouble post-traumatique par exemple, l'évitement des stimuli liés à un facteur de stress), un trouble d'inquiétude de séparation (par exemple, évitement de l'école), une phobie sociale (par exemple, action d'éviter des situations sociales en raison de la crainte de l'embarras), une panique avec l'agoraphobie, de l'agoraphobie sans antécédent de panique.
La Classification des phobies :
La psychopathologie divise les phobies en trois catégories -
1- Les "Phobies spécifiques" ou Phobies simples, qui sont déclenchées par un objet externe : avions, araignées, etc. Elles sont souvent négligées par l'entourage et même parfois tournées en ridicules, elles peuvent être source de détresse psychologique majeure, et dans certains cas avoir un impact sérieux sur la qualité de vie (phobie des transports, phobie des animaux, phobie des phénomènes naturels...).
La plupart de ces phobies représentent un état extrême du sentiment normal : par exemple la phobie des avions représente une sur-amplification de la sensation d'appréhension naturelle que tout le monde ressent lors d'un décollage. Il faut aussi signaler que les symptômes ressentis lors de la confrontation avec l'objet ou la situation phobogène (celle qui déclenche la peur) varient fortement d'un sujet à l'autre ; dans les cas extrêmes, une "attaque de panique" peut être déclenchée : malaise général, sensation de mort imminente, tachycardie, sueurs, etc. Dans tous les cas, les sujets frappés de phobie spécifique sont conscients de l'irrationalité de leur peur, et en souffrent.
2- Les Phobies sociales, ou la peur d'interagir avec les autres, de réaliser certaines actions devant d'autres personnes, par exemple de "parler en public à des gens connus", ou encore l'éreutophobie (peur de rougir).
3- L'Agoraphobie, c'est-à-dire la peur de quitter son environnement proche et de se retrouver dans un endroit dont il serait difficile ou gênant de s'extraire.
Les phobies vis-à-vis des maladies, comme la cancérophobie (peur du cancer) ou la nosophobie (peur des maladies en général) sont en principe des formes d'hypocondrie et non des Phobies spécifiques ou simples. Néanmoins, certains classements situent la peur d'être contaminé dans les phobies simples, et celle d'être déjà malade dans l'hypocondrie.
L’Épidémiologie, ou la répartition et la gravité des états pathologiques:
L’épidémiologie, qui étudie la fréquence, la répartition et les caractéristiques des troubles au sein de la population, indique que les troubles anxieux figurent parmi les problématiques les plus couramment rencontrées en santé mentale.
Au sein de cet ensemble, les phobies spécifiques comptent parmi les formes les plus fréquentes. Selon les données issues de la littérature scientifique, leur prévalence au cours de la vie est estimée entre 5 % et 25 % dans la population générale, avec des variations selon les méthodes d’évaluation et les critères diagnostiques utilisés.
Les phobies apparaissent plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes, bien qu’elles puissent concerner l’ensemble des individus, quel que soit l’âge ou le contexte.
Certaines études internationales suggèrent que l’âge d’apparition des phobies spécifiques peut varier selon leur nature. Par exemple, les phobies dites « spécifiques » (incluant notamment certaines peurs liées au corps ou à des stimuli particuliers, comme dans l’émétophobie) tendent à apparaître plus précocement que d’autres troubles anxieux.
Des observations cliniques rapportent un début souvent situé autour de l’enfance pour certaines phobies (par exemple, vers 7 ans pour les phobies animales, ou vers 9 ans pour les phobies liées au sang ou aux blessures). À l’inverse, certaines phobies, comme la claustrophobie ou l’agoraphobie, peuvent se manifester plus tardivement, parfois à l’adolescence ou au début de l’âge adulte.
Ces données doivent être interprétées avec prudence, car les trajectoires individuelles peuvent varier. Elles permettent néanmoins de mieux situer les phobies dans leur contexte développemental et d’en comprendre la diversité d’expression.
Des différentes Phobies, les Phobies Spécifiques semblent être les plus fréquentes :
Voici le tableau suivant (Bourdon / Journal of anxiety disorders, 1988, 2, 227-241) qui reprend les principales phobies et leur ordre de fréquence chez les hommes et chez les femmes. Ainsi les Phobies Spécifiques ou Simples apparaissent comme les plus courantes, elles concernent 6 à 7% de la population
| Femmes | Hommes | Phobies | Type |
| 1 | 2 | Insectes, souris, serpent | Phobie simple |
| 2 | 1 | Hauteurs | Phobie simple |
| 3 | 5 | Transports en commun | Agoraphobie |
| 4 | 6 | Etre dans l'eau | Phobie simple |
| 5 | 11 | Orages | Phobie simple |
| 6 | 3 | Etre dans la foule | Phobie sociale |
| 7 | 4 | Autres peurs | Phobie simple |
| 8 | 8 | Claustrophobie | Phobie simple |
| 9 | 10 | Tunnel et ponts | Agoraphobie |
| 10 | 9 | Parler en public à des gens inconnus | Phobie sociale |
| 11 | 14 | Sortir dehors seul | Agoraphobie |
| 12 | 13 | Rester seul | Agoraphobie |
| 13 | 15 | Rester près d'un animal dangereux ou non mais qui ne peut vous atteindre | Phobie simple |
| 14 | 7 | Parler à des gens inconnus | Phobie sociale |
| 15 | 12 | Manger avec des gens connus ou en public | Phobie sociale |
Phobie : Le dictionnaire
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Seconde partie : L'émétophobie (peur de vomir)
Qu'est ce que l'Emétophobie ou la "peur de vomir" ?
Le terme Emétophobie (vient du grec emein vomir), signifie Phobie liée au dégoût maladif, incontrôlable et irraisonné du vomi. Les personnes victimes de l'emétophobie ne veulent pas en parler, considérant ce sujet comme "tabou", elles se sentent envahies par une " émotion extrêmement puissante".
Le dictionnaire l'emétophobie est définit comme une "crainte morbide de vomir".
La peur de vomir ou emétophobie est un trouble dont on entend très peu parler, cependant c'est une phobie qui touche un nombre important de personnes de tout âge, mais principalement les adolescents et les adultes.
Les personnes malades d'Emétophobie ont tendence a se replier sur elles-mêmes, s'interdisant la socialisation et évitant certains actes essentiels de la vie, en fait les malades ont peur de tous les événements qui peuvent entraîner l'action de vomir : ils évitent les transports, les aliments à risque (fruits de mer, notamment), les "réunions arrosées", la foule ; les sport de combat ; ils ne sont pas à l'aise quand une personne lit dans une voiture à côté d'eux ; ils ne se sentent pas bien quand ils voient quelqu'un vomir, que ce soit en face d'eux ou à l'écran (télévision ou cinéma), etc .
Les personnes souffrant d'Emétophobie se sentent seules et incomprises : "Cette terreur nous accompagne pas à pas dans notre quotidien, quoi que nous fassions, où que nous allions, avec qui que nous soyons. Ce calvaire, nous le vivons contre notre volonté. Il est plus fort que tout, plus fort que nous...."
Les personnes présentant une émétophobie peuvent éprouver un besoin important de compréhension, de soutien et d’accompagnement face à l’intensité des manifestations anxieuses. Une prise en charge adaptée peut être proposée afin d’aider à mieux comprendre le fonctionnement de la peur et à en atténuer progressivement l’impact au quotidien.
Il peut arriver que l’entourage, par méconnaissance de ce trouble, tende à en minimiser la portée ou à ne pas en percevoir pleinement les répercussions. Cette incompréhension peut parfois renforcer le sentiment d’isolement ressenti par la personne concernée.
L’émétophobie s’accompagne fréquemment d’une anxiété anticipatoire, caractérisée par la crainte de survenue d’une nouvelle situation redoutée. Ce mécanisme peut entretenir un cercle de renforcement de la peur, dans lequel l’anticipation elle-même devient source d’angoisse.
Dans ce contexte, certaines personnes peuvent développer des comportements répétitifs ou des stratégies visant à se rassurer (par exemple : répétition de pensées, de mots, ou de gestes). Ces conduites, bien qu’elles puissent apporter un apaisement temporaire, participent parfois au maintien du trouble dans la durée.
L’accompagnement thérapeutique vise à offrir un cadre structuré et sécurisant, permettant d’aborder ces mécanismes de manière progressive, dans une perspective d’apaisement et d’amélioration de la qualité de vie.
A l'origine du trouble d'émétophobie :

Origines possibles de l'émétophobie
Dans une perspective clinique et phénoménologique, l’émétophobie peut être comprise comme le résultat d’une interaction complexe entre expériences vécues, processus cognitifs et mécanismes émotionnels.
Chez certaines personnes, cette peur peut s’inscrire à la suite d’un événement marquant, perçu comme désagréable ou perturbant, parfois associé à une expérience corporelle ou sensorielle liée au vomissement. Dans d’autres situations, elle peut être mise en lien avec des vécus émotionnels plus intenses ou des épisodes ayant généré une forte insécurité interne. Il convient toutefois de souligner que ces éléments ne sont ni systématiques ni exclusifs, et que chaque parcours reste singulier.
Sur le plan psychologique, l’attention et la charge émotionnelle associées à l’événement peuvent progressivement se focaliser sur certaines sensations ou représentations (par exemple : le vomissement ou les signes qui y sont associés). Ce processus peut contribuer à renforcer la vigilance et l’anticipation anxieuse autour de ces éléments.
La mise en place de la phobie peut également s’appuyer sur des mécanismes cognitifs, tels que l’interprétation des sensations corporelles, la mémorisation émotionnelle ou encore les associations construites à partir de l’expérience vécue. Ces processus participent à ce que l’on appelle la « fixation » de l’objet phobique, c’est-à-dire le fait que la peur se cristallise autour d’un élément spécifique.
L’émétophobie peut concerner aussi bien les femmes que les hommes. Elle peut s’accompagner d’une détresse psychologique réelle, parfois difficilement perceptible par l’entourage. En effet, bien que le fait de vomir soit généralement perçu comme désagréable par la plupart des individus, dans le cadre de l’émétophobie, cette appréhension dépasse le simple dégoût : elle peut s’inscrire dans une préoccupation persistante, susceptible d’influencer le quotidien.
Ces éléments de compréhension permettent d’envisager l’émétophobie non pas comme une réaction isolée, mais comme un trouble multifactoriel, nécessitant une approche clinique globale et adaptée. « Hypothèses étiologiques de la Phobie ».
L'évolution de l'émétophobie (texte sur un témoignage commenté ) :

Voici un être collé à l'arbre de "l'émétophobie", avec comme branches les inépuisables associations erronées, et comme feuilles, les "règles de vie" qui découlent des branches-... et qui semblent pouvoir se multiplier à l'infinie.
Etape 1
..." Je ne sais pas à quel moment l'emetophobie et tout ceci est arrivé, ni quel est le jour où je suis devenu émétophobe; je sais seulement qu'il y a eu une période de ma vie difficile et mouvementée, entre les disputes hurleuses de mes parents, les litiges pour la garde parentale, les entretiens avec les psychologues,..... - et moi tiraillé même parfois au corps entre mon père et ma mère ; dans tout ça je sentais que je n'avais pas ma place, en plus, je devais être très discret, jouer ou exister en silence, le moindre bruit réveillait des tensions, des cris, des menaces. J'avais 5 ans quand ma l'emétophobie est arrivée entre « crise et panique » mais dans le silence.. Aujourd'hui j'ai 23 ans.. "
=> Un événement particulier (différent pour chaque être) survient dans une période de la vie où la personne est à la fois fragile et réceptive... Cet événement engendre une angoisse. Cet événement qui peut ne pas être forcément traumatisant en lui-même, le devient par suite des circonstances, de la situation qui l'entourent, et des liens inconscients avec le symbolisme donné par la personne.
Etape 2
... « Ma première angoisse : comme un nœud dans la gorge, d'un coup, j'ai eu l'image du vomi quand j'ai essayé de mettre un pied par terre... et la terreur m'a envahi : nausées, transpiration, tremblements, difficultés à respirer. Je me dis aujourd'hui que cela a dû durer quelques secondes ou quelques minutes (moins de temps que la chanson que ma mère avait prise à la radio afin de mieux me réveiller), mais à ce moment-là, le temps me semblait une éternité..... J'ai pleuré, j'ai tremblé, j'avais peur ... et tout cela était tellement étrange que je ne pouvais même pas parler....Ainsi, je n'ai rien raconté à personne. Ma nounou est arrivée, maman est partie travailler... Je me suis caché sous ma couverture pour me protéger... Cela s'est répété encore peut être quelques jours ou une semaine plus tard presque dans les mêmes conditions ».
=> L'angoisse de l'évènement vécu se « focalise » sur le vomi et le fait de vomir.
La "fixation" de l'objet de l'emetophobie (le choix du vomi) est la résultante des opérations cognitives effectuées pendant ou après "l'évènement particulier".
Etape 3
«Mon appétit s'est vu perturbé (après ces faits) ; surtout la nuit, j'avais (emétophobie) peur de vomir »
« Un jour je suis allé au cinéma avec Papa voir un film de dessins animés, j'ai vu le loup vomir, je me suis senti littéralement plaqué sur mon siège, j'ai tremblé et transpiré jusqu'à mouiller mes vêtements.... Enfin, j'ai fini par parler à mon père, il m'a dit que ce n'était rien, que peut-être j'avais dû mal digérer mon déjeuner ; j'avais honte, je ne lui pas dit qu'il ne s'agissait pas de la première fois... »
« J'avais peur de vomir et j'avais honte (j'avais déjà l'emétophobie) ; ainsi, à la maison, le fait de jouer toujours seul m'exposait moins à la critique ou au regard de mes parents ou des autres, je restais silencieux, je pleurais de peur mais je ne parlais plus de vomi. L'angoisse ne vivait pas tout le temps avec moi, j'avais encore des moments libres sans phobie, sans angoisse ».
Etape 4
« Au fur et à mesure que le temps passait, d'autres types d'angoisses m'ont gagné : les week-ends avec mes parents, j'avais peur d'aller au restaurant et de manger quelque chose qui me fasse vomir ; après c'était la cantine ; après à l'école, j'avais peur d'être bousculé à la recréation et de vomir ; j'avais aussi peur d'autres enfants, il y avait toujours quelqu'un de malade. »
« Ma scolarité était devenue difficile et je cherchais toujours des prétextes pour ne pas aller à l'école, jusqu'à m'inventer une douleur. Au début, ça « a marché », par la suite, mes parents m'ont amené voir un médecin qui a conclu qu'il ne trouvait rien d'anormal ; néanmoins, il a fait faire quelques examens, lesquels ont confirmé son diagnostic. »
« Terrorisé par la situation, honteux et en pleurs, j'ai raconté alors à mes parents ma peur du vomi, ils ont essayé de me rassurer : « Mais personne n'aime vomir ni voir vomir, cela n'est rien, tu es plus courageux que ça ! ». Mais en fait, ils ne pouvaient pas me comprendre, personne ne pouvait me comprendre, je me sentais seul... » (J'avais déjà l'emétophobie)
=> ... Des nouveaux terrains d'angoisse se dessinent pour l'émétophobe, il refuse de s'exposer, "il se protège"; en réalité il se désocialise et la panique progresse.
Avec des sentiments contrastés entre honte et ridicule, et la peur paralysante du vomi, l'émétophobe parle timidement avec son père ou avec sa mère, ou avec sa famille ; mais celle-ci généralement banalise les faits, elle est loin du vécu de l'éméthophobe ; ... c'est toujours "cela n'est rien...".
Etape 5
« Je me suis forcé à aller à l'école. Cependant, avant de partir, je me munissais d'un lapin pour lutter contre la peur, je le collais très fort contre moi pour que la peur n'arrive pas. » (J'avais déjà l'emétophobie)
« D'autres angoisses ont encore gagné mon quotidien : ainsi, je questionnais mes parents sur la date de péremption de la nourriture préparée (j'allais même chercher les emballages à la poubelle pour vérifier) ; j'accompagnais tout le temps mon père ou ma mère quand ils préparaient les repas (pour vérifier les emballages, qu'ils se lavaient bien les mains en cours de préparation - etc.) mais bien entendu ils ne savaient pas pourquoi je les accompagnais à chaque préparation de repas. »
« Je n'allais pas au restaurant, ni au cinéma, ni aux anniversaires, j'étais devenu timide, presque introverti » (J'avais déjà l'emétophobie)
« Avec le temps l'émétophobie avait gagné du terrain, j'avais des angoisses, plus souvent, et toujours cette peur du vomi qui recommençait. »
=> Plus le temps passe, plus la problématique devient "envahissante", avec des schémas cognitifs contraignants. Se précisent alors :
a - des associations erronées qui se développent dans la confrontation avec les situations angoissantes au jour le jour, l'émétophobe crée ainsi :
- a.1 - les superstitions : un monde de "Fétiches" ou d'Objets Antiphobiques " lapin contre la peur" ;
- a.2 - des « compulsions de Vérification » ;
- a.3 - des « TOCS ».
b - la peur du vomi s'étend progressivement (j'avais déjà l'emétophobie) touche différentes situations de la vie quotidienne, l'émétophobe continue alors à s'éloigner de ces situations-.....
Etape 6
« - J'ai continué à grandir et ma phobie avec moi ...(j'avais déjà l'emetophobie) Au fur et à mesure, la peur avait envahi une grande partie de ma vie. Je me suis mis à m'observer, et j'ai pu me rendre compte que ma peur du vomi devenait encore plus forte quand je faisais certaines choses, par exemple quand je me réveillais et mettais le pied gauche par terre. Au début, c'était difficile, je ne savais quel pied j'avais mis en premier, alors je me recouchais et je mettais le bon pied par terre - alors tout allait mieux.... »
« Pendant le jour ma tête était obsédée par le vomi et mes crises. (J'avais déjà l'emétophobie) C'était dans le sommeil que je retrouvais des forces ».
« Je mangeais très peu (seulement ce que j'avais vérifié préalablement), j'étais mince, grand, timide. A ce moment-là, j'ai retrouvé un réconfort dans les bonbons à la menthe » .
« N'importe comment..., je ne pouvais pas être malade, il ne fallait pas voir le médecin pour ça : je venais d'une famille qui rayonnait la santé, je n'avais donc pas de raison de me plaindre. »
=> Les associations erronées se développent avec la confrontation aux situations angoissantes quotidiennes.
La personne se sent envahie par quelques pensées obsessionnelles, voire quelques TOCS.
La peur de vomir (emétophobie) engendre parfois aussi l'anorexie ; "on ne mange pas par peur d'être malade, par peur de vomir". Le sujet a si peur de vomir (emétophobie) qu'il choisit de ne plus rien avoir à vomir, avec toutes les complications que cet autre tableau peut encore amener.
Parfois aussi, "le déni" de cette phobie (emétophobie) peut être présent, "je ne peux pas être malade, je viens d'une famille qui rayonne la santé, il ne faut pas aller chez le médecin pour rien !"
Etape 7
« En fait, après, j'ai continué à m'observer et j'ai trouvé encore que je faisais des gestes qui augmentaient ma peur du vomi (emétophobie) et mes crises,... Je me suis décidé à les changer : en réalité, mes TOCS grandissaient : d'abord, il s'agissait du pied de mon premier saut du lit au réveil ; puis du pied avec lequel je devais traverser la porte ; ensuite des dalles de la rue ; enfin du lavage des mains... »
« A un moment, j'ai senti que c'était presque ma peur du vomi (emétophobie) qui devait commander mes gestes, à propos de tout ce que je pouvais faire ou toucher, sinon j'avais une crise. Pourquoi me faire du mal si je pouvais l'éviter ? »
« Je fuyais tout ce qui pouvait me mettre en contact avec le vomi : les lieux, les personnes malades (même ma famille).... Plutôt mourir que vomir!» (emétophobie)
« Pour mieux me préserver, j'ai commencé à prendre des boissons ‘anti-vomi' (eau gazeuse). Puis j'ai trouvé que me rafraîchir le visage me faisait autant de bien, et j'ai commencé à chercher l'air pur dans les jardins pour mieux m'oxygéner. »
=> Les associations erronées se multiplient de plus en plus et se développent en fonction du quotidien. "La personne se sent davantage handicapée et s'interdit plusieurs objets et / ou situations de peur, non seulement de vomir (emétophobie), mais aussi de subir une crise d'angoisse qu'elle juge inutile et superflue... Le temps passe et la phobie se renforce. La liste de tous les comportements prohibés s'allonge quasiment de façon quotidienne, selon les difficultés rencontrées qui relèvent de ses représentations cognitives."
Il suffit d'avoir vu, ou entendu, qu'une personne a été malade dans un lieu quelconque pour immédiatement bannir le lieu. La peur d'être contaminé (épidémie de gastro-entérites...) renforce l'isolement, aussi, certains comportements ou situations sont proscrits par l'émétophobe lui-même. A ce moment là, l'angoisse du vomi est telle que la panique sublime l'émotion « Plutôt mourir que vomir ! » (emétophobie)
... Dans ce sursaut réactif "De l'eau pour l'arbre" ? ... l'émétophobe ouvre alors une nouvelle ligne de "gestion", cette fois-ci dans la recherche du bien-être ; il multiplie les actions "pour se sentir bien", par exemple se rafraîchir le visage plusieurs fois par jour, aller dans des parcs bien fournis en oxygène ; mais en réalité, il s'enfonce dans la pathologie obsessionnelle.
Etape 8
« Plus que jamais, tout ce que je faisais était commandé par le vomi (emétophobie) et mes crises. J'avais en outre, de plus en plus de nouvelles règles de vie qui se rajoutaient à d'autres déjà en place ».
« Je me rafraîchissais systématiquement le visage à chaque fois que je faisais ci ou ça ; dehors, je ne cherchais que les jardins pour mieux m'oxygéner (cela me venait parfois comme une obsession) ; je me lavais aussi les mains pour éviter de me contaminer ».
« Avec mon argent de poche je m'organisais pour m'acheter des boissons, des bonbons à la menthe, des anti-vomitifs (Primperan, ...), des calmants contre l'angoisse ».
« A ce moment de ma vie, je mangeais encore moins (j'avais très peur de la nourriture) ; je mesurais 1m85 pour 60 kg ; Rationnellement, j'avais honte : un garçon aussi grand et malade -....mais en fait, je m'encourageais à dire qu'en effet j'arrivais à contrôler mes angoisses...- et donc que j'étais mieux qu'avant ».
« Poussé par mon objectif professionnel et par mes parents, je continuais à faire mes études (parfois je les faisais même par correspondance), à préparer mon avenir; aussi je ne sortais presque exclusivement que pour suivre mes études... ; en fait je me suis rendu compte que j'étais loin de la vie. Mais je n'y pouvais rien ; beaucoup de territoires étaient bannis pour moi ; et ma phobie (emétophobie) et mes angoisse recommencent toujours de manière incessante ».
=> Les associations erronées continuent... comme à l'infini. Même les actions dirigées vers le corps "pour se sentir bien" se glissent encore dans les des associations erronées, les transformant en "Obsessions" ou/et en "TOCS".
A cette étape de la problématique, le trouble prend énormément de place dans vie de l'émétophobe. Les associations erronées, les "règles de vie" et les TOCS empêchent une bonne qualité de vie ; son quotidien très étroit se réduit alors à la fuite à l'égard de la nourriture, parfois jusqu'à l'anorexie, jusqu'à une coupure avec le monde, dans le cercle vicieux de l'évitement.
Etape 9
« Le vomi était mon obsession et le centre de ma vie au quotidien (emétophobie) ; j'avais trop de règles de vie, et plus encore de panique du vomi. Je me lavais les mains plus souvent de peur de me contaminer et de vomir, je me sentais comme paralysé, je ne pouvais presque rien faire... je dormais ; en fait je baissais les bras, je n'en pouvais plus, je me suis enfermé dans moi-même, la panique m'empêchait de sortir, j'étais épuisé par tant de combats ».
=> Voici "l'arbre de l'émétophobe" avec comme branches les "règles de vie" (d'interdits) qui peuvent encore grandir semble-t-il... à l'infini. Les situations et les actions interdites sont tellement variées et expansives à tellement de domaines que la personne peut se sentir comme "paralysée", prête à "rester sur place par la peur de vomir".
L'émetophobe est désocialisé (il refuse de sortir) et même si une personne de son entourage lui propose de l'aider, il refuse systématiquement de peur d'affronter l'angoisse, en fait il "se protège" en se repliant sur lui-même, il tourne dans un cercle vicieux sans fin. Ici l'émétophobe est atteint, "handicapé", et encore plus vulnérable à d'autres problèmes psychiques.

...Nous sommes arrivé à cette étape non pas par hasard ...Il apparaît, à travers les observations cliniques et certaines données issues de la littérature, que de nombreuses personnes présentant une émétophobie décrivent des parcours comportant des étapes ou des mécanismes similaires, bien que leur évolution puisse varier d’un individu à l’autre.
Certaines estimations suggèrent qu’une proportion importante de personnes concernées peut traverser des phases comparables, sans que celles-ci ne se déroulent nécessairement de manière linéaire dans le temps.
En l’absence d’accompagnement adapté, ce trouble peut parfois s’inscrire dans la durée, en raison de mécanismes d’anticipation anxieuse et de renforcement de la peur. Ces processus peuvent entretenir une dynamique circulaire dans laquelle la crainte du vomissement alimente elle-même l’anxiété, pouvant s’accompagner d’autres manifestations associées.
Cette complexité s’explique en partie par la manière dont les informations sont perçues, interprétées et traitées sur le plan cognitif et émotionnel, en interaction avec les caractéristiques propres à chaque individu.
Il est toutefois important de souligner que ces trajectoires ne sont pas figées. Une meilleure compréhension de ces mécanismes permet d’envisager des modalités d’accompagnement visant à atténuer leur impact et à favoriser une évolution plus apaisée.
L'émétophobie : un constat clinique
Un élément fréquemment observé en pratique clinique est que de nombreuses personnes présentant une émétophobie ne s’engagent pas immédiatement dans une démarche de consultation.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à ce délai : la difficulté à identifier précisément le trouble, la tendance à en minimiser l’impact, ou encore la crainte d’aborder une peur souvent perçue comme difficile à exprimer. Dans certains cas, la personne met en place des stratégies d’adaptation qui lui permettent de maintenir un certain équilibre, tout en évitant de solliciter une aide extérieure.
Cependant, à un moment donné du parcours, lorsque les manifestations anxieuses deviennent plus envahissantes ou que leur retentissement sur le quotidien s’accentue, la décision de consulter peut émerger.
Dans le cas illustré par le témoignage présenté, cette étape marque un tournant important : celui où la personne choisit de s’engager dans une démarche de compréhension et d’accompagnement, dans un cadre professionnel structuré.
Etape 10
« Pendant ce temps d'enferment, j'ai réfléchi (me battant encore contre tout) je savais que toutes ses émotions vivaient seulement en moi ; et puis, j'ai voulu m'en sortir... J'avais un objectif d'avenir. Alors enfin je me suis décidé et j'ai cherché de l'aide ».
La décision !
«... J'ai travaillé sur moi... Aujourd'hui, j'ai 23 ans, j'ai appris à gérer mes angoisses, à estomper mes crises, à oublier mes peurs ; je prend plaisir à la vie, à rencontrer des gens... Maintenant, je suis guéri de l'émétophobie, et je l'ai transformée positivement en une expérience de vie. »
La classification de l'Emétophobie :
- « Emétophobie pure » ou peur de vomir en toutes circonstances. L'acte de vomir est terrifiant, à l'intérieur comme à l'extérieur, seul comme accompagné. Trouble qui peut parfois avoir "l'allure" d'un TOC.
- « Emétophobe (emétophobie) par confrontation » Les angoisses et / ou la fuite apparaissent uniquement lorsqu'il y a confrontation directe avec l'objet de la phobie (le vomi).
- « Pseudo-Emétophobie sociale », ou peur de vomir seulement en public. Ici c'est le regard des autres qui est angoissant ; l'acte de vomir n'est pas terrifiant en lui-même. C'est en réalité une phobie sociale.
Les différents types d'émétophobies ou de la "peur de vomir" :
| Comportement | Pseudo - Emétophobie (Phobie de vomir en public) |
Emétophobie |
| Enfermement / Repli sur soi-même | Oui | Oui |
| Peur du vomi | Non | Oui |
| Nausée | En situation sociale | Régulières |
| Vomissements | Fréquents | Très rarement |
| Peur de voir ou d'entendre quelqu'un vomir | Non | Oui |
| Peur de se nourrir | Non | Oui |
| Peur d'une intoxication alimentaire | Non | Oui |
| Peur de se nourrir dehors (chez des amis, anniversaire, restaurant...) | Oui | Oui |
| Peur de se nourrir avant une sortie | Oui | Oui |
| Peur du monde extérieur | Oui | Oui |
| Peur des virus | Non | Oui |
| Peur du jugement d'autrui | Oui | Parfois |
| Peur d'une crise d'angoisse "dehors" | Oui | Parfois |
| Peur du regard des autres | Oui | Parfois |
| Tendance agoraphobe | Oui | Oui |
| Développement de TOCS | Rarement | Oui |
| Peur de la grossesse | Non | Oui |
Il s'agit ici de deux « troubles » différents, même s'ils partagent le même terrain « l'angoisse » ; le même type de traitement (cognitif) de l'information, « la phobie» ; le même objet « le vomi », certaines peurs et certaines réactions. En effet la grand différence de ces deux problématiques c'est ce que nous allons appeler ici « la cible » : Vomir en Public pour la Phobie Sociale et le Vomi dans tous les états pour l'Emétophobie.
Les Crises et les Symptômes qui accompagnent l’Emétophobie :
Les manifestations d'angoisse qui accompagnent les "crises" d'emétophobie sont très variables et elles vont jusqu'à la panique. Elles peuvent être différentes d'un émétophobe à l'autre :
- bouche sèche
- palpitations cardiaques
- difficultés à respirer
- sensation de vertige (tête qui tourne)
- sensation de gorge et / ou d'estomac noués
- tremblements
- bouffée de chaleur / transpiration
- froid intense / chair de poule
- maux de ventre
- insomnies, cauchemars
- impossibilité de se concentrer sur quoi que ce soit (travail...)
- faiblesse générale, etc...
- souvent aussi, en période d'angoisse, des nausées de plus en plus fortes générées essentiellement par le stress, fait qui redouble l'intensité du malaise.
- Crise de larmes
- Hurlements
- Agressivité
- Impossibilité de parler, tant la nausée est forte
- Même "autopunition" : 'On se griffe, on se mord les lèvres, on se pince, on s'arrache les cheveux, on se giffle..."
- sentiment de "panique où la terreur rend la douleur infime"
Les angoisses de l'émétophobe :

Les angoisses associées à l’émétophobie peuvent générer une tension interne importante et durable. Cette pression psychique peut progressivement influencer la qualité de vie, notamment sur les plans personnel, social et professionnel.
Dans certains cas, ces appréhensions peuvent conduire à une réduction des interactions sociales ou à l’évitement de certaines situations perçues comme à risque. Cela peut concerner, par exemple, des environnements tels que le lieu de travail, les transports, les espaces publics (centres commerciaux, cinémas, lieux de loisirs) ou encore certains contextes relationnels. Cette évolution peut parfois entraîner un sentiment d’isolement ou de retrait.
Les manifestations anxieuses peuvent varier d’une personne à l’autre, tant dans leur intensité que dans leurs formes d’expression. Certaines situations ou contextes peuvent être vécus comme particulièrement sensibles, en fonction du vécu et des représentations propres à chacun.
Un élément fréquemment retrouvé est l’anticipation anxieuse liée à la possibilité de vomir ou d’être confronté à cette situation. Cette anticipation peut jouer un rôle central dans le déclenchement des réactions émotionnelles, en mobilisant des mécanismes de vigilance accrue et d’interprétation des sensations corporelles.
Il est important de souligner que ces réactions ne relèvent pas d’un choix conscient, mais de processus anxieux qui s’installent progressivement. Une meilleure compréhension de ces mécanismes constitue une étape essentielle pour envisager un accompagnement adapté et progressif.
Peuvent provoquer une crise d'emétophobie :
- La peur de vomir.
- La peur de voir / entendre quelqu'un vomir (même au cinéma ou à la télévision).
- La peur de manger " trop".
- La peur d'attraper un virus (gastro-entérite).
- La peur de manger des aliments périmés.
- La peur des restaurants / repas dehors.
- La peur de certains aliments.
- La peur des glaçons dans un verre (eau contaminée).
- La peur de certaines odeurs (surtout de cuisine).
- La peur de manger chez les autres.
- La peur de faire du sport.
- La peur des transports / des voyages.
- La peur des manèges en fête foraine.
- La peur d'approcher des personnes malades.
- La peur de la grossesse.
- La peur des enfants (véhiculeurs de microbes).
- La peur de certaines douleurs (notamment tout ce qui touche l'abdomen).
- La peur à donner la main (véhiculeur de microbes).
- La peur d'être mal au cinéma.
- La peur d'être avec quelqu'un qui lit en voiture (cela peut provoquer des nausées).
... La liste est loin d'être exhaustive, chaque émétophobe développe ses propres angoisses.
La Gestion des Crises :

● Les Rituels, les actions favorisées par l'emétophobie-
Les personnes présentant une émétophobie décrivent fréquemment un état de tension anxieuse, pouvant varier en intensité et en durée, allant de quelques minutes à plusieurs heures, voire davantage dans certaines situations. Cet état peut s’accompagner de manifestations physiques et psychiques perçues comme contraignantes au quotidien.
Le contexte dans lequel survient l’angoisse joue un rôle important. L’environnement familier est souvent perçu comme plus sécurisant, car il offre des repères stables et prévisibles. À l’inverse, les situations extérieures — notamment les lieux publics ou les interactions sociales — peuvent être vécues comme plus incertaines, ce qui peut majorer le sentiment de vulnérabilité et la crainte du regard d’autrui.
Afin de faire face à ces ressentis, certaines personnes mettent en place des stratégies dites de réassurance. Celles-ci peuvent inclure l’utilisation d’objets personnels perçus comme apaisants (par exemple : mouchoirs, objets familiers), le recours à certains produits ou substances, ou encore la présence d’éléments considérés comme aidants dans la gestion des sensations corporelles.
Dans certains cas, une attention particulière peut être portée à l’alimentation et à l’environnement alimentaire : vérification des produits, choix sélectifs des repas, préférence pour des contextes jugés sécurisants. Ces comportements peuvent s’inscrire dans une volonté de prévention et de contrôle des situations perçues comme à risque.
Il est également observé que ces stratégies peuvent s’étendre à l’organisation du quotidien ou à l’environnement proche, dans une tentative de limiter l’exposition à des situations générant de l’incertitude.
Si ces conduites peuvent apporter un soulagement à court terme, elles peuvent également participer au maintien des mécanismes anxieux sur le long terme. Leur compréhension constitue donc un élément important dans l’analyse clinique de l’émétophobie.
Certaines personnes ont recours à des traitements médicamenteux prescrits dans le cadre de leur suivi médical, notamment pour gérer les sensations de nausée ou les manifestations anxieuses.
Ces éléments font partie du contexte clinique global et sont pris en compte dans l’accompagnement.
● D'autres réactions qui se veulent contre-phobiques
- Se rafraîchir avec de l'eau, aller dehors aux parcs.
- Se relaxer.
- Faire des exercices de respiration ou s'auto-masser.
L'Emétophobie et ses possibles complications :

L'emétophobie, en raison de l’intensité de la peur et des mécanismes d’anticipation qu’elle mobilise, peut avoir des répercussions sur certains comportements du quotidien, notamment en lien avec l’alimentation.
Chez certaines personnes, la crainte de vomir peut conduire à une restriction alimentaire progressive, dans une tentative de prévenir toute situation perçue comme à risque. Cette dynamique peut, dans certains cas, s’apparenter à des conduites d’évitement marquées et nécessiter une attention clinique particulière.
Par ailleurs, comme cela est observé dans de nombreux troubles anxieux, l’émétophobie peut être associée à d’autres manifestations psychologiques. Il peut s’agir, par exemple, d’anxiété généralisée, d’attaques de panique, de préoccupations liées à la santé, ou encore de comportements répétitifs visant à se rassurer.
Dans certains cas, des difficultés telles que l’agoraphobie, certaines formes de phobie sociale, ou des conduites obsessionnelles peuvent également être présentes. Ces associations ne sont ni systématiques ni identiques d’une personne à l’autre, mais elles illustrent la complexité des interactions entre les différents mécanismes anxieux.
Ces éléments soulignent l’importance d’une évaluation globale, permettant de prendre en compte l’ensemble des dimensions du vécu de la personne, dans une approche clinique adaptée et individualisée.
Troisième partie : Intervention psychothérapeutique spécialisée dans les phobies et l'émétophobie
L'approche psychoThérapeutique des Phobies :

L’accompagnement des phobies, et en particulier de l’émétophobie, s’inscrit dans une démarche clinique spécialisée, fondée sur une compréhension approfondie des mécanismes anxieux et de leurs manifestations.
Les phobies étant des troubles complexes, impliquant des dimensions émotionnelles, cognitives et neurobiologiques, leur prise en charge nécessite une approche structurée, rigoureuse et adaptée à chaque situation.
Dans ce cadre, l’intervention thérapeutique repose sur un protocole défini en amont, élaboré à partir de données issues de la psychologie clinique, de mon experience du terrain dans le suivi de la problematique et des neurosciences. Cette structuration permet d’offrir au patient un cadre clair, progressif et sécurisant, favorisant une meilleure compréhension de son fonctionnement.
La première étape consiste en une consultation d’exploration approfondie, visant à évaluer les caractéristiques du trouble et à présenter les modalités de l’accompagnement. Ce temps permet d’instaurer une relation de confiance et de donner une visibilité précise sur le déroulement du suivi.
L’intervention s’inscrit ensuite dans un parcours encadré, organisé en différentes phases, permettant d’aborder les mécanismes de la peur de manière progressive et adaptée. Cette approche peut intégrer, selon les indications, différentes dimensions issues des thérapies psychologiques, ainsi que des techniques complémentaires relevant des neurosciences appliquées.
L’objectif de cet accompagnement est d’aider à une meilleure compréhension des réactions anxieuses, à en atténuer l’intensité et à favoriser un apaisement progressif, dans le respect du rythme et des ressources de chaque personne.
Fondements de l’intervention thérapeutique spécialisée
Dans le cadre d’une pratique clinique spécialisée dans les phobies, et notamment l’émétophobie, l’accompagnement s’inscrit au-delà des étapes classiques d’évaluation, de compréhension clinique et d’orientation du suivi.
L’expérience clinique met en évidence l’importance de deux axes fondamentaux dans la structuration de l’accompagnement :
a) L’alliance thérapeutique
Elle correspond à la qualité de la relation établie entre le patient et le thérapeute. Cette alliance, fondée sur la confiance, la compréhension mutuelle et la clarté des objectifs, constitue un élément central du processus thérapeutique. Elle favorise l’engagement du patient et permet d’inscrire le travail dans une dynamique collaborative et sécurisante.
b) L’ajustement entre la personne et la méthodologie proposée
Chaque individu présente des caractéristiques propres — sur les plans émotionnel, cognitif et expérientiel — qui nécessitent une adaptation fine de l’approche thérapeutique. Cet ajustement vise à proposer un cadre de travail cohérent avec le fonctionnement de la personne, afin de faciliter l’adhésion et la progression dans le suivi.
Dans cette perspective, l’accompagnement repose sur un protocole structuré, élaboré en amont, pouvant intégrer différentes dimensions issues de la psychologie clinique et des neurosciences appliquées. Ce cadre permet une organisation rigoureuse du parcours thérapeutique, tout en laissant la place à une adaptation en fonction du profil, des antécédents et des objectifs définis au cours de la prise en charge.
Il convient également de souligner que la prise en charge des phobies relève d’un champ clinique spécifique. La complexité de ces troubles, notamment en raison de leurs mécanismes d’anticipation et de maintien, nécessite une formation approfondie et une expérience clinique dédiée. La connaissance des outils thérapeutiques constitue un élément important, mais elle s’inscrit dans un ensemble plus large incluant l’expertise, l’analyse clinique et la capacité d’adaptation.
Par ailleurs, les approches médicamenteuses peuvent, dans certains cas, être envisagées dans un cadre médical. Leur place dépend des situations individuelles et s’inscrit généralement dans une prise en charge globale et pluridisciplinaire.
Outils thérapeutiques couramment utilisés dans l’accompagnement de l’émétophobie
L’accompagnement de l’émétophobie peut s’appuyer sur différentes approches issues de la psychologie clinique. Le choix des modalités dépend du cadre thérapeutique proposé, des indications cliniques et des caractéristiques propres à chaque personne.
Les thérapies cognitives et comportementales (TCC)
Les approches cognitivo-comportementales font partie des modèles fréquemment utilisés dans le champ des phobies. Elles s’appuient sur l’idée que certaines réponses anxieuses peuvent être liées à des apprentissages et à des associations entre des situations et des réactions de peur.
Dans ce cadre, le travail thérapeutique vise à mieux comprendre ces mécanismes, à modifier progressivement certaines associations anxieuses et à faire évoluer les schémas de pensée qui participent au maintien du trouble. Des techniques de régulation et d’accompagnement peuvent être proposées dans un cadre structuré et progressif.
Les approches de soutien et de régulation
Certaines méthodes complémentaires, telles que des techniques de relaxation ou des approches corporelles (par exemple l’amma assis), peuvent être utilisées afin de favoriser une meilleure perception corporelle et contribuer à l’apaisement des tensions. Ces approches s’inscrivent généralement en complément d’un suivi principal.
L’hypnose
L’hypnose peut être proposée dans certains cadres thérapeutiques comme un outil d’accompagnement visant à mobiliser les ressources internes de la personne et à travailler sur les représentations associées à la peur. Son utilisation dépend des indications et de la sensibilité de chacun à cette approche.
Les approches d’inspiration analytique et psychodynamique
Ces approches s’intéressent au vécu subjectif de la personne et à la signification des symptômes dans son histoire. Elles visent à explorer les processus inconscients, les conflits internes et les représentations qui peuvent être associés à l’émergence ou au maintien de la phobie.
Ce travail s’inscrit généralement dans une temporalité plus longue et repose sur la relation thérapeutique comme support d’élaboration et de compréhension.
Historiquement, des auteurs comme Sigmund Freud ont proposé une lecture des phobies comme des manifestations anxieuses ayant une fonction psychique, notamment en tant que signaux d’alerte face à des tensions internes. Ces modèles, bien que théoriques, ont contribué à enrichir la compréhension des troubles anxieux dans une perspective clinique.
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Mon approche spécialisée de l’émétophobie, à l’interface des neurosciences et de la psychothérapie clinique
L’émétophobie se distingue, dans le champ des troubles anxieux, par la spécificité de son ancrage dans la perception corporelle interne et dans les mécanismes d’anticipation émotionnelle. Elle ne se réduit pas à une simple peur du vomissement, mais s’inscrit dans une organisation neurofonctionnelle impliquant les systèmes de détection du danger, de mémoire émotionnelle et de régulation des états internes.
Les travaux contemporains en neurosciences suggèrent que certaines structures cérébrales, telles que l’amygdale, l’insula antérieure et les réseaux fronto-limbiques, participent de manière coordonnée à l’émergence et au maintien de ce type de trouble. Ces systèmes interviennent dans la lecture des signaux corporels, leur interprétation et leur mise en sens émotionnelle.
Dans cette perspective, l’émétophobie peut être associée à une sensibilité accrue aux signaux interoceptifs, en particulier digestifs. Des sensations physiologiques habituellement neutres peuvent être perçues avec une intensité majorée et interprétées comme des indicateurs de danger. Cette dynamique contribue à entretenir un état de vigilance interne et d’anticipation, caractéristique du fonctionnement phobique.
L’axe cerveau–intestin, via le système nerveux entérique et les voies de communication vagales, constitue un élément clé de cette interaction. Il participe à une boucle de rétroaction dans laquelle les sensations corporelles et les réponses émotionnelles s’influencent mutuellement. Dans certains cas, cette boucle peut favoriser une amplification des perceptions internes et des réactions anxieuses associées.
Par ailleurs, les processus de mémoire émotionnelle, impliquant notamment l’hippocampe, peuvent contribuer à la consolidation de certaines expériences vécues comme marquantes. Ces traces mnésiques participent à la réactivation de la peur dans des contextes parfois éloignés de la situation initiale.
Enfin, les fonctions de régulation cognitive, associées au cortex préfrontal, jouent un rôle dans la capacité à moduler ces réponses. Lorsque cette régulation est mise en difficulté, la personne peut éprouver un décalage entre sa compréhension rationnelle et l’intensité de son ressenti émotionnel.
Une approche structurée pour comprendre et accompagner l’émétophobie
Dans ce contexte, la prise en charge de l’émétophobie nécessite une approche intégrative, reposant sur une compréhension fine des mécanismes en jeu.
Notre pratique s’inscrit dans cette orientation spécialisée, en intégrant les apports de la psychologie clinique, des neurosciences appliquées et de protocoles thérapeutiques structurés. Cette démarche vise à proposer un cadre d’accompagnement rigoureux, lisible et sécurisant, permettant d’aborder les différentes dimensions du trouble.
L’intervention repose sur une méthodologie définie, construite à partir de l’expérience clinique et des connaissances actuelles, et adaptée aux caractéristiques spécifiques de chaque situation. Elle s’inscrit dans une progression encadrée, favorisant une évolution graduelle des réponses émotionnelles et des mécanismes d’interprétation.
Signature clinique
L’accompagnement proposé repose sur une expertise dédiée aux troubles phobiques, avec une attention particulière portée à l’émétophobie, en raison de sa complexité et de sa spécificité neuroémotionnelle.
Cette approche vise à offrir un cadre thérapeutique structuré, fondé sur une lecture intégrative du fonctionnement humain, afin d’accompagner chaque personne dans une démarche progressive d’apaisement et de rééquilibration.



