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TDA – TDAH : comprendre les symptômes des troubles de l’attention chez l’enfant et l’adulte

Enfant 1
 

TDA – TDAH : comprendre les symptômes des troubles de l’attention chez l’enfant et l’adulte


Vous ou votre enfant rencontrez des difficultés de concentration, d’organisation ou d’attention au quotidien ? Ces manifestations peuvent parfois être liées à un trouble de l’attention. Une meilleure compréhension de ces signes peut constituer une première étape vers un accompagnement adapté.

 Les symptômes du TDAH et leurs manifestations dans le fonctionnement cognitif, émotionnel et comportemental…

  • Comment reconnaître un trouble de l’attention
  • Les symptômes du TDAH chez l’enfant : Quand le cerveau se développe autrement
  • Le TDAH à la lumière des fonctions exécutives, des émotions, du langage et du sommeil
  • Les symptômes du Trouble de l’Attention TDHA chez l’adulte




    1- Comment reconnaître un trouble de l’attention ?

La difficulté à se concentrer est souvent banalisée : fatigue, stress, agitation, surcharge mentale… Pourtant, lorsqu’elle devient persistante, envahissante et impacte durablement le fonctionnement quotidien, elle peut révéler un trouble de l’attention. Le reconnaître précocement est essentiel, car il ne s’agit pas d’un manque de volonté mais peut correspondre à un fonctionnement attentionnel particulier qui mérite d’être évalué par un professionnel qualifié.

A. Un trouble invisible mais profondément impactant

Un trouble de l’attention ne se résume pas à une simple distraction. Il se manifeste par une incapacité du cerveau à réguler efficacement ses réseaux attentionnels, notamment ceux impliqués dans :

  • Le maintien de l’attention.
  • La sélection des informations pertinentes.
  • L’inhibition des stimuli parasites.
  • La gestion de l’effort cognitif dans le temps.

Ces dysfonctionnements peuvent entraîner une fatigabilité cognitive précoce, une sensation de

« cerveau saturé », voire un épuisement mental disproportionné par rapport aux tâches effectuées.

B. Des signes cliniques caractéristiques

Plusieurs indicateurs doivent alerter lorsqu’ils sont fréquents, durables et présents dans différents contextes (travail, études, vie quotidienne) :

  • Difficulté à rester concentré sur une tâche pourtant comprise.
  • Tendance à « décrocher » mentalement, même sans distraction externe.
  • Lenteur ou, au contraire, agitation cognitive.
  • Oublis fréquents, erreurs d’inattention.
  • Difficulté à organiser, planifier ou finaliser une tâche.
  • Sentiment d’effort constant pour des actions simples.
  • Hypersensibilité au bruit, à la lumière ou aux sollicitations multiples.

    Chez certains patients, ces signes s’accompagnent d’une irritabilité, d’une anxiété secondaire, voire d’une baisse de l’estime de soi, liée à des années de lutte invisible.

C. Une base neurobiologique aujourd’hui bien documentée

Les recherches en neurosciences montrent que les troubles de l’attention sont associés à des dysrégulations des réseaux fronto-pariétaux, impliqués dans le contrôle exécutif, ainsi qu’à des anomalies de la synchronisation neuronale.

  • Certains outils d’exploration utilisés dans la recherche ou dans des contextes cliniques spécialisés, comme l’électroencéphalographie (EEG), permettent d’étudier l’activité cérébrale et d’apporter des informations complémentaires sur le fonctionnement attentionnel.

  • Ces méthodes peuvent contribuer à mieux comprendre certains profils cognitifs, mais elles ne remplacent pas une évaluation clinique réalisée par un professionnel qualifié.

Cela peut contribuer à mieux comprendre certains profils attentionnels et à orienter l’accompagnement proposé.

D. Attention, trouble attentionnel et souffrance psychique

Un point fondamental : le trouble de l’attention est rarement isolé. Il peut être associé ou aggravé par :

  • Des états anxieux chroniques.
  • Des traumatismes psychiques.
  • Un stress prolongé.
  • Des troubles du sommeil.

Dans ces cas, le cerveau reste en mode de survie, mobilisant ses ressources pour la vigilance au détriment de l’attention soutenue. Reconnaître cette interaction est indispensable pour éviter les erreurs de diagnostic et proposer un accompagnement global.

E. Pourquoi un diagnostic précis change tout

Identifier un trouble de l’attention, c’est :

  • Mettre des mots sur une difficulté longtemps incomprise.
  • Déculpabiliser le patient.
  • Transformer une souffrance diffuse en un fonctionnement cérébral explicable.
  • Ouvrir la voie à différentes stratégies d’accompagnement adaptées aux besoins de la personne.

    Une évaluation rigoureuse permet de passer d’un « je n’y arrive pas » à un « mon cerveau fonctionne différemment, et cela peut se réguler ».




    2 - Les symptômes du TDAH chez l’enfant : Quand le cerveau se développe autrement 

    De nombreux enfants présentant un trouble de l’attention disposent également de ressources importantes : curiosité, créativité, intuition ou capacité d’hyper-concentration dans certains domaines. Un accompagnement adapté peut aider à valoriser ces forces tout en soutenant les difficultés rencontrées.

    Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement qui apparaît dès l’enfance et influence durablement le fonctionnement cognitif, émotionnel et comportemental. Il ne s’agit ni d’un défaut d’éducation, ni d’un manque de volonté, mais d’une dysrégulation neurobiologique touchant principalement les réseaux cérébraux de l’attention, de l’inhibition et de la régulation émotionnelle.

    Reconnaître les symptômes du TDAH, c’est comprendre que l’enfant ne fonctionne pas moins bien, mais différemment.

    A. Une attention instable et difficile à maintenir

    Chez l’enfant TDAH, l’attention est mal régulée, non absente. L’enfant peut se montrer capable d’une concentration intense sur une activité très stimulante, puis incapable de maintenir son attention sur une tâche scolaire pourtant simple ou familière.

    Les signes les plus fréquents sont :

    • Difficulté à rester attentif dans la durée.
    • Distractibilité excessive face à des stimuli mineurs.
    • Oublis répétés (consignes, devoirs, matériel).
    • Erreurs d’inattention.
    • Fatigue cognitive rapide.

    Cette variabilité attentionnelle est souvent source d’incompréhension : l’enfant semble « capable par moments », ce qui renforce les attentes… et les échecs.

    B. Une impulsivité qui précède la pensée

    L’impulsivité est un symptôme central du TDAH. Elle traduit une difficulté du cerveau à freiner une réponse immédiate.

    Elle se manifeste par :

    • Des réponses données sans attendre.
    • Une difficulté à respecter les règles ou les tours de parole.
    • Des comportements brusques ou inadaptés.
    • Une faible tolérance à la frustration.

    L’enfant n’agit pas par provocation : le cerveau agit avant d’avoir pu réfléchir, ce qui expose l’enfant à des sanctions répétées et à une image négative de lui-même.

    C. Une hyperactivité visible… ou interne

    L’hyperactivité n’est pas toujours motrice. Chez certains enfants, elle est interne et cognitive.

    Elle peut prendre la forme de :

    • Agitation motrice constante.
    • Incapacité à rester assis.
    • Besoin permanent de stimulation.
    • Agitation mentale, pensées envahissantes, difficulté à « s’arrêter ».

    Avec l’âge, l’hyperactivité devient parfois moins visible extérieurement mais se transforme en tension interne, nervosité ou épuisement.

    D. Des fonctions exécutives fragilisées

    Le TDAH affecte fortement les fonctions exécutives, indispensables à l’autonomie :

    • Organisation.
    • Planification.
    • Gestion du temps.
    • Initiation et finalisation des tâches.

    L’enfant peut comprendre ce qu’il doit faire, sans parvenir à le mettre en action. Ce décalage est souvent interprété à tort comme de la paresse ou de l’opposition.

    E. Une régulation émotionnelle altérée

    De nombreux enfants TDAH présentent une hypersensibilité émotionnelle :

    • Emotions très intenses.
    • Passages rapides d’un état émotionnel à un autre.
    • Difficulté à apaiser une émotion une fois déclenchée.
    • Réactions disproportionnées face à la frustration.

    Cette fragilité émotionnelle est liée à une immaturité des circuits cérébraux de régulation, et non à un manque de maturité affective.

    F. Crises de colère et comportements violents : comprendre plutôt que juger

    Chez certains enfants TDAH, les difficultés attentionnelles et émotionnelles s’expriment par des crises de colère intenses, parfois accompagnées de comportements agressifs ou violents (verbaux ou physiques). Ces manifestations sont souvent mal comprises et vécues comme choquantes par l’entourage.

    Sur le plan neurobiologique, ces crises s’expliquent par :

    • Une faible capacitée d’inhibition émotionnelle.
    • Une hyperactivation des circuits du stress.
    • Une saturation rapide du système nerveux.

      Face à une frustration, une surcharge sensorielle ou une exigence cognitive excessive, le cerveau de l’enfant bascule en mode réactif. L’émotion déborde avant que les mécanismes de contrôle puissent intervenir.

     Ces crises peuvent inclure :

    • Explosions de colère soudaines.
    • Cris, pleurs incontrôlables.
    • Gestes brusques, jets d’objets.
    • Opposition violente ou agitation extrême.

    Elles sont généralement brèves mais très intenses, et laissent souvent l’enfant épuisé, honteux ou désorienté après coup. Il est essentiel de rappeler que l’enfant ne choisit pas de perdre le contrôle.

    Ces réactions peuvent parfois être liées à des difficultés de régulation émotionnelle : elle est le signe d’un cerveau débordé, incapable, à cet instant, de réguler ses réponses émotionnelles.

    G. Des répercussions globales sur le développement

    Lorsqu’il n’est pas reconnu ou compris, le TDAH peut entraîner :

    • Une baisse de l’estime de soi.
    • Des difficultés scolaires persistantes.
    • Des conflits familiaux et sociaux.
    • Des troubles anxieux ou oppositionnels secondaires.

    À l’inverse, un diagnostic précoce et un accompagnement adapté peuvent contribuer à améliorer le parcours de l’enfant et soutenir son développement.

    Message clé - Un enfant TDAH n’est ni paresseux, ni mal élevé, ni violent par nature. Il est souvent débordé par un cerveau qui traite trop, trop vite et sans filtre suffisant. Comprendre ses symptômes, c’est déjà lui offrir un cadre plus juste, plus sécurisant et plus humain


    2 Ruby Villar Documet


    3- Le TDAH à la lumière des fonctions exécutives, des émotions, du langage et du sommeil

Actuellement, la France connaît une manifestation croissante d’acceptation du TDAH (reconnu comme un trouble), influencée par les États-Unis qui font ce constat depuis une quinzaine d'années, ce qui nous amène à nous demander si ce diagnostic est devenu un effet de mode sociétale1 ou une réelle augmentation de ce trouble.

Russel Barkley souligne que c'est un phénomène commun d'appropriation par la société quand la connaissance d'un trouble psychiatrique, par le biais des médias ou d'histoires vécues et relatées, se généralise. Ce fut notamment le cas pour la dyslexie et l'autisme. Nous entendons alors de manière constante parler d'enfants ou proches atteints de TDAH, ce qui ferait ressentir une augmentation de ce trouble au sein de la population.

En effet, ce n'est pas la proportion d'individus TDAH qui augmente significativement mais bien sa reconnaissance publique. Certains lobbyistes et politiques se sont ainsi approprié la mise en lumière de ce trouble et l'ont médiatisé dans leur intérêt – promulgation ou vague antipsychiatrique. Comme par exemple, la scientologie américaine qui a réduit la nature de ce trouble à un défaut de parentalité. Les idéologies ont pu, par leur vocabulaire, faire apparaître comment chacun appréhende le TDAH : « en France, le TDAH est fréquemment considéré comme un -problème- plutôt que comme un -désordre-, le premier terme appelant à une appréhension liée directement à l’environnement (aux problèmes que cela lui pose ou au fait que cela en découle), tandis que le second est davantage fixé sur la personne et son trouble ».


La découverte du TDAH par les psychologues


Diagnostic du TDAH et ses effets sur la vie sociale et scolaire de l'enfant

Russel Barkley, chercheur en biologie et psychologie, s'est intéressé dès 1972 sur ce trouble qui touche enfants, adultes, et leurs proches. En remarquant que ce trouble affectait son frère jumeau, il a approfondi ses recherches qui l'ont amené à une meilleure compréhension du développement humain, en ce qui concerne notamment le contrôle de soi et de régulation. Aujourd'hui plus de 20 000 recherches existent sur ce désordre et de nombreuses publications apparaissent constamment. Chaque semaine, entre 38 et 40 publications paraissent sur la question.

Connu depuis deux siècles, le TDAH était appréhendé sous l'unique point de vue des plaintes subjectives de l'environnement2, c'est pourquoi en 1973 Russel Barkley décide dans une publication d'analyser objectivement les problèmes de concentrations et d'agitations des enfants atteints de TDAH.

Les trois symptômes les plus exposés du TDAH, l'agitation, l'impulsivité et l'inattention, sont la face amplifiée de comportements normaux pour un enfant. L'étape d'objectivation de cette publication était donc d'une importance cruciale, car c'est l'intensité de ces symptômes qui en fait un désordre. Il faut donc examiner le TDAH comme un trouble dimensionnel3, sans le penser de manière binaire et réductrice, dans lequel certaines caractéristiques seraient plus marquées.

« C’est l’excès, la sévérité, la récurrence ainsi que les conséquences négatives pour l’enfant, l’adolescent ou l’adulte qui en font un désordre en tant que tel ».

Les potentielles conséquences de ce trouble pour le jeune enfant seront des relations difficiles et stressantes avec sa famille et à l'école (perte d’amitiés)4 impliquant un rejet social (n’étant plus accepté aux anniversaires de par son comportement).

De manière plus générale, l'échec scolaire dû à de mauvais résultats et à un décrochage amènera l'adolescent à ne pas continuer vers de longues études et à développer une sexualité précoce et à risque : « 40% de probabilité de grossesses d’adolescentes, un taux quatre fois plus important de transmission de maladie sexuelle ; dès qu’ils peuvent conduire, ils font de dangereux excès de vitesse, connaissent trois fois plus d’accidents et souffrent deux fois plus de dommages conséquents que les autres ».

Adulte, les difficultés d'ajustement s'accroissent, au même rythme que les troubles, par les contraintes et exigences de l'environnement.

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Les fonctions exécutives et les comportements dans le TDAH, dès la prime enfance

L’impulsivité, l’agitation et l’inattention, les fonctions exécutives, ou l'ensemble de processus cognitifs, sont la majeure partie du TDAH. Dès l'école élémentaire, nous pouvons observer ce déficit, les fonctions exécutives se trouvant dans le lobe préfrontal et possèdent des circuits dans l'ensemble du cerveau, elles jouent notamment sur le contrôle de soi.

Le rôle de l'environnement, comme les parents ou les enseignants, est alors primordial. Il permet de fixer un cadre et ainsi aider les personnes atteintes de TDAH de garder le contrôle. N'ayant pas toujours cette capacité de régulation, c'est à l'extérieur de prendre le relais, en mettant en place des outils subvenant aux missions que les fonctions exécutives devraient tenir.

Ces dernières sont impliquées dans toutes les activités et peuvent affecter les différents terrains de la vie : école, travail, relations sociales, argent, famille.

Les premiers signes sont visibles entre 2 et 6 ans par l'observation de problèmes d'impulsivité et d'inhibition. Cependant dès la naissance, ce trouble est présent dans les gènes et dans le cerveau, mais difficilement détectable ; au cours du temps, lorsque le reste des individus ont atteint un certain nombre d’étapes dans leur développement, alors le trouble apparaît et devient visible.

Entre ses deux et quatre ans, la difficulté de concentration de l'enfant, la distraction, l'inattention sont des signes perceptibles du trouble, il n’arrive pas bien à suivre, etc. À l'école élémentaire on peut par ailleurs remarquer une déficience dans la mémoire de travail, la notion du temps, le contrôle émotionnel, et l'organisation. Toutes ces fonctions exécutives se révèlent alors dans les quinze années qui suivent.

Les troubles d'inhibitions initiaux se développent et augmentent ainsi que l'expression des fonctions exécutives, l'adolescent et le jeune adulte en présenteront les manifestations, malheureusement dans leur totalité. « Qui plus est, nous savons que ce trouble est en partie génétique5, d’où la possibilité importante de voir la pathologie -courir- dans la famille »

Les recherches suggèrent que des facteurs génétiques peuvent contribuer au développement du TDAH, parmi d’autres facteurs biologiques et environnementaux. 20 à 25 % sont liés à des lésions prénatales lorsque le cerveau se développe, à des grossesses ou naissances compliquées ; les 10% restant résultent de blessures suivant la naissance : traumatisme crânien, exposition aux Led (diodes lumineuses), maladies, tumeurs, infections. Tout ce qui peut interférer avec le développement du lobe frontal peut générer un TDAH. « Nous savons qu’une personne porteuse de gènes TDAH a huit fois plus de chances de développer ce trouble qu’une personne non porteuse : le fait que la mère fume multiplie par trois cette probabilité »

« Russel Barkley est l’auteur de l’une des rares études longitudinales suivant des enfants jusqu’à l’âge de 20 à 25 ans dans le Wisconsin, ce qui lui a permis avec ses collègues de récolter des données investiguant plusieurs dimensions de ce trouble : mesure des désordres psychiatriques, fonctionnement et réussite à l’école, relations amicales et familiales, criminalité, addiction aux drogues, conduite, vie professionnelle, examens physiques, risques développementaux, etc. Les personnes étaient vues tous les cinq ans, les axes de recherche étant appropriés aux classes d’âge et cela a permis d’avoir une vision transversale de leur vie. Un certain nombre d’entre elles avaient des problèmes : pas toutes car certaines connaissaient un apaisement, voire un rétablissement – 15 à 35% d’entre elles. Soulignons néanmoins que ce chiffre demeure subjectif, car dépendant de ce que l’environnement, la culture ou la société pose comme comportement - normal -6 ...

Pour expliquer ces problèmes, plusieurs modèles cohabitent même si, de par l’internationalisation de l’intérêt pour ce trouble et l’accessibilité des recherches, les points de vue tendent à se confronter plus facilement. Pour Russel Barkley, comprendre le TDAH en tant que désordre des fonctions exécutives (modèle dont il a participé avec d’autres au développement) a ceci de particulier qu’il permet de saisir le spectre du trouble dans ses multiples dimensions. D’autres modèles, par exemple celui développé par le psychologue Edmund Sonuga-Barke, basé sur le concept d’aversion du délai7 (les personnes TDAH ne supportent pas l’attente et donc éprouvent de la difficulté à soutenir leur attention ou à inhiber leur comportement), ne permettent pas d’expliquer la source même des déficiences en termes, par exemple, de notion du temps ou de régulation émotionnelle ; ils n’en déterminent pas l’origine au niveau du développement interne de l’individu ».

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La régulation émotionnelle dans le TDAH et son problème chez les adultes

C'est en tant que difficulté de réponse émotionnelle d'un individu qu'il faut comprendre ce trouble. Le DSM-58 élude cet aspect ainsi que la question de l'inhibition, qui souligne l'inattention avec ou sans hyperactivité et l'impulsivité. Cependant, notons que la régulation émotionnelle est centrale bien que difficilement mesurable objectivement9. Sur cette question, les fonctions exécutives sont également impliquées. Tout d'abord, il est important de mettre en avant que face à un événement chacun possède une réaction primaire suivie d'une réaction secondaire impliquant réflexion et conscience. Le TDAH pose le problème émotionnel sur deux niveaux. Le premier niveau se révèle par l'inhibition émotionnelle, traduisant la rapidité avec laquelle un individu répond à des événements en utilisant ses émotions primaires et souvent négatives. Les réponses émotionnelles primaires sont associées, chez les individus porteurs de TDAH, à des réactions comportementales.

La difficulté à gérer secondairement les émotions figure au deuxième niveau. Les fonctions exécutives nous permettent de modérer et d'atténuer nos réactions primaires, en inhibant nos comportements initiaux inappropriés. Le TDAH affectant le premier niveau de réaction émotionnelle affecte logiquement le second niveau. Les personnes atteintes de TDAH ne peuvent se rassurer, ou penser à quelque chose de positif, car leurs émotions sont plus complexes, durent plus longtemps et il leur est difficile de s’en dégager.

Si cela ne pose guère de problème à l’âge de 3 ans – l’entourage pardonnant rapidement – Cela pose problème surtout à l'âge adulte, car la régulation émotionnelle est primordiale, en étant déficiente elle semble destructrice et complique fortement les relations sociales (perte de travail, des amis, du conjoint, etc)

Depuis une quinzaine d'années, cet aspect émotionnel dans les composants du TDAH est de plus en plus reconnu par les psychologues. Notons d'ailleurs que l'émotionnel était signalé dans les premières descriptions médicales du XVIIIè siècle alors que dans la première parution du DSM en 1952 il avait disparu.

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Le Langage dans le diagnostic du TDAH

En ce qui concerne le langage, parler ou comprendre, ne pose pas de difficultés, cependant, deux caractéristiques questionnent. La première est d'ordre moteur, quelques enfants expriment des retard dans leur coordination motrice notamment dans l'articulation des mots. Les psycholinguistes parlent à ce sujet d’apraxie. Le second aspect émane des problèmes d'inhibition : les personnes atteintes de TDAH auront tendance à parler plus fort et davantage, le stress affectera plus leur cordes vocales .

Par conséquent, on ne peut parler de problème de langage de manière stricte étant donné que ces troubles se réfèrent directement aux fonctions exécutives, comme par exemple, l'organisation de sa pensée, le maintien d'idées et leur enchaînement, aux stratégies utilisées et à la capacité de maintenir plusieurs choses dans sa tête et à les séquencer lorsque l’on doit parler ou écrire, etc. . L'enfant atteint de TDAH sera prolixe lorsqu'il parlera librement, mais au contraire, si on lui demande de raconter une histoire lue, il affichera des difficultés à la relater. Les troubles du développement des fonctions exécutives se manifestent ainsi dans l’aire langagière.

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Le Sommeil des personnes, enfants et adultes, atteintes de TDAH

Le sommeil est très souvent un des symptômes des personnes atteintes du TDAH. Les troubles du sommeil ont été généralement observés comme des sommeils agités, des difficultés d'endormissement, ou de nombreux réveils. Les fonctions exécutives rendant difficiles le développement de la mémoire du travail, nous savons que les troubles du sommeil accentuent cette dernière10. Néanmoins il faut souligner que les troubles du sommeil ne provoquent pas mais accroissent les déficiences de mémoire qui est déjà structurellement liée au TDAH.

« Le psychologue italien Samuele Cortese a publié à ce sujet plusieurs articles sur la question11 montrant que 35 à 45% des enfants et adultes TDAH connaissent des troubles du sommeil. D’autres encore souffrent d’apnées du sommeil : l’hypothèse a d’ailleurs été émise que les médicaments utilisés pour soigner les problèmes de voies aériennes permettaient d’améliorer les symptômes du TDAH (du moins, le lendemain de la prise) – cette idée est cependant bien trop précoce et pas assez confirmée et reproduite pour que cela devienne l’objet d’une pratique clinique classique ».

Notons aussi qu'une méta-analyse récente semble confirmer l'hypothèse que la médication du TDAH provoquait certains troubles du sommeil12.


Adulte 3

 

4- Les symptômes du Trouble de l’Attention TDAH chez l’adulte –

Bien que le TDAH soit considéré comme un trouble infantile et commence toujours dès l’enfance, il n’est remarqué qu’à l’adolescence ou même à l’âge adulte.

En effet, les troubles de l’attention touchent les adultes, entraînant des répercussions dans leur vie privée, leurs relations et les situations de travail.

 

Le Trouble de l'attention TDAH (Trouble de l'attention avec hyperactivité) chez les adultes :

Symptômes du TDAH chez les adultes (qu'est-ce que le TDAH ?) : Difficulté à suivre les réunions, les conversations ou la lecture. Erreurs d'inattention au travail, réaction excessive à la stimulation sensorielle. S'il s'intéresse à un sujet ou à une activité, il lui arrivera d'oublier de manger, de dormir ou d'être incapable de remplir ses obligations.

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), un diagnostic est posé lorsque plusieurs de ces symptômes sont présents. Ces directives du DSM-5 montrent généralement des schémas d'inattention, d'hyperactivité ou les deux.


Pour avoir un diagnostic de TDAH (Trouble de l'attention avec hyperactivité), un adulte doit présenter au moins cinq des symptômes suivants :

Inattention :
1. Incapacité à maintenir l'attention : l'inattention signifie ne pas porter son attention sur certaines tâches ou ne pas se concentrer sur certains détails. Cela peut avoir un impact sur le travail ou l'école.
2. Ne pas écouter : la tendance à ne pas écouter lorsque quelqu'un leur parle est un autre symptôme de l'inattention.
3. Ne pas suivre les instructions : Les personnes atteintes du TDAH ont du mal à faire certaines choses ou à suivre les instructions.
4. Un autre symptôme du trouble du déficit de l'attention est la difficulté à s'organiser, à la fois physiquement et mentalement.
5. Perdre des objets : Les enfants, les adolescents ou les adultes atteints de TDAH perdent souvent des objets car ils oublient souvent qu'ils les portaient
6. Éviter l'effort : Certaines personnes présentant un TDAH peuvent éprouver des difficultés face aux tâches nécessitant un effort d’attention soutenu.

7. Les distractions : Le TDAH peut causer des distractions fréquentes.
8. Oubli : Le TDAH chez les adultes est également diagnostiqué par l'oubli. En fait, les personnes atteintes de TDAH oublient souvent des choses à faire et des faits importants.

Hyperactif :
1. Agitation : Les personnes souffrant d'hyperactivité sont souvent agitées ou ont tendance à se tortiller lorsqu'elles sont assises.
2. Se lever fréquemment : Les personnes atteintes de TDAH se lèvent fréquemment, même si c'est inapproprié à l'heure.
3. Ne pas pouvoir se taire : Les TDAH, qu'il s'agisse d'adultes ou d'enfants, se sentent souvent incapables de participer à des tâches qui nécessitent du temps.
4. Bavardage excessif : Les adultes, les adolescents et les enfants atteints du TDAH ont tous tendance à parler beaucoup.
5. Troubler les relations : L'hyperactivité a également un impact sur les relations. En fait, les personnes atteintes de TDAH peuvent souvent interrompre les autres lorsqu'elles parlent en essayant de terminer leurs phrases avant qu'elles ne soient terminées.


Quels sont les symptômes du TDAH (Trouble de l'attention avec hyperactivité) chez l'adulte ?

Les adultes atteints du TDAH ressentent souvent les symptômes du TDAH de manière plus subtile que les enfants :

1.    Mauvaise gestion du temps
2.    Distractibilité fréquente
3.    La désorganisation
4.    Impulsivité : un adulte atteint du TDAH a un comportement impulsif. Ils peuvent faire ou dire des choses sans penser aux conséquences.
5.    Faible estime de soi L'une des manifestations les plus fréquentes du TDAH chez les adultes est une faible estime de soi. La raison en est que ce trouble peut rendre difficiles certaines tâches quotidiennes, entraînant un sentiment d'inadéquation ou une mauvaise image de soi.
6.    Manque de motivation.
7.    Fatigue : le stress ou l'anxiété liés aux symptômes du TDAH chez l'adulte.
8.    Problèmes relationnels.

Si vous vous reconnaissez dans certains de ces signes ou si vous vous interrogez sur les difficultés d’attention de votre enfant, une consultation avec un professionnel peut permettre d’évaluer la situation et d’envisager les pistes d’accompagnement les plus adaptées.

 


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Pour toute demande de consultation avec Ruby Villar-Documet, psychologue clinicienne, Neurofeedback EEG, merci de remplir le formulaire de contact.

 

Références :
1. Voir Giordan, A., (2016) TDAH ou l’invention d’une pathologie... Sciences Psy, 6 : 47-51.
2. Barkley, R.A., (2015) History of ADHD. In Barkley, R.A., (Dir.) Attention-deficit hyperactivity disorder – a handbook for diagnosis and treatment, 4 th ed. New York: Gilford Press.
3. Voir Tannock, R.M., (2016) Le TDAH : des modèles et recherches tous azimuts. Sciences Psy, 6 : 36-41.
4. Voir Manor, I., et Tyrano, S., (2016) La figure complexe du TDAH chez les enfants et les adolescents. Sciences Psy, 6 :72-77.
5. Voir Faraone, S., (2016) De la génétique. Sciences Psy, 6 : 62-66.
6. Voir Taylor, E., (2016) Trouble sociétal ? Trouble neurobiologique ? Symptômes, culture et neurobiologie. Sciences Psy, 6 : 52-55.
7. Sonuga-Barke, E.J.S., Sergeant, J.A., Nigg, J., Willcutt, E., (2008) Executive dysfunction and delay aversion in attention deficit hyperactivity disorder: nosologic and diagnostic implications. Child and  Adolescent Psychiatric Clinics of North America, 17: 367-384.
8. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders – Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.
9. Barkley, R., (2015) Emotional dysregulation is a core component of ADHD. Op. cit.
10. Voir Diekelmann, S., (2016) Mémoire, odeur et sommeil. In Cyrulnik, B., (Dir.) Le sommeil, m’enfin ! Savigny-sur-Orge : Éditions Philippe Duval, p. 33-40.
11. Voir notamment Cortese, S., (2015) Sleep and ADHD: what we know and what we do not know. Sleep Medicine, 16(1): 5-6. doi: 10.1016/j.sleep.2014.10.003.
12. Kidwell, K.M., Van Dyck, T.R., Lundahl, A., & Nelson, T.D., (2015) Stimulant medications and sleep for youth with ADHD: a meta-analysis. Pediatrics, 136(6): 1144-1153. doi: 10.1542/peds.2015.1708.
13. Voir Le dossier spécial Qu’est-ce qui guérit ? L’effet Placebo. Sciences Psy, 5.

Russel Barkley est psychologue clinicien, chercheur et professeur de psychiatrie clinique à l’Université médicale de Caroline du Sud (États-Unis).
Barkley, R.A., (2010) Taking charge of adult ADHD. New York: Guilford press.
Barkley, R.A., (2012) Executive functions what they are, how they work, and why they evolved. New York: Guilford press.
Barkley, R.A., (2012) Executive functioning and self-regulation: extended phenotype, synthesis, and clinical applications. New York: Guilford Press.
Barkley, R.A., (Dir.) (2015) Attention-deficit hyperactivity disorder – a handbook for diagnosis and treatment, 4 th ed. New York: Guilford Press.

Titre original « Un tableau du TDAH » auteur Russell Barkley. SciencesPsy N°6 . 17 mars 2016
Réécriture : Ruby Villar-Documet

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