Ruby Villar-Documet, Psychologue Clinicienne
Comprendre le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité - TDAH (Modèles scientifiques)

Comprendre le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité
TDAH : modèles scientifiques et recherches en neurosciences cliniques
Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) est aujourd’hui reconnu comme un trouble du neurodéveloppement dans les classifications internationales telles que le DSM-5.
Modèles et recherches TDA- TDAH
Il se manifeste généralement par des difficultés persistantes dans :
- L’attention et la concentration
- La régulation de l’impulsivité
- L’organisation des actions
- Parfois une hyperactivité motrice.
Ces manifestations ne résultent pas d’un manque de volonté ou d’un défaut éducatif. Les recherches suggèrent qu’elles sont liées à un fonctionnement particulier de certains réseaux cérébraux impliqués dans l’attention et l’autorégulation.
Les modèles scientifiques actuels du TDAH
La recherche contemporaine propose plusieurs modèles pour mieux comprendre le TDAH.
Le modèle clinique :
Le modèle clinique repose sur l’identification de critères diagnostiques permettant de reconnaître différentes formes du trouble :
- TDAH à prédominance inattentive
- TDAH à prédominance hyperactive-impulsive
- TDAH combiné.
Ce modèle permet aux professionnels de santé de mieux identifier les difficultés observées chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte.
Le modèle dimensionnel :
Un autre modèle, de plus en plus étudié dans la recherche, considère que les manifestations du TDAH s’inscrivent sur un continuum de variations individuelles.
Selon cette approche, certaines personnes peuvent présenter :
- Des difficultés d’attention
- Des difficultés d’impulsivité
- Ou des difficultés d’organisation
Sans pour autant répondre à tous les critères diagnostiques.
Cette vision permet de mieux prendre en compte la diversité des profils cognitifs et comportementaux.
Ce que montrent les recherches en neurosciences
Les progrès de la neuroimagerie ont permis de mieux comprendre les mécanismes cérébraux impliqués dans l’attention.
Plusieurs réseaux cérébraux semblent jouer un rôle important :
Le cortex préfrontal
Il intervient notamment dans :
- La planification
- La prise de décision
- Le contrôle de l’attention
- L’inhibition des réponses impulsives.
Les circuits fronto-striés
Ces circuits participent à la régulation des actions et à la sélection des informations pertinentes.
Les réseaux attentionnels
Ils permettent de maintenir l’attention sur une tâche et de filtrer les informations importantes.
Chez certaines personnes présentant un TDAH, ces réseaux peuvent fonctionner différemment ou suivre une maturation plus lente.
Le rôle possible des facteurs génétiques
De nombreuses études suggèrent que des facteurs génétiques peuvent contribuer au développement du TDAH, parmi d’autres facteurs biologiques et environnementaux.
Ces facteurs n’expliquent pas à eux seuls l’apparition du trouble. Ils interagissent avec différents éléments du développement, ce qui explique la grande diversité des situations observées.
La mémoire de travail et les fonctions cognitives
La recherche s’est également intéressée aux fonctions cognitives associées au TDAH, notamment :
- La mémoire de travail
- L’attention soutenue
- La régulation des réponses comportementales.
La mémoire de travail correspond à la capacité de maintenir temporairement des informations afin de réaliser une tâche, par exemple lors de la lecture ou d’une conversation.
Certaines études suggèrent que certaines personnes présentant un TDAH peuvent rencontrer des difficultés dans ce domaine.
D’autres pistes de recherche
Les chercheurs explorent également d’autres dimensions du fonctionnement cognitif.
Certaines études ont par exemple examiné :
- La perception visuelle
- La reconnaissance rapide de symboles ou de couleurs
- Les mécanismes de traitement de l’information visuelle.
Ces recherches visent à mieux comprendre les processus cognitifs impliqués dans l’attention.
L’importance du sommeil
Le sommeil joue un rôle essentiel dans les mécanismes de mémoire et d’apprentissage.
Chez certains enfants présentant un TDAH, des difficultés de sommeil peuvent être observées. Ces difficultés peuvent influencer :
- L’attention
- La mémoire de travail
- La régulation émotionnelle.
Pour cette raison, le sommeil est souvent considéré comme un facteur important dans l’évaluation globale du fonctionnement de l’enfant.
Le rôle possible du cervelet
Des recherches récentes suggèrent que le cervelet pourrait également jouer un rôle dans certaines fonctions cognitives.
Longtemps associé uniquement au contrôle moteur, il est aujourd’hui étudié pour son implication possible dans :
- La coordination des processus cognitifs
- La régulation émotionnelle
- Certaines fonctions attentionnelles.
Ces recherches se poursuivent afin de mieux comprendre les interactions entre les différentes régions du cerveau.
L’influence de l’environnement
Les facteurs environnementaux peuvent également intervenir dans l’expression des difficultés associées au TDAH.
Certaines études évoquent notamment :
- L’exposition à certains facteurs pendant la grossesse
- Le stress précoce
- Certains contextes familiaux ou sociaux.
Ces éléments n’expliquent pas à eux seuls le TDAH, mais peuvent influencer la manière dont les difficultés se manifestent.
Conclusion : un trouble complexe et multifactoriel
Le TDAH est aujourd’hui compris comme un trouble du neurodéveloppement complexe, impliquant l’interaction de plusieurs facteurs :
- Le développement cérébral
- Les influences génétiques
- Les expériences environnementales
- Les processus cognitifs.
Les recherches en neurosciences et en psychologie continuent d’enrichir la compréhension de ce fonctionnement particulier de l’attention.
Ces connaissances permettent de développer des approches d’évaluation et d’accompagnement adaptées aux besoins spécifiques de chaque personne.
Besoin d’informations ou d’un accompagnement ?
Si vous vous interrogez sur des difficultés d’attention chez votre enfant ou chez vous-même, une consultation avec un professionnel peut permettre d’évaluer la situation et d’envisager les pistes d’accompagnement les plus adaptées.
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