Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
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BIBLIOGRAPHIE

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DEPECHES SPÉCIALISÉES

6. PATHOLOGIE

Fibromyalgie : un désordre neuronal en cause.

Les douleurs inexpliquées des personnes souffrant de fibromyalgie s’expliquerait par un décalage entre les systèmes nerveux et sensoriels.

La fibromylagie est une maladie encore bien mystérieuse qui n’a été officiellement reconnue par l’OMS qu’en1992. Elle provoque des douleurs musculaires et articulaires chroniques associées à des troubles du sommeil ainsi qu’à une fatigue chronique. Elle touche principalement les femmes autour de la cinquantaine, sa reconnaissance tardive, surtout en Europe, fait que le nombre de cas recensés est sans doute en deçà de la réalité mais cette pathologie concernerait entre 2 et5% de la population. La difficulté du diagnostic, qui repose essentiellement sur les compétences cliniques du médecin, retarde la prise en charge des patients trop souvent confrontés à la méconnaissance de la maladie même au sein du corps médical.

Outre cet aspect diagnostic, c’est l’origine de la maladie qui suscite bien des polémiques. De nombreuses hypothèses ont été avancées : trouble psychologique, virus, anomalie du système immunitaire….jusqu’à présent aucune n’a résisté très longtemps. Dans un article publié dans la revue Rheumatology, une équipe de scientifiques expose une nouvelle théorie mettant en cause un dysfonctionnement du système nerveux.

Selon eux, c’est un déséquilibre entre les neurones du système nerveux sensoriel et ceux du système moteur qui est à l’origine de la fibromyalgie. Pour appuyer leur hypothèse, ils ont soumis des patients à différents test sensori-moteur. Ils ont réussi à faire apparaître les douleurs en créant, à l’aide de miroirs, un décalage entre le mouvement effectué et celui observé, ce qui confirme qu’un conflit entre les voies sensorielles et motrices est bien à l’origine du syndrome algique. Plus probant encore, les médecins ont soulagé les douleurs présentes dans un bras en induisant le cerveau en erreur : le malade face à un miroir bouge le bras opposé non douloureux mais visuellement pour le cerveau c’est le bras souffrant qui se déplace.

Cette explication s’avère donc prometteuse mais certainement pas suffisante. En effet, si elle permet de comprendre l’existence de douleurs musculaires voire tendineuses ou articulaires en revanche elle n’explique pas les troubles du sommeil ni la fatigue chronique.

Joël IGNASSE
Sciences et Avenir.com