Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
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BIBLIOGRAPHIE

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DEPECHES SPÉCIALISÉES

Le Syndrome Asperger (TSA)
Abord clinique et Neurofeedback

Syndrome Asperger Adulte

2 - Le Syndrome Asperger et ses signes cliniques

 

 

Le Langage

Acquisition

  • L’enfant Asperger a acquis le langage à l’âge normal, ou a pu présenter un très léger retard d’acquisition.
  • L’enfant Asperger a généralement su parler avant de marcher.
  • L’enfant Asperger peut être très doué pour les langues étrangères, et notamment pour leur aspect grammatical. (Il peut ne pas commettre les erreurs courantes, et éviter les pièges dans lesquels tombent tous les autres enfants. Il s’intéressera principalement à l’aspect formel, grammatical et à la forme écrite des langues étrangères qui l’intéressent. Il pratiquera que peu ces langues à l’oral).

Compréhension orale

  • Lors de conversations complexes (c’est-à-dire hors banalités du quotidien) l’enfant Asperger doit faire un effort intellectuel pour comprendre ce qu’on lui dit.

    (Dans le cerveau de l’enfant typique, il existe une zone cérébrale dédiée au traitement de la voix humaine et plus particulièrement du langage. Située au niveau de la tempe, cette zone proche des centres auditifs a pour rôle d’associer les sons du langage parlé à leur signification : elle relie par exemple le son « voiture » à l’image mentale d’une voiture. Plusieurs études ont montré que le cerveau des enfants autistes traite la voix humaine comme le reste des autres sons. Les fonctions habituellement remplies par cette zone cérébrale, déficiente chez les autistes, sont donc compensées par d’autres zones du cerveau, et principalement par celles dédiées au raisonnement logique. En conséquence, l’enfant autiste entend ce qu’on lui dit, mais doit fournir un effort intellectuel pour associer les sons aux images mentales auxquelles ils correspondent. Cet effort est par ailleurs semi-volontaire : un enfant Asperger fatigué ou lassé peut cesser brusquement de fournir cet effort. Lorsque cela arrive, l’enfant continue d’entendre la conversation, mais ne l’appréhende plus que comme une sorte de bruit de fond sans aucun sens. Il semble déconnecté, et a le regard dans le vide).
  • Sa compréhension d’une conversation est régulièrement perturbée par les phrases incorrectes ou les erreurs de syntaxe.

    (Les conversations avec un enfant Asperger se terminent souvent par une mise au point grammaticale ou logique, visant à expliquer à l’autre que sa phrase ou son raisonnement est incorrect. Le premier sujet de conversation est alors oublié. S’il procède ainsi, c’est que l’enfant Asperger possède une forte intuition de la logique et de la grammaire : en cas d’erreur de syntaxe, de phrase malformée, ou de raisonnement flou, il devient pour lui très difficile de comprendre ce qui est dit).
  • Beaucoup d’individus Asperger ont des difficultés à communiquer par téléphone

    (Ils peuvent ne pas savoir quand c’est à eux de parler, et appréhender fortement la communication par ce type de moyen).

Expression orale

  • L’enfant Asperger s’exprime particulièrement bien pour son âge. Ses capacités d’expression peuvent être supérieures à celles des adultes. Son langage est très riche.
  • L’enfant Asperger a un langage formel, inutilement complexe, et très souvent ressenti comme pédant par son interlocuteur. L’origine de cela est neurologique : contrairement à un enfant typique, l’enfant asperger manipule le langage par imitation : il entend et mémorise le langage des adultes et des livres, et le reproduit au quotidien avec la plus grande fidélité. On peut assimiler cela à une forme évoluée et hautement adaptative de «copier/coller » Lorsqu’il veut exprimer quelque chose, il cherche dans son catalogue d’expressions toutes faites l’élément qui convient le mieux. Pour l’enfant, parler représente donc un effort intellectuel considérable, qui sollicite beaucoup sa mémoire.
  • L’enfant Asperger présente des difficultés d’élocution en cas de forte fatigue. En revanche, ses capacités d’expression écrite ne sont pas atteintes.
  • Lors de conversations sur des sujets complexes, l’enfant asperger peut délayer ses réponses : il y a un temps de latence entre le moment où on lui pose une question et celui où il y répond. Dans ces situations, il regarde encore moins souvent son interlocuteur, a le regard dans le vide, et semble fournir un effort intellectuel intense. Ce délai a aussi une origine neurologique : l’enfant Asperger, avec son catalogue d’expressions toutes faites, a beaucoup de mal à exprimer des notions complexes, pour lesquelles aucune expression n’existe. En règle générale, lorsque l’on demande à un tel enfant d’exprimer des raisonnements abstraits sur des sujets pointus, l’on remarque qu’ils doivent déployer de gros efforts pour verbaliser des notions qui, dans leur tête, sont parfaitement claires. Si cette verbalisation est si difficile, c’est que contrairement aux enfants typiques, les processus mentaux des enfants Asperger ne s’appuient pas fondamentalement sur les mots : ils pensent très souvent en images ou en abstractions. Contrairement à un enfant typique, l’enfant Asperger doit en conséquence traduire ces images et ces abstractions en mots pour pouvoir les exprimer, c’est-à-dire fournir un effort intellectuel d’autant plus considérable que ses images mentales sont complexes.
  • L’enfant Asperger éprouve des difficultés à suivre les conversations comprenant un grand nombre d’interlocuteurs. Il n’est pas rare qu’un enfant Asperger, s’il était en train de discuter avec quelqu’un, s’exclue lui-même de la conversation si un troisième interlocuteur fait son entrée. Il continue de suivre la conversation comme il peut, mais n’y participe plus. - On dit que l’enfant « décroche » ou se « désynchronise ». La conversation devient trop dense pour lui, et son cerveau ne parvient plus à décrypter les sons et les signes sociaux suffisamment vite. Plutôt que de dire une bêtise, son orgueil et son perfectionnisme le poussent à se taire.
  • L’enfant Asperger présente souvent une prosodie anormale, affectant le ton, la hauteur et le rythme de la voix. - Cela peut par exemple se manifester par une voix haut-perchée, un manque flagrant d’expressivité (parfois rapidement corrigé par l’enfant en imitant la façon de parler de ses proches), ou par un manque de modulation rythmique (l’enfant semble parler comme un métronome). Ces caractéristiques sont souvent particulièrement visibles lorsque l’enfant récite une poésie, un texte appris par coeur, ou qu’il est fatigué.

Expression écrite

  • L’enfant Asperger a une très bonne expression écrite.
  • Il a tendance à préférer l’écrit à l’oral. Cette préférence a plusieurs origines. D’abord, l’écrit n’impose aucune contrainte de temps. Dans une conversation orale, l’enfant Asperger est pressé par la situation : il ne peut pas prendre 3 minutes pour analyser chaque phrase et délayer sa réponse trop longuement. À l’écrit, il a tout le temps qu’il souhaite, et ne subit pas le stress de la socialisation. Ensuite, en cas d’erreur, l’enfant Asperger peut corriger son texte, ce qui est beaucoup plus périlleux à l’oral. Enfin, la vision est généralement le sens le plus développé chez l’enfant Asperger. Il a généralement acquis l’essentiel de son vocabulaire grâce à la lecture, ce qui rend l’écriture beaucoup plus aisée que la vocalisation. Sa mémoire visuelle lui permet de ne commettre que très peu de fautes d’orthographe.

Langage non-verbal

  • L’enfant Asperger a une tendance marquée à ne pas regarder son interlocuteur dans les yeux, surtout lorsqu’il écoute ou répond à une question complexe. Cette tendance a deux origines : la première, c’est que l’enfant Asperger, comme les enfants autistes, ne sait pas décrypter les expressions faciales, qui présentent peu d’intérêt pour lui. La seconde, c’est que l’enfant se concentre fortement pour traiter les informations verbales : il détourne le regard afin de ne pas avoir à prendre en compte de signes inutiles, et de ne pas être distrait.
  • L’enfant Asperger présente des difficultés marquées à percevoir les signes émis par son interlocuteur : il perçoit mal (voire pas du tout) les expressions du visage et les inflexions de la voix.
    • Il est ainsi incapable de savoir si son interlocuteur est intéressé ou ennuyé par la conversation. Tant qu’on ne l’arrête pas, l’enfant Asperger est capable de parler inlassablement d’un sujet qui le passionne, en croyant sincèrement intéresser son interlocuteur, chez lequel il ne détecte pas les signes d’ennui ou une baisse d’attention.
    • Il perçoit mal l’expression de la tristesse, de la jalousie, du mépris, de l’ironie, de l’humour ou du contentement, et semble y être peu sensible.
    • Il peut avoir des difficultés à comprendre les signes implicites d’énervement : il peut prendre les « Hmm Hmm » pour un simple éclaircissement de gorge, et ne pas remarquer un froncement de sourcils.
  • Le visage de l’enfant peut manquer d’expressivité, être anormalement figé ou semblable à un masque, parfois présenter une expression peu naturelle ou paraître anormalement sérieux.

Littéralité

  • L’enfant Asperger a tendance à tout comprendre littéralement. Il a du mal à saisir les expressions imagées et les métaphores. Par exemple, quand on lui dit « il pleut des cordes », il peut manifester son étonnement parce qu’il s’attend réellement à voir des cordes tomber du ciel. Cet aspect a tendance à s’estomper assez rapidement avec l’âge et l’expérience du langage.
  • L’enfant Asperger présente des difficultés à comprendre le second degré.
    Son sens de l’humour peut être très développé et très fin, mais différent de l’humour courant. Il ne comprend pas la taquinerie, et y réagit en se vexant ou en se mettant en colère.
  • Le très jeune enfant Asperger peut rire de la manière dont un mot a été prononcé, et se le répéter à la manière d’une blague personnelle. Toutefois, le caractère humoristique de la chose n’est ni partagé, ni expliqué.

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La Motricité

Maladresse

  • L’enfant Asperger présente une forme de maladresse (ou de gaucherie) dans ses gestes et sa tenue.
  • Il peut avoir des troubles de l’équilibre qui retardent, par exemple, son apprentissage du vélo.
  • Il peut involontairement faire tomber les objets ou casser la vaisselle.
  • Il peut avoir des difficultés à pratiquer les activités qui demandent une certaine habileté. Il s’agit d’activités comme attraper une balle ou jouer au tennis de table. Cela peut être la cause de moqueries à l’école, et inciter ses camarades à l’exclure des équipes sportives. Il peut aussi avoir des difficultés à apprendre à nouer ses lacets ou à fermer une fermeture éclair.
  • Il peut avoir une démarche étrange, relativement raide et mécanique.
  • Il a généralement des gestes brusques et désordonnés, qui trahissent un défaut de coordination.

Graphie et dessin

  • Au début de sa scolarité, l’enfant Asperger a généralement des difficultés dans l’acquisition de la graphie. Il forme mal ses lettres et peut écrire de manière illisible. Ce défaut sera plus ou moins corrigé par la suite.
  • L’enfant Asperger présente un déficit de créativité en arts plastiques et en dessin. Il est en revanche doué pour les dessins techniques et schématiques. L’enfant Asperger a tendance à toujours dessiner les mêmes choses. Ses dessins sont schématiques et précis : les lignes de perspective sont clairement dessinées, et l’on remarque un sens aigu de la géométrie. L’enfant à tendance à représenter de très nombreux détails de ce qu’il dessine, et à utiliser les mêmes éléments graphiques d’un dessin à l’autre (pas de variation dans la manière de représenter les visages ou les voitures par exemple). S’il apprend une technique pour dessiner une montagne ou créer une perspective, il l’appliquera scrupuleusement par la suite avec une grande fidélité, sans jamais songer à la modifier à sa guise.

Tics et maniérismes

  • L’enfant Asperger présente souvent des tics vocaux : il peut notamment émettre des sons répétitifs, faire des bruits réguliers avec sa bouche. Ces symptômes ressemblent à ceux du syndrome de Tourette et ne doivent pas être confondus avec lui.
  • L’enfant Asperger présente souvent des tics moteurs : il peut avoir sans cesse besoin de bouger, et ne pas tenir assis. Il peut se balancer légèrement sur lui-même durant plusieurs minutes, ou effectuer des gestes répétitifs avec ses mains ou ses pieds (ouvrir et fermer la main de nombreuses fois de suite, par exemple). Il peut présenter des mouvements involontaires, rapides et soudains de tout son corps. Ces tics moteurs sont très courants, et beaucoup d’enfants Asperger finissent par les inhiber en société. Ils cherchent en effet en premier lieu à s’intégrer le mieux possible aux autres. Dès lors qu’ils se rendent compte que ces mouvements ne sont pas « normaux » ils tentent de les dissimuler au public. Ils réapparaissent toutefois dans les activités solitaires, surtout lors d’une forte anxiété ou d’un effort intellectuel important.
  • L’enfant Asperger peut aussi avoir des mouvements rituels, qu’il effectue dans certaines situations données. Ces mouvements sont souvent les mêmes que ceux observés chez des enfants plus jeunes, comme sauter littéralement de joie ou frétiller en cas de contentement ou taper dans ses mains pour signifier son excitation. Ces maniérismes s’expliquent par le fait que l’enfant Asperger exprime d’abord ses émotions au moyen de son corps, le registre des expressions faciales et des inflexions de voix étant pour lui très restreint, voire inconnu.

Sens de l’orientation

  • En règle générale, les enfants Asperger ont un piètre sens de l’orientation et ont du mal à se projeter dans l’espace. Les individus Asperger mémorisent les trajets courants et ne s’en éloignent pas. Ils évitent toute modification de parcours à moins d’y être contraints, ont toutes les peines du monde à situer deux itinéraires l’un par rapport à l’autre. Par exemple, un enfant Asperger saura situer une boutique qui se trouve dans une des rues qu’il emprunte pour aller à l’école. Il saura une situer une autre qui se trouve dans une des rues qui se trouve sur l’itinéraire qu’il emprunte pour aller à la bibliothèque. Si on lui demande d’aller de la première boutique à la seconde, il suivra les deux itinéraires l’un après l’autre, en passant par le point qui leur est commun (le domicile), et ce même s’il aurait été infiniment plus court de couper par une rue. La raison de ce comportement étrange tient en ce que l’enfant Asperger ne sait pas situer la seconde boutique par rapport à la première. Il a besoin du référentiel commun aux deux boutiques, à savoir le domicile. Pour améliorer son orientation, le meilleur moyen est de lui montrer des cartes et des plans. Ses prédispositions pour les informations schématiques lui permettront de s’orienter plus efficacement.

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Les traits de caractère

Orgueil et intolérance aux critiques

  • L’enfant Asperger est généralement perçu comme prétentieux par son entourage. Il a une haute estime de lui-même. Beaucoup d’enfants Asperger compensent leurs difficultés d’intégration sociale en devenant arrogants et égocentriques. Ils éprouvent alors une difficulté considérable à admettre leurs erreurs, et se servent de leurs facilités scolaires ou intellectuelles pour affirmer leur supériorité, et sauvegarder leur estime personnelle. Si l’enfant a des difficultés scolaires, ou qu’il est dans un environnement où il est régulièrement rabaissé ou mal considéré, sa propension à l’orgueil et à la prétention sera d’autant plus vigoureuse.
  • L’enfant Asperger réagit mal aux reproches qu’on peut lui faire, alors qu’il se permet pourtant d’en faire beaucoup aux autres. Il punit bien davantage qu’il ne félicite.
  • Il a une tendance à répondre à ses parents. Il est capable de discuter et d’argumenter durant des heures uniquement par principe.
  • L’enfant Asperger n’admet l’autorité que lorsqu’elle lui paraît logique et fondée. L’enfant Asperger ne modifiera son comportement que si l’on peut lui fournir une raison logique de le faire. Lorsque ses parents ou un professeur prennent une décision qui lui semble arbitraire, il manifeste son désaccord et a tendance à ne pas suivre ses directives.
  • Selon Tony Attwood « Parce qu'il se sent inadapté aux situations sociales, l'enfant peut développer une forme de surcompensation en niant qu'il puisse y avoir un problème et en faisant preuve d'arrogance, de telle manière que la « faute » (ou le problème) est toujours rejetée sur les autres, et que l'enfant se considère exempté de toutes ces règles qu'il peine tellement à comprendre » « L'enfant ou l'adulte enclenche alors une sorte de 'mode Dieu': il devient une personne omnipotente qui ne commet jamais d'erreurs, qui ne peut avoir tort et dont l'intelligence doit être louée. De tels enfant peuvent nier leurs difficultés à se faire des amis ou à décrypter les situations sociales ou encore les pensées et intentions de quelqu'un d'autre. Ils considèrent qu'ils n'ont besoin d'aucun programme spécifique, ni d'être traités différemment des autres enfants. Ils refusent énergiquement d'être présentés à un psychologue ou à un psychiatre, et sont convaincus qu'ils ne sont ni fous ni stupides. » — Tony Attwood, The complete Guide to Asperger’s Syndrome, first edition, page 26.
  • Les enfants Asperger ont généralement une faible estime d’eux-mêmes, qu’ils peuvent compenser par une tendance à la prétention ou au mensonge.

Tempérament autoritaire

  • L’enfant Asperger est autoritaire. Il réclame une attention pleine et entière, et ne supporte pas que son avis ne soit pas pris en compte.
  • Son avis sur un sujet est toujours fondé et logique. L’enfant Asperger est capable d’entendre un autre avis que le sien, mais uniquement si son interlocuteur peut en démontrer le caractère logique et argumenté. Dans le cas contraire (qui est le plus courant), l’enfant nourrit une forme de mépris pour son interlocuteur, qui se transforme en colère si celui-ci est une figure d’autorité. L’enfant ne fait alors aucune concession, aucun compromis, et aucun effort pour accepter une opinion contraire à la sienne, qu’il considère être la seule valable parce que la seule à être solidement argumentée.
  • Lorsqu’il est apprécié de son professeur, il n’est pas rare que l’enfant Asperger s’arroge un titre d’assistant du professeur, et qu’il se mette à réprimander ses camarades.
  • Il a tendance à exprimer ces reproches d’une manière directe, voire abrupte, sans se soucier de leur caractère blessant. Le but de ces reproches n’est pas nécessairement de blesser, mais de donner à l’autre la possibilité de s’améliorer. L’enfant Asperger a une hantise de l’échec, et ne supporte par l’imperfection. Il est non-seulement intransigeant avec lui-même, mais aussi avec les autres, parce qu’il pense que tout le monde partage son perfectionnisme.
  • Lorsqu’on lui fait remarquer que l’un de ses reproches est blessant, il considère qu’il n’est pas en tort. À l’inverse, il considère avoir bien agi en signalant à l’autre son défaut. Si quelqu’un est en tort, il considère au contraire que c’est l’autre, puisque de son point de vue, c’est lui qui a commis une erreur.

Tempérament colérique et émotivité

  • Les enfants Asperger sont souvent colériques. Ils s’énervent facilement, et peuvent prononcer des mots lourds de sens, dont l’emploi semble disproportionné. La disproportion s’explique par le mécanisme de « copier/coller » exposé plus haut. Les individus Asperger éprouvent en effet de grandes difficultés à saisir les nuances qu’il peut y avoir entre différentes expressions, surtout lorsqu’elles concernent des états intérieurs. Avec l’âge et un suivi médical, beaucoup apprennent à les distinguer. Les enfants Asperger, eux, n’ont pas encore cette maturité, et peuvent employer des expressions telles que « j’ai eu du mal » et « c’était affreusement difficile » comme des synonymes, sans prendre garde à la différence d’intensité qui les distingue. À l’écrit, ces enfants feront plus attention au choix des expressions les mieux adaptées. Mais à l’oral, ils sont pressés par le temps et ont tendance à choisir la première expression qui leur vient à l’esprit, jurons et grossièretés compris. La colère accentue ce phénomène : selon Tony Attwood « L'expérience clinique indique qu'il y a une tendance à réagir aux signaux émotionnels sans avoir recours à la réflexion. »
  • Les enfants Asperger ont souvent beaucoup de mal à se faire comprendre des autres lors d’une conversation à l’oral concernant un sujet pointu, et lorsqu’ils s’en rendent compte, ils ont tendance à s’énerver. La plupart des enfants Asperger vivent une véritable solitude intellectuelle à cause de leur incapacité à entrer en interaction avec les autres. Les conversations avortent souvent en raison de difficultés de compréhension entre l’enfant et son interlocuteur. L’enfant est alors frustré et assimile cela à un échec. Sa frustration et sa hantise de l’échec nourrissent alors sa colère.
  • L’enfant Asperger perçoit et exprime les émotions de manière déformée.
    • Il perçoit tout en noir et blanc, et n’a pas conscience des nuances. Pour l’enfant Asperger, une petite colère est identique à une grande, et une petite satisfaction est assimilée à un bonheur extrême.
    • L’adolescent Asperger prend souvent des vessies pour des lanternes : il prend par exemple un sourire ou une marque d’attention pour un intérêt amoureux, et une petite remontrance pour une déclaration de guerre. Certains enfant et adolescents Asperger peuvent aussi se sentir responsables de l'agitation ou de la détresse d'une autre personne, et s'excuser auprès d'elle alors qu'ils ne sont pas la cause de son état.
    • Il exprime ses émotions d’une manière décalée, et plus généralement ne connait pas la mesure : une petite contrariété donne lieu à une colère homérique, et une petite attention banale peut l’émouvoir aux larmes. Alors que d'autres enfants seraient tristes, embêtés, embarrassés, anxieux ou jaloux, l'enfant peut n'avoir qu'une seule réponse: se sentir en colère. Le degré d'expression des émotions négatives telles que la colère, l'anxiété et la tristesse peut être extrême.
    • Il est souvent incapable de comprendre que l’on puisse ressentir plusieurs émotions à la fois, comme être à la fois triste et heureux. Cela le dépasse.
  • Lorsqu’il est en colère, l’enfant Asperger ne sait pas quand il doit s’arrêter, et est très réticent à l’idée de présenter des excuses. Il exprime peu de regrets, et ne comprend pas qu’il pourrait obtenir davantage en étant plus sympathique.
  • Alors qu’ils semblent avoir une maîtrise parfaite du langage, les enfants et les adultes Asperger ont souvent un vocabulaire limité pour décrire les états intérieurs, surtout ceux impliquant les émotions les plus subtiles et les plus complexes. Un enfant Asperger peut généralement identifier les émotions extrêmes, telles qu'une tristesse, une colère ou une joie intenses, mais sa compréhension des émotions plus subtiles telles que la confusion, la jalousie ou la méfiance peut être élusive.
  • L'enfant et l’adulte Asperger expérimentent souvent de rapides changements d'humeur, un peu comme une boule de flipper qui provoquerait l’allumage d’émotions intenses à chaque rebond (image tirée d’Attwood).

Franchise

  • Les jeunes enfants Asperger sont remarquablement honnêtes. La personne Asperger ne sait pas quand elle doit mentir pour le bien de l'autre, et préfère à l'inverse produire un commentaire vrai mais susceptible de heurter. La capacité à comprendre l'utilité de la duperie et à savoir quand elle est utile n'apparaît que tardivement dans le développement de l'enfant Asperger, parfois pas avant la préadolescence. Toutefois, les tromperies utilisées peuvent être immatures et facilement identifiées par un adulte.
  • Plus tard, les enfants Asperger peuvent avoir tendance à mentir. L’enfant Asperger peut ne pas réaliser que son interlocuteur sera probablement plus offensé par un mensonge que par un défaut de conduite. Mentir peut aussi être un moyen de ménager l'estime que l'on se porte: si l'enfant Asperger a une image arrogante de lui-même, la possibilité même de commettre une erreur lui apparaît comme impensable, et le mensonge lui semble être une bonne alternative.
  • Les adultes Asperger peuvent être connus pour leur honnêteté. Ils peuvent avoir un fort sens de la justice sociale, et respecter les règles. Ils croient fortement aux principes moraux et éthiques.

Intérêts particuliers

  • L’une des caractéristiques les plus notables des enfants Asperger est qu’ils nourrissent un très fort intérêt pour quelques sujets très précis. Tous les enfants ont cette tendance, mais chez les enfants Asperger, l’intérêt est particulier soit dans son intensité, soit dans son objet. Par exemple, un enfant Asperger peut être passionné par les piles électriques, par les fourmis, par les climatiseurs ou encore par les vis de fixation, et y consacrer l’essentiel de son temps libre. Les intérêts sont généralement en rapport avec la science, la mécanique, la logique et les entreprises de classification (espèces animales et végétales, monnaies du monde, drapeaux nationaux, philatélie…)
  • L’enfant Asperger possède des connaissances impressionnantes dans le ou les domaine(s) qui l’intéresse(nt). S’il est par exemple passionné par les climatiseurs, il peut lire et éplucher des catalogues entiers pour parfaire sa connaissance du sujet.
  • L’enfant Asperger a tendance à catégoriser et classer ses objets d’intérêt. Une petite fille peut ranger ses poupées par ordre alphabétique, et un petit garçon tenir un carnet dans lequel il consigne scrupuleusement toutes les caractéristiques des objets qui l’intéressent. Un autre enfant Asperger peut ranger sa bibliothèque par auteur ou par thèmes, et tenir un registre de tous les volumes qu’il possède et ce quelques mois à peine après avoir appris à lire.
    Il a également tendance à classer et catégoriser les gens.
  • Les compétences et les connaissances acquises par l’enfant Asperger le font souvent passer pour un « petit-génie », et ont tendance à orienter le diagnostic des professionnels vers une précocité intellectuelle. Il est important de comprendre que même si cette précocité est avérée, elle n’est qu’une toute petite composante du son syndrome, et que son dépistage ne suffira pas à aider l’enfant. Les troubles induits par le syndrome d’Asperger sont bien plus profonds qu’une simple précocité intellectuelle, et nécessitent une prise en charge thérapeutique adaptée. Par ailleurs, la précocité intellectuelle ne s’accompagne habituellement pas des troubles du spectre autistique typiques du syndrome d’Asperger.
  • La recherche d'un monde alternatif peut amener certains enfants à développer un intérêt pour un autre pays, une culture, une période de l'histoire ou pour le monde animalier. L'intérêt pour d'autres cultures et d'autres mondes peut expliquer le développement d'un goût spécial pour la géographie, l'astronomie et la science-fiction, en ce que l'enfant découvre un lieu où ses connaissances et ses capacités sont reconnues et estimées.

Routine

  • L’enfant Asperger est très à l’aise dans un mode de vie routinier. Il est capable de pratiquer la même activité durant des journées entières si celle-ci l’intéresse. Il faut preuve d’une patience et d’une abnégation rares dans ses domaines de prédilection. Il se lasse rarement.
  • L’enfant Asperger peut avoir des rituels routiniers, et donner de l’importance à des choses qui, pour son entourage, n’en ont aucune. Par exemple, il peut mettre un point d’honneur à dîner exactement à la même heure tous les jours, ou exiger que les ustensiles de cuisine soient toujours parfaitement rangés. Il a tendance à s’habiller toujours de la même façon, et peut adopter un régime alimentaire composé d’un nombre restreint d’aliments fétiches.
  • L’enfant Asperger a une intolérance profonde au changement : il devient très anxieux à l’idée d’un changement dans son mode de vie, et encore plus lorsque ce changement touche sa socialisation. Il n’apprécie pas l’imprévu, et a besoin que les évènements exceptionnels lui soient annoncés à l’avance. Parmi les changements les plus anxiogènes, on peut citer la rencontre d’une nouvelle personne, le changement d’établissement scolaire, ou la pratique d’une nouvelle activité.
  • L’enfant Asperger a tendance à écouter la même musique et à regarder les mêmes films et émissions en boucle. Plus généralement, lorsqu’une activité lui plaît, l’enfant Asperger a tendance à s’y adonner aussi souvent et longtemps que possible. Les enfants Asperger peuvent développer un intérêt pour les feuilletons à l’eau de rose (type « feux de l’amour ») et les documentaires de société (type « confessions intimes »). Ces programmes télévisuels mettent en effet en scène des émotions et des relations sociales intenses et impressionnantes, et proposent différentes manières d’y faire face dont l’enfant peut s’inspirer pour sa vie quotidienne. Cela rend ces programmes particulièrement appréciés des enfants Asperger, d’autant qu’ils sont souvent très réceptifs à leur caractère comique.
  • L'enfant Asperger peut avoir une mémoire et une connaissance remarquables de personnages connus et de personnages de films, et rejouer avec plaisir et durant des heures des scènes les impliquant.

Perfectionnisme

  • L’enfant Asperger est perfectionniste. Il est très exigeant avec lui-même et avec les autres. Il pense à tort que tout le monde partage le même degré d’exigence que lui, et s’énerve lorsque la réalité vient lui rappeler que ça n’est pas le cas.
  • Il supporte très mal l’échec, chez les autres et surtout chez lui-même. Il met en oeuvre de nombreuses stratégies pour garantir le succès de ses entreprises.
  • Il est capable de recommencer un travail ou un jeu si le résultat ne lui convient pas, même si cela revient à y passer un temps considérable (parfois plusieurs semaines).
  • Il se met très souvent en colère s’il est interrompu avant d’avoir terminé une tâche.
  • Il a tendance à rejeter les contributions des autres. L’origine de ce rejet est neurologique. Lorsqu’il s’adonne à une activité telle qu’un jeu de construction, l’enfant Asperger a en tête l’image très nette de la construction terminée. Si un contributeur participe à la même activité, il ne faudra pas longtemps pour qu’il tente de placer une brique à un endroit où, pour l’enfant Asperger, il ne devrait pas y en avoir. L’enfant Asperger peut alors se mettre violemment en colère ; c’est là la réaction la plus courante. D’autres enfants Asperger cessent de s’intéresser à l’activité qu’ils pratiquent dès lors que leur oeuvre a été « déformée » par un tiers. Frustrés, ils abandonnent l’activité pour éviter la confrontation, et s’y adonneront à nouveau une fois bien seuls. Pour jouer à un jeu de construction avec un tel enfant, il faut accepter de s’en remettre à son jugement, et présenter ses contributions comme des suggestions réclamant son approbation, comportement qui n’est à la portée que d’un adulte. C’est entre autre pour cela que les enfants Asperger préfèrent les adultes aux enfants de leur âge.
  • Il a une forte tendance à l’exhaustivité sur tous les sujets. En conséquence, lorsqu’il commence à parler, il ne sait pas s’arrêter.

Intelligence et scolarité
L’enfant Asperger ne souffre d’aucun déficit intellectuel.

  • Certains enfants Asperger apprennent les bases de la lecture et du calcul avant même d'entrer à l'école, souvent en lisant des livres, en regardant la télévision, ou en jouant à des jeux éducatifs sur un ordinateur.
  • L’on peut remarquer un mode d’apprentissage inusuel, avec de remarquables connaissances dans un domaine qui intéresse l’enfant, mais de réels problèmes d’apprentissage ou d’attention dans d’autres disciplines. À cause de leurs particularités, les méthodes d’enseignement traditionnelles sont rarement adaptées aux enfants Asperger, qui sont demandeurs d’un enseignement logique, exhaustif et axé sur le visuel. Des supports de cours adaptés, comme des livres scolaires, sont en train de voir le jour en France et sont susceptible d’aider grandement un enfant Asperger en échec scolaire.
  • Même s’ils en présentent tous les symptômes, les enfants Asperger peuvent ne pas être diagnostiqués comme des enfants précoces. Il est très courant que les enfants Asperger, à cause de leur maîtrise du langage et de leurs connaissances importantes dans leurs domaines de prédilection, nourrissent une suspicion de précocité intellectuelle. Toutefois, leurs résultats aux tests de dépistage peuvent ne pas être ceux attendus chez un enfant précoce. Cela s’explique par la neurologie : les procédures de dépistage de la précocité intellectuelle chez l’enfant ont été conçues à destination d’enfants typiques, ayant un fonctionnement neurologique normal. L’enfant Asperger ne rentre pas dans cette catégorie. À cause des particularismes induits par son syndrome, il aura plus de facilité avec certaines parties de l’examen (par exemple le raisonnement logique), et beaucoup moins avec d’autres (notamment l’orientation dans l’espace). En somme, le test de dépistage de la précocité intellectuelle n’est pas adapté à l’enfant Asperger, et ses résultats sont voués à être biaisés. Par ailleurs, l’on sait que les enfants Asperger ont une tendance forte à refuser tout traitement de faveur, et qu’ils peuvent décider de fausser volontairement les tests pour ne pas changer d’établissement ou sauter une classe.
  • Beaucoup d’enfants Asperger nourrissent une fascination pour les chiffres. Ils peuvent ainsi mémoriser des dates de naissance, des numéros de téléphone, des références de catalogue…

Troubles anxieux

Le syndrome d’Asperger s’accompagne souvent de troubles anxieux, qui peuvent potentiellement fausser le diagnostic.

  • Beaucoup d’enfants Asperger développent des troubles anxieux.Ces troubles peuvent influer sur l’alimentation (appétit trop faible ou trop grand, anorexie, boulimie), sur l’attention (difficultés à se concentrer en classe, l’enfant bouge en permanence et ne tient pas assis), sur la digestion (maux de ventre, diarrhées, constipation), sur la socialisation (tendance au mutisme sélectif, phobie sociale) etc. Par ailleurs, des sons et des situations inhabituels, tels qu’un chien qui se met soudainement à aboyer, peuvent provoquer chez l’enfant des réactions phobiques. Les troubles anxieux peuvent prendre de nombreuses formes.
  • Un certain nombre d’enfants Asperger développement des Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC). Ces troubles se manifestent par le besoin irrépressible de l’enfant de s’adonner à des rituels étranges et non-fonctionnels, parfois plusieurs fois par jour. Ces rituels ont un aspect rassurant qui l’aident à calmer son anxiété. Lorsque l’enfant est entravé dans ses rituels, il ne parvient pas à diminuer son anxiété, et peut être pris de panique. Les rituels en question peuvent prendre toutes les formes : il peut s’agir de se laver les mains de manière compulsive, d’ouvrir et de fermer chaque porte 10 fois pour s’assurer qu’elle est bien fermée, de s’essuyer les pieds 7 fois avant d’entrer, etc.
  • Certains enfants Asperger développent une hyperactivité en réponse à un haut niveau de stress et d’anxiété, particulièrement dans un contexte social. Là encore, il faut prendre garde à ce que l’hyperactivité ne soit pas la seule tendance de l’enfant à être diagnostiquée. L’hyperactivité n’est dans ce cas qu’une conséquence du syndrome d’Asperger, plus profond et plus difficile à diagnostiquer.
  • En raison de leur isolement social et de leur solitude affective, les enfants Asperger sont plus enclins que les autres à présenter des signes de dépression clinique ou des tendances suicidaires.

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Les fonctions sociales

Empathie

L’enfant Asperger présente un déficit d’empathie, c’est-à-dire qu’il a du mal à se représenter l’état mental d’une autre personne. Les enfants Asperger ne sont pas dénués de compassion, mais les mécanismes de l’empathie censés la provoquer sont chez eux déficients.

  • Il éprouve des difficultés à remarquer la joie, la tristesse, l’étonnement, etc… chez d’autres personnes, sauf lorsque ces états sont exprimés fortement ou de manière stéréotypée (hausse du volume de la voix, pleurs, etc.). L’enfant Asperger présente un double handicap : d’abord son incapacité à détecter les signes non-verbaux, et ensuite, même lorsque ceux-ci sont détectés, sa difficulté à les comprendre en fonction du contexte. Par exemple, un enfant Asperger peut ne pas remarquer que son interlocuteur est triste (premier handicap). Mais même s’il y parvient, il aura de grandes difficultés à comprendre pourquoi, à ce moment précis et dans cette situation, cette personne est triste : est-ce à cause de ce qu’il vient de dire, ou à cause de tel ou tel évènement ? L’enfant n’a aucune certitude, si bien qu’au final, il finit même par douter que la personne soit triste, et par envisager qu’il a mal décrypté les signes qu’elle émettait. Au fur et à mesure du temps et de l’âge, il finit par ne plus du tout prêter attention aux signes non-verbaux, qu’il trouve bien trop difficiles à manipuler.
  • Il est incapable de déduire les intentions des autres personnes. Il ne sait pas distinguer la taquinerie de l’agression, et dans le doute, il est sur la défensive. La situation la plus courante a lieu à l’école : si un camarade donne une tape amicale à l’enfant Asperger, il y a fort à parier que celui-ci ne saura pas s’il s’agit d’un geste complice ou d’une agression, et qu’il réagira en lui rendant la pareille, cette fois de manière agressive.
  • Il a très peu de spontanéité affective : il n’aide pas un camarade qui est tombé à se relever, ne console pas quelqu’un qui pleure, n’est pas affecté par la tristesse ou la joie de ses proches, semble imperturbable et insensible. Là encore, l’enfant Asperger souffre d’un double handicap : son incapacité à détecter les situations qui exigeraient de lui une réaction (parce qu’il ne détecte pas les signes), et son incapacité à savoir y réagir. Un enfant Asperger qui voit un camarade en larmes comprendra probablement qu’il a un problème, les pleurs étant un signe suffisamment explicite pour qu’il le détecte. Mais il aura beaucoup de mal à réagir à cette situation, parce qu’elle ne fait pas partie des situations sociales courantes qu’il a appris à gérer au quotidien. L’enfant Asperger, qui ne sait pas pourquoi son camarade pleure, considère qu’il ne peut rien y faire. En conséquence, ne sachant pas comment réagir, l’enfant restera aussi impassible que s’il n’avait pas remarqué les pleurs de son camarade.

L’enfant Asperger ne sait pas se mettre à la place de quelqu’un d’autre.

  • Il ne pratique pas les jeux de rôle des enfants de son âge (jouer au papa et à la maman, au gendarme et au voleur, etc…). Il n’en voit souvent pas l’intérêt.
  • Il a beaucoup de mal à comprendre les motivations des personnages d’un récit fictionnel, qui lui semblent obscures. Généralement, les fictions l’ennuient. Il n’aime les livres et le cinéma que dans la mesure où ce qui est présenté a un rapport à la réalité (biographies, documents historiques…) ou à la science (science-fiction, documentaires animaliers et scientifiques…).
  • Il ne sait pas inventer une histoire. Lorsque son professeur lui demande d’inventer un récit ou une poésie, il n’y parvient pas. Il ne sait pas non plus inventer spontanément une histoire à partir d’un élément donné : par exemple, si on lui montre une figurine et qu’on lui demande d’inventer une histoire qui lui serait liée, il en est incapable et ne comprend pas ce que l’on attend de lui.

Socialisation

  • L’enfant Asperger éprouve de grandes difficultés de socialisation. Il peut avoir deux profils :
    • Un profil solitaire, dans lequel il passe le maximum de son temps seul, à la fois par choix et par exclusion de ses camarades. L’enfant fuit les interactions sociales, auxquelles il ne comprend pas grand-chose et qui le mettent mal à l’aise.
    • Plus rarement un profil extraverti, dans lequel il passe du temps avec un cercle restreint d’amis, qu’il impressionne par ses connaissances et sa maîtrise du langage. L’enfant adopte alors un comportement intrusif et dominateur. Néanmoins, ces amis le considèrent comme « spécial » et finissent systématiquement par s’éloigner de lui. Souvent, ce type de profil conduit l’enfant à adopter un comportement dictatorial, et à considérer ses camarades comme ses subordonnés.
  • L’enfant Asperger ne prend pas part aux activités des enfants de son âge, auxquelles il ne trouve pas d’intérêt. Il préfère leur substituer ses propres activités. S’il a un profil extraverti, il tente de les imposer à son cercle de connaissances, avec un succès souvent limité.
  • L’enfant Asperger préfère souvent discuter avec les adultes plutôt qu’avec les enfants de son âge. Il n’est pas rare qu’un enfant Asperger discute avec les professeurs de son école au moment de la récréation, et qu’il ne cherche pas la compagnie des enfants de son âge. Les enfants Asperger ne sont pas fondamentalement antisociaux, mais ont toutes les peines du monde à trouver des personnes susceptibles de les intéresser.
  • L’enfant Asperger apprécie les activités solitaires : elles lui épargnent le stress lié à la socialisation, au bruit et aux interruptions en tout genre. Chez l’enfant Asperger, la solitude est nécessaire à l’équilibre quotidien. Après une journée passée à l’école, confronté à des situations qu’il peine à comprendre, l’enfant a souvent besoin de se retrouver seul pour se ressourcer.
  • L’enfant Asperger peut nouer des amitiés sincères et réelles avec d’autres enfants ayant des intérêts semblables aux siens. On parle alors d’amitiés « utilitaires », parce qu’elles n’ont pas d’autre objet que l’intérêt commun aux deux enfants. Un enfant Asperger passionné d’informatique peut par exemple nouer une amitié utilitaire avec un de ses camarades, qui sans être Asperger serait également passionné par le sujet. En règle générale, ces amitiés cessent dès lors que l’intérêt d’un des deux enfants diminue ou disparaît.
  • Certains enfants Asperger conceptualisent l’amitié comme une relation de possession, et peuvent développer une grande jalousie en ce domaine.
  • Les enfants Asperger sont plus enclins à avoir des amis imaginaires. Tous les enfants sont susceptibles d’avoir des amis imaginaires. Ce qui distingue les enfants typiques des enfants Asperger, c’est la place occupée par ces amis : un enfant Asperger peut en effet n’avoir d’amis qu’imaginaires, et rêver l’essentiel de ses interactions sociales.

Communication

  • L’enfant Asperger ne sait pas entretenir une conversation banale. S’il est capable de parler durant des heures de sujets qui l’intéressent, l’enfant Asperger est incapable d’entretenir une conversation sur des sujets banals, pour lesquels il n’a aucun intérêt. Il est étranger aux conversations sans objet, aux ragots, et ne parle que lorsqu’il pense qu’il a quelque chose d’intéressant ou d’important à dire. Il n’appelle pas ses amis ou sa famille pour prendre de leurs nouvelles, et se tait lorsqu’il n’a plus rien à dire, quitte à introduire de longs silences.
  • L’enfant Asperger tend à couper la parole et à interrompre les autres. Dans le même temps, il ne supporte pas que le même traitement lui soit appliqué.
  • L’enfant Asperger a tendance à tout ramener à lui. Les sujets de conversation ont tendance à dévier vers sa personne. L’enfant Asperger est en effet très enclin à parler de lui et de sa vision des choses. Cet égocentrisme se manifeste aussi dans sa manière d’appréhender les dires de son interlocuteur : l’enfant Asperger a en effet une tendance forte à réinterpréter à sa manière (ou à reformuler) les paroles de son interlocuteur, voire même à le corriger en permanence.

Anxiété

  • L’enfant Asperger a généralement un tempérament anxieux pour tout ce qui concerne la socialisation. Il ne va pas spontanément vers les autres et évite généralement le contact social. Il appréhende par exemple de devoir aller faire une course seul, à cause du contact avec les commerçants. Il n’aime pas être présenté à de nouvelles personnes, ni s’adresser à des inconnus : il préférera se débrouiller seul plutôt que demander un renseignement à quelqu’un qu’il ne connaît pas. Lorsque la situation ne lui permet pas de fuir le contact social (notamment à l’école), il masque son appréhension afin de ne pas se mettre en situation de vulnérabilité.
  • Avant de participer à une nouvelle activité ou de rencontrer une nouvelle personne, l’enfant Asperger va répéter la scène en prenant en compte tous les scénarios possibles. Il peut la répéter en utilisant des figurines, des amis imaginaires ou se mettant lui-même en scène dans un jeu de rôle solitaire. Par exemple, un enfant Asperger invité à une fête peut répéter son entrée plusieurs jours à l’avance. Il peut aussi envisager toutes les situations possibles, et préparer pour chacune d’elles une réponse qui lui semble convenable : comment régirai-je si on m’invite à danser ? Comment réagirai-je si on me demande ce que j’aime faire ? Comment réagirai-je si on m’invite à faire une partie de foot ? Cette technique lui évite de commettre des erreurs grossières. Mais s’il est confronté à une situation qu’il n’a pas prévue, l’enfant est perdu.
  • Avant de participer à une nouvelle activité, un enfant asperger va longuement observer le comportement des autres, afin de pouvoir le mimer. Par exemple, s’il est invité à une fête ou chez un ami, il va commencer par refuser l’invitation. Il va ensuite observer scrupuleusement le comportement des autres enfants, et en tirer un maximum de détails. Il va ensuite s’exercer à reproduire ce comportement le plus fidèlement possible. Lorsqu’il se sentira prêt et suffisamment sûr de lui, il acceptera finalement de se rendre chez son ami.
  • Le principal objectif de l’enfant Asperger est de passer pour quelqu’un de normal. Cet objectif est anxiogène, et l’enfant préférera ne rien faire plutôt que de commettre un impair. Les enfants Asperger sont très soucieux de ce qui peut se faire ou non. Ils ont souvent des idées bien arrêtées (et parfois erronées) sur la politesse, la morale, ou ce qui peut être fait en société. Ils attendent des autres la même rigueur que celle qu’ils s’imposent, et ont tendance à mépriser les comportements qu’ils prohibent. Lorsqu’ils ne savent pas comment réagir, ils préfèrent ne rien faire, histoire de ne pas se mettre dans une situation fâcheuse. Par exemple, un professeur a demandé à un enfant Asperger qui avait manqué l’école de rattraper ses cours à partir du cahier d’un autre élève. L’enfant n’a jamais abordé l’autre élève. Quand on lui a demandé pourquoi, il a répondu : « Je ne savais pas si je devais lui dire ‘bonjour’ ou ‘salut’ ».
  • L’enfant Asperger est réticent aux traitements de faveur. C’est la conséquence de son souci de normalité. Un enfant Asperger fera ce qu’il faut pour ne pas avoir droit à un traitement spécifique. Les enfants Asperger ne se considèrent pas comme fous, ni comme stupides, mais parfois comme défectueux, au même titre qu’une machine. Ils ont souvent une estime d’eux-mêmes ambivalente, qui alterne entre dépression et prétention. Ils peuvent refuser énergiquement d’être placés dans des institutions spécialisées, de subir un diagnostic ou de sauter des classes. Deux choses motivent généralement ces refus : la crainte de passer pour anormal, situation qu’ils cherchent à tout prix à éviter, et la crainte de devoir faire face à une situation nouvelle (rupture de leur routine). Un enfant Asperger déterminé est capable de rater volontairement ses tests de dépistage, ce qui rend les consultations en tête à tête en cabinet indispensables à l’établissement d’un diagnostic.
  • Les enfants Asperger peuvent développer une phobie de l’école, parce qu’ils sont souvent pris à parti par leurs camarades. S’ils ont un tempérament solitaire, ils peuvent devenir l’objet de brimades régulières. Les brimades sont relatées par plus de 75% des enfants Asperger. À cause de leur syndrome, ces enfants peinent à distinguer les actes amicaux des actes hostiles, et leurs camarades ne tardent pas à le comprendre et à en jouer. Leur tolérance parfois plus grande à la douleur peut inciter leurs camarades à leur infliger des sévices de plus en plus violents. Par ailleurs, les enfants Asperger victimes de brimades développent souvent des troubles anxieux et des phobies diverses liées à leurs traumatismes, qui sont autant de mécanismes visant à éviter le contact avec des bourreaux potentiels. On sait qu’un enfant Asperger, à cause de son syndrome, peine à saisir les motivations de ses pairs. Lorsqu’il est victime de brimades, cette situation devient autrement plus douloureuse, si bien qu’il ne tarde pas à assimiler l’ensemble des comportements qui lui paraissent étranges (et il y en a beaucoup) à des actes potentiellement hostiles. En conséquence, il n’est pas rare qu’un enfant Asperger développe une forme de paranoïa ou de phobie sociale.

Altérité

  • L’enfant Asperger a du mal à accepter que les actions de quelqu’un puissent être accidentelles ou délibérées. L’enfant Asperger est en effet conscient de sa maladresse avec les autres. Certains des enfants Asperger déploient des efforts considérables pour tenter d’être les plus normaux possibles, et font preuve d’une grande intolérance quand ils décèlent chez les autres ce qu’ils se refusent à eux-mêmes. Parce que leur vie tend à ne laisser aucune place à l’imprévu, ils n’acceptent pas facilement que les maladresses qu’ils décèlent chez les autres puissent être involontaires. Là encore, ils prêtent aux autres la même droiture que celle qu’ils s’imposent.
  • Il évalue toujours le comportement des autres à partir de son propre point de vue.
  • Il ne supporte pas la pluralité des opinions, et ne comprend pas qu’une situation puisse donner lieu à plusieurs réponses différentes et également acceptables. Il a notamment beaucoup de mal à accepter qu’une opinion différente de la sienne puisse être tout aussi valable. Lorsque plusieurs opinions coexistent, il tente au mieux de les concilier pour générer une opinion unique. Il ne s’explique pas que les autres n’aient pas la même tendance.

Solitude

  • L’enfant Asperger a une tendance marquée à résoudre ses problèmes seuls, et évite de demander de l’aide aux autres. Il a en conséquence tendance à faire régner sa propre loi et ses propres conceptions. Il s’en remet rarement aux adultes pour trancher un litige, appelle rarement à l’aide, et tente de se débrouiller seul avec plus ou moins de succès.
  • L’enfant Asperger peut développer une capacité à disparaître au sein d’un groupe, notamment à l’école. L’enfant considère, souvent avec raison, que s’il se comporte parfaitement et s’il ne commet aucun écart, le professeur et les autres élèves le laisseront en paix.
  • L’enfant Asperger a souvent besoin d’une solitude silencieuse dans la cour de récréation pour se ressourcer.
  • La chambre de l’enfant est considérée par lui comme son refuge. C’est un lieu sacro-saint.

Violence

  • Les enfants Asperger peuvent mimer les actions des enfants qui les harcèlent lorsqu'ils jouent avec des frères et soeurs plus jeunes à la maison. Toutefois, l'enfant peut ne pas être conscient qu'un tel comportement est inacceptable, et peut simplement imiter le comportement dont il a été l'objet dans ses relations avec ses camarades, ou répéter avec ses frères et soeurs les actes de harcèlement vécus à l’école, pour essayer de comprendre ce qui peut conduire quelqu'un à se comporter ainsi.
  • Les jeunes enfants Asperger peuvent manifester une violence précoce vis-à-vis de leurs proches, en réponse à des sons déplaisants ou à certaines contrariétés.
  • Selon Tony Attwood : « J'ai discuté des incidents de harcèlement durant l'enfance avec des adultes Asperger, et ai noté qu’ils avaient une difficulté considérable à comprendre pourquoi ils en étaient la cible si souvent, ainsi que les motivations des enfants qui les tourmentaient. Le principal moyen qu'ils utilisent pour tenter de le comprendre est de rejouer les évènements dans leur tête de manière répétitive. La personne revit, sans les résoudre, les injustices passées. Cela peut être une expérience quotidienne, même si les incidents se sont produit des décennies plus tôt. Alors que l'évènement se répète dans leur tête, les émotions qui lui sont liées sont à nouveau expérimentées. »

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La Sensibilité

Sensibilité auditive

  • L’enfant Asperger entend des bruits qu’il est le seul à percevoir. Cela peut être des ultrasons, le bruit généré par un téléviseur cathodique dont on a coupé le son, de la musique en provenance d’un autre appartement, des oiseaux sur le toit, une sirène au loin… Par ailleurs, l’enfant Asperger est très sensible aux variations de ces sons : il sait avant tout le monde que la machine à laver ne fait pas son bruit habituel, et qu’elle va tomber en panne. Il est en outre très doué pour imiter les divers sons de son environnement.
  • Intolérance au bruit et à certains sons. L’enfant Asperger a beaucoup de mal à penser et à s’exprimer en environnement bruyant. Il a tendance à se boucher les oreilles si l’environnement est trop bruyant, alors que les autres enfants ne manifestent aucune gêne. Un volume sonore élevé semble l’empêcher de penser et de parler. Certains enfants Asperger peuvent devenir très agressifs lorsqu’ils sont confrontés à certains sons agressifs, les plus courants étant les sons de perceuses et les sirènes.
  • Le raisonnement de l’enfant Asperger est souvent parasité par la musique et par les conversations. De la même manière qu’en environnement bruyant, un individu Asperger aura beaucoup de mal à se concentrer s’il est entouré par un certain type de musique ou par des conversations. Comme dans le cas des environnements bruyants, les conversations, même à voix basse, viennent en effet « parasiter » ses capacités de raisonnement.
  • Mémoire auditive supérieure à la moyenne. L’enfant Asperger peut avoir des facilités à se souvenir de morceaux de musique ou de conversations, qu’il peut restituer intérieurement ou à voix haute avec une très grande fidélité, comme s’il avait un baladeur dans la tête. Il peut mémoriser de nombreuses choses sans intérêt, tels que des messages publicitaires ou des jingles de radio. Lorsqu’il conteste une figure d’autorité, il peut résumer avec une grande précision l’ensemble de la conversation depuis son début, et s’en servir pour argumenter. Certains enfants Asperger peuvent en outre restituer un morceau de musique en chantant une à une les voix de chaque instrument. Ils sont très sensibles aux rythmes, qu’ils peuvent reproduire très facilement et avec une grande fidélité, et chantent généralement très juste.

Sensibilité gustative

  • L’enfant asperger n’aime pas certains aliments en raison de leur texture. Par exemple le gras de la viande, le croquant des légumes crus, la mollesse des légumes cuits, les textures sablées de certains biscuits…
  • L’enfant asperger n’aime pas certains aliments en raison d’une hypersensibilité au toucher. Par exemple, tel enfant refuse de manger des tomates cerises, parce que la première fois qu’il en a mangé, la tomate a explosé dans sa bouche. Le goût de la tomate n’est pas en cause : c’est la sensation de la tomate explosant dans sa bouche qui l’a traumatisé.
  • Certains enfants Asperger ont tendance à avoir un régime alimentaire étrange, et mangent toujours les mêmes aliments. Il est important que les parents se fassent violence pour parvenir à les faire manger le plus normalement possible, sans quoi ces enfants risquent de graves carences. Sans éducation parentale, l’enfant Asperger a tendance à inscrire son alimentation dans une forme de routine rituelle, qui perdurera à l’âge adulte.

Sensibilité visuelle

  • L’enfant Asperger peut être hypersensible à la lumière. La lumière peut l’indisposer soit directement (migraines, maux de tête, douleurs au niveau des yeux) soit indirectement : un environnement très lumineux révèle en effet les imperfections et détails cachés de nombreux objets, notamment la poussière et les traces de saleté. À cause de son hypersensibilité à ce genre de détails, l’enfant Asperger peut par exemple préférer les temps couverts ou les saisons mortes au soleil et à l’été. Il peut aussi être plus irritable en environnement lumineux.
  • L’enfant Asperger a des facilités à mémoriser les images, les dessins, les schémas et les textes. Il peut les restituer intérieurement ou par écrit. Les représentations schématiques sont particulièrement adaptées aux enfants Asperger, parce qu’elles sont plus proches de leurs représentations mentales que les descriptions textuelles ou linéaires. C’est la raison pour laquelle même si la plupart des enfants Asperger sont naturellement doués pour le raisonnement et les mathématiques, les méthodes d’enseignement courantes, basées sur la linéarité du langage mathématique, ne leur sont pas adaptées. Ces enfants peuvent en conséquence avoir des résultats médiocres dans des matières pour lesquelles ils sont pourtant très doués.
  • L’enfant Asperger remarque d’infimes détails visuels, et à une tendance à voir les parties au lieu du tout. Par exemple, s’il regarde une photographie, un ou deux détails de la photo focaliseront toute son attention. S’il regarde un meuble, son attention sera automatiquement attirée par ses différentes parties (les pieds et la planche dans le cas d’une table). Il décompose intuitivement ce qu’il voit, et peine à avoir une vision globale d’une scène.
  • L’individu Asperger est naturellement enclin à identifier des motifs récurrents. C’est notamment le cas s’il observe un papier-peint ou un tissu avec des motifs répétitifs. L’on sait maintenant que le très jeune enfant Asperger a une tendance naturelle à repérer les motifs répétitifs, et qu’ils focalisent toute son attention, au détriment de la scène dans sa globalité. Le même phénomène peut être observé plus tard en rapport avec les nombres (suites récurrentes et relations entre chiffres) et les sons (variations d’un même air, règles de modulation typiques d’une époque ou d’un style, éléments rythmiques récurrents…)
  • Le jeune enfant Asperger peut avoir eu tendance à rester hypnotisé de longues minutes par un objet en mouvement, tel qu’une roue de voiture, un manège, ou un ventilateur tournant lentement. Plus tard, l’enfant Asperger expérimente la même fascination pour le mouvement des astres, les mouvements mécaniques, et plus généralement les phénomènes cycliques et rythmiques (qui sont une part importante de la musique et des mathématiques).

Sensibilité tactile

  • L’enfant Asperger peut être hypo- ou hyper-sensible à la douleur. Il peut par exemple ne remarquer qu’il s’est coupé qu’au moment où il aperçoit un peu de son sang, ou au contraire ne pas supporter le plus petit effleurement.
  • L’enfant Asperger ne supporte souvent pas le contact de certains matériaux avec sa peau. Cela peut concerner des types de tissus précis, tels que la laine ou le nylon, mais aussi certains types de vêtements (pantalons, cagoules…). L’enfant Asperger se plaint de sensations douloureuses lors du contact avec sa peau, de sensations d’irritation, de piqûres, de démangeaisons ou de picotements. Souvent, il invoque ce motif pour expliquer le fait qu’il ne puisse pas rester immobile plus de quelques secondes.
  • L’enfant Asperger ne recherche pas le contact physique. L’enfant ne recherche pas les câlins maternels. Il est réticent au toucher, et peut sursauter ou avoir l’air agressé lorsqu’on le touche sans le prévenir. Il peut réagir violemment aux contacts soudains.

Autres éléments notables

  • Les enfants Asperger supportent généralement mal la chaleur.
  • Ils ont tendance à présenter une peau plus sèche que la normale.

Références:
- Textes Marin Bernard -marin@olivarim.com « Symptomatique du syndrome d'Asperger chez l'enfant ». Avec quelques citations de Tony Attwood (extraits traduites de The complete Guide to Asperger’s Syndrom).

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