Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
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DEPECHES SPÉCIALISÉES

 

25. NEUROSCIENCES

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NOUVELOBS.COM | 22.01.2009 | 18:40

L’imagerie fonctionnelle permet de voir l’activité cérébrale en temps réel, grâce à la mesure du flot sanguin. Cependant, dans certains cas, ce n’est pas ce que fait le cerveau mais ce qu’il va faire que l’on observerait ainsi.

L’imagerie fonctionnelle par résonnance magnétique (IRMf) a révolutionné les neurosciences en permettant d’observer en temps réel l’activité cérébrale d’une personne. Cela permet de savoir précisément quelles zones du cerveau sont mobilisées pour telle ou telle tâche. L’IRM mesure l’afflux sanguin dans le cortex, afflux corrélé à l’activité des neurones à proprement parler. Pour résumer, l’utilisation de l’IRM repose sur le fait que le sang va là où les neurones s’agitent et ont besoin de carburant.

Cette corrélation ne serait pas toujours exacte, suggèrent aujourd’hui des chercheurs dans la revue Nature. Une expérience menée sur deux singes rhésus montre que l’anticipation d’une tâche peut entraîner un afflux de sang dans une partie du cerveau sans qu’il y ait une activité neuronale importante.

Aniruddha Das et Yevgeniy Sirotin, de l’université de Columbia (New York), ont soumis deux singes à une tâche visuelle : ils devaient fixer pendant plusieurs secondes un point lumineux apparaissant sur un écran. La réussite était récompensée par un jus de fruit. Lorsque l’expérience avait lieu dans une pièce éclairée, l’activité neuronale (impulsions électriques mesurées par des électrodes) et la circulation sanguine (filmée par une caméra via une ‘fenêtre’ dans le crâne) du cortex visuel coïncidaient.

En revanche, lorsque les singes étaient placés dans le noir, attendant de voir le signal lumineux sur l’écran, l’activité neuronale était plate, tandis que l’afflux sanguin demeurait dynamique. Cet afflux résulterait d’une anticipation de la tâche, suggèrent les auteurs.

Ces résultats ne remettent pas en cause l’ensemble des travaux menés avec l’IRM fonctionnelle, précise Das, mais invite les chercheurs à en tenir compte lors de la conception des leurs expériences ou de l’interprétation des résultats.

Cécile Dumas

Sciences-et-Avenir.com
22/01/09