Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
www.rvd-psychologue.com

BIBLIOGRAPHIE

Inscription à la Newsletter

 

DEPECHES SPÉCIALISÉES

2. CERVEAU - MATHS.

Le poids des stéréotypes.

NOUVELOBS.COM | 12.06.2008 | 21:08

Les femmes sont sous-représentées dans les sciences physiques ou mathématiques. Considérer cet état de fait comme le résultat d’une différence génétique entre les deux sexes ou comme le résultat de mécanismes sociaux et culturels n’est pas anodin. Cela peut avoir des effets sur les performances des filles dans ces domaines, selon une étude menée par deux chercheurs canadiens.

Steven Heine et Ilan Dar-Nimrod (University of British Columbia) ont voulu savoir dans quelle mesure la perception du stéréotype influençait les capacités des femmes en mathématiques. Il a déjà été montré que les femmes afro-américaines ont de moins bons scores aux tests d’intelligence lorsque leur origine ethnique est soulignée. Cela est dû à la peur de rater et de renforcer les stéréotypes qui crée un stress supplémentaire.

Plus de 200 femmes ont planché sur un devoir de mathématiques en deux parties avec, au milieu, un exercice de compréhension de texte qui parlait des différences entre les sexes. Les chercheurs ont testé quatre essais : le premier expliquait la supériorité des performances masculines en maths par la génétique, le second par les circonstances sociales et culturelles. Un troisième essai niait les différences de performance entre les deux sexes, le quatrième parlait de la supériorité du sexe masculin en maths sans donner d’explication.

Les chercheurs ont constaté que les moins bons devoirs de maths ont été réalisés par les femmes qui avaient le premier et le quatrième texte. Les femmes qui avaient lu que l’écart était culturel et non naturel avaient de meilleurs résultats.

Il est difficile de dire s’il existe une différence innée entre les capacités des filles et des garçons en mathématiques, soulignent les deux auteurs de l’étude. La question est délicate. Quoi qu’il en soit, il faut être prudent avec l’interprétation des travaux sur la génétique ou la biologie, plaident Heine et Dar-Nimrod dans la revue Science (20 octobre). Ces interprétations peuvent en effet renforcer les stéréotypes et de ce fait augmenter l’écart entre filles et garçons.

Un message que les deux auteurs adressent à l’ancien directeur de l’Université de Harvard, aux Etats-Unis, M. Summers, qui avait fait scandale l’année dernière en parlant des différences innées de capacités entre hommes et femmes pour expliquer que ces dernières étaient peu nombreuses dans certaines disciplines scientifiques.

Cécile Dumas
(23/10/06)