Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
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BIBLIOGRAPHIE

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DEPECHES SPÉCIALISÉES

10. ADDICTION

L’alcool grignote la mémoire.

Les personnes souffrant d’alcoolisme chronique, en dehors du syndrome amnésique spécifique de korsakoff, présentent également des troubles plus ou moins graves des différentes composantes de la mémoire.

Les médecins pensaient que l'alcoolisation chronique ne présentait pas d'effet toxique sur la mémoire sauf dans le cas d’un syndrome de Korsakoff. Une complication grave qui ne touche heureusement qu'une faible proportion de patients alcooliques et survient principalement en cas d'association avec une importante carence en une vitamine, la thiamine.

Des travaux de chercheurs de l’Inserm, publiés dans l'édition de juillet de Alcoholism : Clinical and Experimental Research, démontrent que les patients alcooliques, qu'ils présentent un syndrome de Korsakoff ou non, ont des troubles similaires de la mémoire, à différents degrés. Il s'agit à la fois de perturbations de la mémoire épisodique (celle qui permet de se remémorer des événements, de se projeter dans l'avenir) et de la mémoire de travail (qui permet, par exemple, de se souvenir d'un numéro de téléphone juste après l'avoir regardé).

Sachant qu'en France deux millions de personnes sont alcoolo-dépendantes, et qu'actuellement lors des sevrages on ne prend pas nécessairement en compte les troubles cognitifs des patients s'ils ne sont pas touchés par le syndrome de Korsakoff, les chercheurs estiment indispensable la mise en place d'une évaluation neuropsychologique systématique des patients alcooliques. Le dépistage de ces troubles permettrait d'améliorer les prises en charge, et d'éviter l'évolution vers l'amnésie.

Joël IGNASSE
Sciences et Avenir.com
27/05/2008