Article n°1 :
La
pyromanie
Un trouble de l’impulsion
qui pourrait être actuel ? 
Considéré comme un
trouble du contrôle des impulsions, la pyromanie se manifeste
généralement pendant l’adolescence ou au début
de l’âge adulte.
Plus commune chez les hommes, elle
a comme caractéristique principale le besoin irrépressible
de mettre le feu.
Les pyromanes ont depuis leur enfance une fascination pour le
feu, sa vue leur procure un plaisir intense : intérêt,
curiosité, attirance pour le feu lui même et pour
tout ce qui s'y rapporte, jusqu'à l’allumage délibéré
et réfléchi d'incendies, et ceci de façon
répétée.
Fascinés par tout ce qui fait
référence au feu, les pyromanes peuvent être
des collectionneurs d’objets, des amateurs de conférences
et de discussions s’y rapportant. Plusieurs spécialistes
du trouble sont formels en évoquant que parmi les pompiers
volontaires on trouve beaucoup de pyromanes.
Ce trouble peut aussi avoir le caractère
symbolique d’une perversion où le désir de
mettre le feu manifeste de fortes pulsions agressives inconscientes
liées au symbolisme sexuel du feu et de la flamme.
Chez les pyromanes le passage à
l’acte a ceci d’essentiel, c’est qu’il
est planifié. Par ailleurs, souvent ces personnes peuvent
se comporter de façon héroïque (au risque de
leur propre vie) pour venir en aide aux victimes, voire donner
l’alarme et même éteindre le feu; mais aussi
ils peuvent simplement contempler leur fait.
Mécanisme
Cognitif : Le pyromane est en quelque sorte dans
un état second de dépersonnalisation, tel qu'il
doute parfois du fait accompli. Avant l’acte il a un sentiment
croissant de tension et d'excitation, excitation qui monte rapidement
jusqu'à « son apogée » en quelques minutes,
parfois en quelques heures. Au début du processus l’individu
offre une résistance à l’impulsion, mais à
un certain niveau, la résistance se casse, et il passe
à l’acte; une détente, un certain soulagement
et même le sentiment d’une gratification accompagnent
ce moment. Le pyromane éprouve un plaisir inouï, à
contempler ces incendies ou à participant aux événements
qui en résultent. Cette impulsion ne répond à
nul autre besoin, le feu n'est pas allumé pour un bénéfice
commercial, ni pour améliorer ses conditions de vie, ni
pour manifester une idéologie sociopolitique, ou cacher
une activité criminelle, ni même pour exprimer colère
ou vengeance, ni en réponse à des idées délirantes,
à des hallucinations ou à un trouble du jugement.
Par la suite et ceci de façon générale, il
n’est pas affectés par les conséquences de
ses actes : dommages, blessures ni même par les décès.
Le pyromane dans très peu de cas éprouve de la culpabilité,
de la honte ou des regrets par rapport à l'acte accompli.
La Pyromanie et les autres Pathologies
:
Il est important de distinguer le pyromane du criminel incendiaire
ceci est particulièrement important pour les suites judiciaires.
Pour les distinguer il existe des critères diagnostiques
du DSM - IV de la American Psychiatric Association a partir d’un
expertise psychologique.
Ces critères DSM-IV pour la
pyromanie consistent dans la présence d’un ensemble
d’éléments : existence de plusieurs passages
à l’acte volontaires est prémédités;
tension et excitation précédant l’incendie;
sentiment de plaisir et gratification lorsque l’incendie
est allumé.
N’est pas considéré
comme pyromane l’individu qui a des troubles de la conduite,
ou un épisode maniaque - bipolaire, ou des hallucinations,
ou encore s’il a une personnalité antisociale ou
s’il a agi sous l’emprise de substances.
Par ailleurs des tendances pyromanes
se manifestent assez souvent dans le comportement des malades
mentaux. Mais il s’agit là d’une manifestation
antisociale plus fréquente en milieu rural, mais qui s’étend
en milieu urbain, notamment par des incendies de voitures.
Il s’avère important
de signaler les impulsions inconscientes et amnésiques
des épileptiques, les réactions agressives des arriérés,
les actes de vengeance délirants. Mais c’est surtout
parmi les déséquilibrés psychopathes et alcooliques
que se recrutent le plus grand nombre d’incendiaires. Souvent
au cours d’ivresses plus ou moins pathologiques que ces
sujets mettent le feu ou obéissent tout à la fois
à un aveuglement ou à une vengeance.
Traitement :
La pyromanie peut avoir des conséquences dramatiques autant
pour la personne souffrante comme pour son entourage. Le traitement
de la pyromanie peut combiner la médication et les thérapies
comportementales et cognitives.
Origine des feux de forêts
en France (de 1973 à 1990).
Nombre total de feux : 53 643 dont enquêtes
30 484.Causes inconnues 20 830, connues 13 651.
Accidentelles
2 808 dont : foudre 735, lignes EDF 515, chemin de fer
201, échappement de véhicule 130, dépôts
d'ordures autorisés 648, clandestins 165, autres
installations 130, reprises d'incendie 284.
Malveillance 2 399.
Imprudences 7 401 dont
: travaux en forêt 2 377, agricoles 2 888, jeux
d'enfants 575, emploi d'un réchaud 52, feux de
bois en forêt (loisirs) 163, jets de mégots
d'un véhicule 311, fumeurs à pied 308, autres
727.
Causes
des feux :
Non déterminée : 55 % (concerne
33 % de la surface parcourue).
Naturelle : 2,3 % (2 % de la surface
brûlée).
Malveillance : 5,9 % (10 % des surfaces).
Accidentelle : 36 % (55 % de la surface
brûlée ; en % : feux, travaux agricoles 25,
incinération travaux forêt 22, train et véhicule
routier 16, activité de loisir 5, distribution
électrique 5, dépôt d'ordures 5, reprise
de feux 2, autres 20).
Moyenne
décennale 1985-1994.
Causes (en 1997, en %) : naturelle 3,
accidentelle 8, malveillance 36 (dont conflit 14, intérêt
13, pyromanie
71), involontaire 39 (dont travaux 74).
Référence : Origine des feux en France.
www.quid.fr
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Ruby
Villar-Documet