Zone de Texte: Clinique  L'ARTICLE DU MOIS

 

Article N°6

Les Phobies et l'émétophobie

 

 

 

Qu'est ce que la phobie ? 

 

Le terme phobie, du grec ancien phobos (φόβος), désigne un ensemble de troubles psychologiques axés sur une entité extérieure capable de susciter une peur irrationnelle. Il s’agit d’ une crainte angoissante spécifique "déclenchée par un objet ou une situation n'ayant pas en eux-mêmes un caractère dangereux, disparaissant en dehors de l'objet ou de la situation, ce qui entraîne des conduites d'évitement caractéristiques, au delà du contrôle volontaire, bien que le malade soit conscient du caractère absurde de sa crainte. "

Le « phobique » vit dans la crainte constante d’une nouvelle panique: "c ’est un cercle vicieux infernal".

Les Traits généraux du Patients sont timidité, effacement, réserve, hyper - émotivité, anxiété prédominante.

 

 

Hypothèses étiologiques :

 

● Génétique -

Certaines théories supposent qu’il existe une composante organique (présente dans toutes les cultures) avec une prédisposition biologique pour expliquer la grande sensibilité à certains stimulus particuliers. Ainsi une personne atteinte de phobie naîtrait avec un patrimoine phobique qui serait transmis de génération en génération. En effet il existe des phobies communes à l'homme, quelle que soit la latitude sous laquelle il vit; ainsi tous les enfants dans le monde craignent le noir, la séparation d'avec leur mère…De plus certaines peurs, comme celles des serpents, du vide, de l'obscurité, de l'eau…existeraient en nous à l'état latent. Une expérience célèbre consistant à placer un bébé sur une plaque de verre montre combien l'enfant a peur du vide sans jamais avoir fait encore la moindre chute.

Selon l'anthropologue Seligman (1873-1940) des "réactions/comportementales" innées montrent chez l'animal comment certaines espèces se méfient instinctivement de leurs prédateur avant même de les avoir rencontrés ; ce même type de réactions serviraient chez l’homme à le prémunir contre les dangers, à partir d'une sélection naturelle.

On trouve aussi le plus souvent dans les phobies, une origine psychologique (intrapsychique et inconsciente) et, parfois, un facteur familial. Dans ce dernier cas, on peut parfois retrouver "un type de phobie" fréquente dans certaines familles, ce qui appuie la thèse de la possibilité d'un facteur génétique impliqué. La question est de savoir dans ce cas là, si cette fréquence plus élevée est due à l’hérédité ou plutôt au fait d’avoir grandi avec d’autres personnes anxieuses, celle-ci demeure toujours ouverte.

Des études ont révélé qu’en général, les personnes ayant une phobie sociale ou une agoraphobie ont vécu un éclatement familial, ont éprouvé de la timidité, ou encore n’ont eu que peu de relations amoureuses et n’ont pas été encouragés par leurs parents à développer leurs relations sociales.

 

● Psychanalytique -

Parmi les divers approches psychologiques, ce sont les psychanalystes, et particulièrement Sigmund Freud, qui ont été pendant longtemps les seuls à se pencher sur le problème des phobie ; ils ont puisé dans l'inconscient de leurs patients et dans leurs pulsions les causes de leurs terreurs. La phobie est alors le produit d'un compromis agissant par un déplacement de représentations, d'un objet significatif aimé et haï, à un objet moins significatif mais chargé de peurs.

Le cas particulièrement célèbre est sans doute celui du petit Hans, relaté par Freud dans son Analyse d'une phobie chez un petit garçon de cinq ans (1909). En fait, Freud a rencontré l'enfant une seule fois et celui-ci a été plutôt analysé par son père médecin (disciple de Freud) convaincu par la théorie du maître. – Ce garçon depuis l’âge de trois ans été tiraillé entre l'amour qu'il éprouve pour sa mère, et l'agressivité qu'il ressent à l'égard de son père, en tant qu'obstacle à son désir pour sa mère. On trouve ici la relation triangulaire du complexe d’œdipe…jusque là. Or ce petit garçon deviendra le spectateur d'une scène banale : il voit un cheval uriner, mais en même temps il est frappé par la taille du sexe, du "fait-pipi" de l'animal. Quelque temps après vient se juxtaposer à cette vision celle de la chute d'un cheval tombé "comme mort" dans une rue de Vienne… C'est à ce moment-la que se déclenche la phobie de Hans. Il a peur d'être mordu par un cheval.

- Hans, témoin de ces deux spectacles de la vie au moment où il est déchiré par son conflit intérieur, conjugue l'image des deux chevaux avec celle de son père. Il associe la première au pénis de son père qui est grand et puissant comme le cheval. Il unit la seconde à son désir de se débarrasser de son père pour lui prendre sa femme et la garder pour lui tout seul. – Mais Hans sait, malgré son jeune age, que ses sentiments sont coupables. Il se met alors à avoir peur du châtiment. Dès lors il expulse de sa conscience les véritables raisons de sa peur, à savoir la haine de son père et la redoutable punition à laquelle ce sentiment l'expose. Il va déplacer sa terreur sur des animaux qui symbolisent son père : les chevaux.

  • Hans a donc converti le danger interne, la castration que son père aurait pu lui infliger en raison de ses sentiments pour sa mère -danger qu'il double d'une habitude d'onanisme (masturbation)-, en danger externe, moins terrorisant, car il laisse des périodes de repos quand Hans ne se trouve pas au contact des chevaux. De plus cela lui permet de continuer à mériter l'amour des parents.

Il y a donc phobie quand le Moi est menacé d'un danger. Alors l'angoisse précède et provoque même le refoulement, l'expulsion de la conscience de la véritable raison de la peur. La phobie aurait donc pour rôle de diminuer l'angoisse. En d'autres termes, la personne, effrayée par ses pulsions sexuelles, tiraillerait ces pulsions par un conflit intérieur, elle se réfugierait dans une peur externe moins dangereuse et plus acceptable par le Moi et par le Surmoi, gendarme de la morale.

 

● Cognitivo-comportementale -

Pour les tenants des théories de l'apprentissage et les psychologues cogniticiens la phobie est un comportement appris et renforcé au cours de la vie du patient, soit de manière directe (être mordu par un serpent, par exemple), soit de manière indirecte en observant les réactions de douleur ou de peur d’un autre individu .

Souvent la phobie pourrait aussi naître d’une peur conditionnée, c’est-à-dire de l’association entre un stimulus menaçant et la présence d’un objet neutre qui acquiert ainsi progressivement une connotation dangereuse. Ainsi dès les années 1920 on a démontré la théorie du conditionnement : on a "mis en conditions" un enfant afin qu'il prenne peur d’un inoffensif rat de laboratoire simplement en lui faisant entendre un son déplaisant à chaque fois que le rat était près de lui. Aussi ce phénomène expliquerait entre autre le caractère irrationnel d’une phobie, puisque la personne pourrait difficilement se souvenir de l’événement fondateur d’une peur conditionnée qui s’établit souvent à son insu.

 

 

Diagnostic différentiel entre la peur et la phobie :

 

 


Caractéristiques

 Peur

 Phobie


 Stimulus potentiellement dangereux  

Oui

Non

 

Conduites d'évitement

 

Non

Oui

 

Réaction proportionnée au stimulus

 

Oui

Non

 

Raisonnement logique

 

Oui

Non

 

Contrôle volontaire

 

Oui / Non

Non

 

Anxiété anticipée

 

Oui / Non

Oui

Durée

Ponctuelle

 

Maintenue

 

 

 

Diagnostic – Critères DMS IV :

La phobie se caractérise par une peur irrationnelle et majeure en présence du stimulus phobogène, pouvant évoluer vers une attaque de panique si l'évitement n'est pas possible. Les phobies ne deviennent des "pathologies" que lorsqu'elles entraînent une souffrance importante chez le patient, et une détérioration de sa qualité de vie. Elles deviennent alors invalidantes de par les symptômes en présence du stimulus phobogène, et de par les stratégies que doit mettre en place le patient afin de les éviter.

"Certaines phobies n'ont aucune composante psychologique, mais sont des réactions à des stimuli physiquement insupportables en raison d'un état médical particulier :

  • Photophobie, crainte de la lumière, un des symptômes possibles de la méningite.
  • Hydrophobie, crainte de l'eau, désigne dans le cas d'un patient atteint de rage l'impossibilité à avaler les liquides, dans la mesure où ceux-ci entraînent un spasme laryngé."

Toutefois, avant de poser le diagnostic de phobie, ont doit s'assurer de l'absence d'autres facteurs, comme par exemple l'hyperthyroïdie qui peut entraîner des crises d'anxiété, la prise de psychotropes, etc.

 

 

Critères diagnostiques du DSM IV

Le DSM IV donne les critères de diagnostique suivant pour les phobies non spécifiques (classement 300.29)

  • Crainte marquée et persistante, excessive ou peu raisonnable, déclenchée par la présence ou l’idée anticipative d'un objet ou d'une situation spécifique (par exemple : vol en avion, hauteurs, animaux, recevoir une injection, voir du sang).
  • L'exposition au stimulus phobique provoque presque invariablement une réponse immédiate d'inquiétude, qui peut prendre la forme soit d’une crise de panique liée à la situation, soit, d’une prédisposition à une telle crise.

Note : Chez les enfants, l'inquiétude peut être exprimée en pleurant, par de la mauvaise humeur, par de la rigidité, ou en se cramponnant.

  • La personne admet que la crainte est excessive ou peu raisonnable.

  • Note : Chez les enfants, cette caractéristique peut être absente.
  • Les situations phobiques sont évitées, ou bien, sont supportées avec une inquiétude ou une détresse intense.
  • L'évitement, l'anticipation anxieuse ou la détresse dans la situation redoutée interfère de manière significative avec le quotidien normal de la personne, avec son fonctionnement professionnel (ou scolaire), avec ses activités et rapports sociaux ; ou il y a une détresse marquée due au fait d’être sujet à la phobie.
  • Pour les personnes de moins de 18 ans, la situation perdure depuis au moins 6 mois.

Il faut que l'inquiétude, les crises de panique ou l'évitement phobique liées à l'objet ou à la situation ne s’expliquent pas mieux par un autre trouble mental. Cet autre trouble pourrait être le Trouble Obsessionnel Compulsif (par exemple, crainte de la saleté de quelqu'un, avec une hantise de contamination), un trouble post traumatique (par exemple, l’évitement des stimuli liés à un facteur de stress), un trouble d'inquiétude de séparation (par exemple, évitement de l'école), une phobies sociales (par exemple, action d'éviter des situations sociales en raison de la crainte de l'embarras), une panique avec l'agoraphobie, de l'agoraphobie sans antécédent de panique.

 

 

Classification :

La psychopathologie divise les phobies en trois catégories –

1- Les "Phobies Spécifiques" ou Phobies Simples, qui sont déclenchées par un objet externe : avions, araignées, etc Elles sont souvent négligées par l'entourage et même parfois tournées en ridicules, elles peuvent être source de détresse psychologique majeure, et dans certains cas d'un impact sérieux sur la qualité de vie (phobie des transports, phobie des animaux, phobie des phénomènes naturels…).
La plupart de ces phobies représentent un état extrême d’un sentiment normal : par exemple la phobie des avions représente une sur-amplification de la sensation d’appréhension naturelle que tout le monde ressent lors d’un décollage. Il faut aussi signaler que les symptômes ressentis lors de la confrontation à l’objet ou la situation phobogène (celle qui déclenche la peur) varient fortement d’un sujet à l’autre; dans les cas extrêmes une "attaque de panique" peut être déclenchée : malaise général, sensation de mort imminente, tachycardie, sueurs, etc. Dans tous les cas, les sujets frappés de phobie spécifique sont conscients de l’irrationalité de leur peur, et en souffrent.

2- Les Phobies sociales, où la peur d’interagir avec les autres, de réaliser certaines actions devant d’autres personnes, par exemple de "p arler en public à des gens connus", ou encore l'éreutophobie (peur de rougir).

3- L’Agoraphobie, c’est-à-dire la peur de quitter son environnement proche et de se retrouver dans un endroit dont il serait difficile ou gênant de s’extraire.
Les phobies vis-à-vis des maladies, comme la cancérophobie (peur du cancer) ou la nosophobie (peur des maladies en général), sont en principe des formes d'hypocondrie et non des Phobies Spécifiques ou simples. Néanmoins, certains classements rangent la peur d'être contaminé dans les phobies simples, et celle d'être déjà malade dans l'hypocondrie.

 

Épidémiologie :

Dans les troubles anxieux, les phobies sont les formes les plus fréquentes.

Entre 5 à 25% de la population générale souffre de phobie(s); elles représentent la pathologie psychiatrique la plus fréquente chez les femmes, et la 2 e en fréquence chez les hommes.
"Une étude réalisée en Suède indique que les phobies spécifiques apparaissent plus tôt que les phobies sociales : autour de 7 ans pour les phobies animales, de 9 ans pour la phobie du sang ; la claustrophobie se distingue par un âge moyen d'apparition beaucoup plus tardif, proche de celui de l'agoraphobie (20 ans)".

● Des différents Phobies, les Phobies Spécifiques semblent être les plus fréquentes   :  

Voici le tableau suivant (Bourdon / Journal of anxiety disorders, 1988, 2, 227-241) qui reprend les principales phobies et leur ordre de fréquence chez les hommes et chez les femmes. Ainsi les Phobies Spécifiques ou Simples apparaissent comme les plus courantes, elles concernent 6 à 7% de la population   

   

Femmes

Hommes

 

Phobies

 

Type

1

2

Insectes, souris, serpent

 

Phobie simple

 

2

1

Hauteurs

 

Phobie simple

 

3

5

Transports en commun

 

Agoraphobie

 

4

6

Etre dans l’eau

 

Phobie simple

 

5

11

Orages

 

Phobie simple

 

6

3

Etre dans la foule

 

Agoraphobie

 

7

4

Autres peurs

 

Phobie simple

 

8

8

Claustrophobie

 

Phobie simple

 

9

10

Tunnel et ponts

 

Agoraphobie

 

10

9

Parler en public à des gens connus

 

Phobie sociale

 

11

14

Sortir dehors seul

 

Agoraphobie

 

12

13

Rester seul

 

Agoraphobie

 

13

15

Rester près d’un animal dangereux ou non mais qui ne peut vous atteindre

 

Phobie simple

 

14

7

Parler à des gens inconnus

 

Phobie sociale

 

15

12

Manger avec des gens connus ou en public

 

Phobie sociale

 

 

 

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Qu'est ce que l'Emétophobie ? 

Le terme émétophobie (vient du grec emein vomir) il s'agit d'une phobie liée au dégoût maladif, incontrôlable et irraisonné du vomi. Les personnes victimes de ce mal ne veulent pas en parler, considérant ce sujet comme "tabou", elles se sentent envahies par une " émotion extrêmement puissante".
Le dictionnaire le définit comme une "crainte morbide de vomir".
La peur de vomir est un trouble dont on entend très peu parler cependant c'est une phobie que touche un nombre importante de personnes de tous les âges, principalement les adolescents et les adultes.
Les personnes malades d'émétophobie se replient sur eux-mêmes s'interdisant la socialisation et évitant certains actes essentiels à la vie, en fait les malades ont peur de tous les événements qui peuvent entraîner l'action de vomir : ils évitent les transports, les aliments à risque (fruits de mers notamment), les "réunions arrosées", la foule; les sport de combat; ils ne sont pas à l'aise quand une personne lit dans une voiture à côté d'eux ; ils ne se sentent pas bien quand ils voient quelqu'un vomir, que ce soit en face d'eux ou à l'écran (télévision ou cinéma), etc .

Les personnes souffrant d'émétophobie se sentent seules et incomprises : "cette terreur nous accompagne pas à pas dans notre quotidien, quoi que nous fassions, où que nous allions, avec qui que nous soyons. Ce calvaire, nous le vivons contre notre volonté. Il est plus fort que tout, plus fort que nous…." Les personnes ainsi atteintes ont besoin d'être soutenues et traitées pour guérir ou pouvoir gérer leur phobie (en acceptant le fait qu'elle ne disparaîtra pas complètement, mais suffisamment pour qu'on puisse vivre avec) …Cependant; le plus suivant, l'entourage nie le problème, refuse de l'accepter.
 L'émétophobe vit dans la crainte constante d’une nouvelle crise; "c'est un cercle vicieux infernal".

Dans le but de calmer les nombreuses crises d'angoisse, cette phobie s'accompagne aussi de rites : phrases / prières / gestes.

  

A l'Origine :

 

Dans un cadre conceptuel phénoménologique, l'émétophobie peut être liée à un évènement anodin qui peut déclencher le dégoût , ou liée à un fort traumatisme, qui peut être un viol ou un abus sexuel antérieur.
L'angoisse de l'évènement vécu se "focalise" sur le vomi et le fait de vomir.

La "fixation" de l'objet de la phobie (qui est le choix du vomi) est la résultante des opérations cognitives faites pendant et après "l'évènement particulier".

Cette phobie touche aussi bien les hommes que les femmes, et la détresse psychologique et l'isolement qu'elle crée sont souvent sous-estimés, puisque personne n'aime "véritablement vomir"; mais dans le cas de l'émétophobie, ce n'est pas seulement une question de dégoût passager, mais bien une véritable obsession quotidienne. – lire au début du texte les «  Hypothèses Etiologiques de la Phobie ».

 

L'évolution de l'émétophobie (texte sur un témoignage commenté ) :

 

 

Voici un être collé à l’arbre de "l'émetophobie", avec comme branches les inépuisables associations erronées, et comme feuilles, les "règles de vie" qui découlent des branches … et qui semblent pouvoir se multiplier a l'infinie.

 

Etape 1

…" Je ne sais pasà quel moment tout ceci est arrivé, ni quel est le jour où je suis devenu émétophobe; je sais seulement qu'il y a eu une période de ma vie difficile et mouvementée, entre les disputes hurleuses de mes parents, les litiges pour la garde parentale, les entretiens avec les psychologues, les….. et moi tiraillé même parfois au corps entre mon père et ma mère; dans tout ça je sentais que je n'avais pas ma place, en plus je devais être très discret, jouer ou exister en silence, le moindre bruit réveillait des tensions, des cris, des menaces. j'avais 5 ans quand ma phobie est arrivée entre « crise et panique » mais dans le silence.. aujourd'hui j'ai 23 ans.. "  

Un événement particulier (différent pour chaque être) survient dans une période de la vie où la personne est à la fois fragile et réceptive… cet événement engendre une angoisse. Cet événement qui peut n'être pas forcément traumatisant en lui-même, le devient par suite des circonstances, de la situation qui l'entourent, et des liens inconscients avec le symbolisme donné par la personne.

Etape 2

… « Ma première angoisse : comme un nœud dans la gorge, d'un coup j'ai eu l'image du vomi quand j’ai essayé de mettre un pied par terre… et la terreur m'a envahi : nausées, transpiration, tremblements, difficultés à respirer. Je me dis aujourd'hui que cela a dû durer quelques secondes ou minutes (moins de temps que la chanson que ma mère avait prise à la radio afin de mieux me réveiller) mais à ce moment là, le temps me semblait une éternité….. j’ai pleuré, j’ai tremblé, j’avais peur … et tout cela était tellement étrange que je ne pouvais même pas parler….ainsi je n'ai rien raconté à personne. Ma nounou est arrivée, maman est partie travailler… je me suis caché sous ma couverture pour me protéger… Cela s’est répété encore peut être quelques jours ou une semaine plus tard presque sous les mêmes conditions».

L'angoisse de l'évènement vécu se « focalise » sur le vomi et le fait de vomir.

La "fixation" de l'objet de la phobie (le choix du vomi) est la résultante des opérations cognitives effectuées pendant ou après "l'évènement particulier".

Etape 3

«Mon appétit s’est vu perturbé (après ces faits) ; surtout la nuit, j’avais peur de vomir »

 « Un jour je suis allé au cinéma avec papa voir un film de dessins animés, j'ai vu le loup vomir, je me suis senti littéralement plaqué sur mon siège, j’ai tremblé et transpiré jusqu'à mouiller mes vêtements…. Enfin j'ai fini pour parler à mon père, il m'a dit que ce n'états rien, que peut être j’avais dû mal digérer mon déjeuner ; j’avais honte, je ne lui pas dit qu’il ne s’agissait de la première fois… »  

« J’avais peur de vomir et j’avais honte ; ainsi à la maison, le fait de jouer toujours seul m'exposait moins à la critique ou au regard de mes parents ou des autres, je restais silencieux, je pleurais de peur mais je ne parlais plus de vomi. L’angoisse ne vivait pas tout le temps avec moi, j’avais encore des moments libres sans phobie, sans angoisse ».

Etape 4

« Au fur et à mesure que le temps passait, d’autres lieux d'angoisses m’ont gagné : les week end avec mes parents, j'avais peur d'aller au restaurant et de manger quelque chose que me fasse vomir; après c’était la cantine ; après à l'école, j’avais peur d’être bousculé à la recréation et de vomir ; j’avais aussi peur d’autres enfants, il y'avait toujours quelqu’un de malade ».  

« Ma scolarité états devenue difficile et je cherchais toujours des prétextes pour ne pas aller à l’école, jusqu'à m’inventer une douleur. Au début ça « a marché », par la suite mes parents m’ont amené voir un médecin qui a conclu qu’il ne trouvait rien d’anormal ; mais il néanmoins il a fait faire quelques examens, lesquels ont confirmé son diagnostic ».  

« Terrorisé par la situation, honteux et en pleurs, j’ai raconté alors à mes parents ma peur du vomi, ils ont essayé de me rassurer :  « mais personne n’aime vomir ni voir vomir, cela n’est rien, tu est plus courageux que ça ». Mais en fait, ils ne pouvaient pas me comprendre, personne ne pouvait me comprendre, je me sentais seul… »  

… Des nouveaux terrains d'angoisse se dessinent pour l'émétophobe, il refuse de s'exposer, "il se protège"; en réalité il se désocialise et la panique progresse.
Avec des sentiments contrastés entre honte et ridicule, et la peur paralysante du vomi, l'émétophobe parle timidement avec son père ou avec sa mère, ou avec sa famille ; mais celle-ci généralement banalise les faits, elle est loin du vécu de l'émethophobe; … c’ est toujours "cela n'est rien…".

Etape 5

« Je me suis forcé à aller à l’école. Cependant avant de partir je me munissais d’un lapin pour lutter contre la peur, je le collais très fort contre moi pour que la peur n’arrive pas ».

 « D’autres angoisses ont encore gagné mon quotidien : ainsi je questionnais mes parents sur la date de péremption de la nourriture préparée (j’allais même chercher les emballages à la poubelle pour vérifier) ; j’accompagnais tout le temps mon père ou ma mère quand ils préparaient les repas (pour vérifier les emballages, qu’ils se lavent bien les mains en cours de préparation.. etc) mais bien entendu ils ne savaient pas pourquoi je les accompagnais à chaque préparation de repas ».

 « Je n’allais pas au restaurant, ni au cinéma, ni aux anniversaires, j’étais devenu timide, presque introverti ».

 «Avec le temps l’émetophobie avait gagné du terrain, j’avais des angoisses plus souvent, et toujours cette peur du vomi qui recommençait ».

 Ainsi plus le temps passe, plus la problématique devient "envahissante", avec des schémas cognitifs contraignants; se précisent alors :

a- des associations erronées qui se développent dans la confrontation avec les situations angoissantes au jour le jour, l'émétophobe crée ainsi,

 

a.1- les superstitions : un monde de "Fétiches" ou d'Objets Antiphobiques " lapin contre la peur" ;
a.2- des « compulsions de Vérification ».
a.3- des  « TOCS ».

b- la peur du vomi s'étend progressivement, touche différentes situations de la vie quotidienne, l'émetophobe continu alors à s'éloigner de ces situations…..

Etape 6

«  J’ai continué à grandir et ma phobie avec moi …Au fur et à mesure, la peur avait envahi une grande partie de ma vie. Je me suis mis a m’observer, et j’ai pu me rende compte que ma peur du vomi devenait encore plus forte quand je faisais certaines choses, par exemple quand je me réveillais et mettais le pied gauche par terre. Au début c’était difficile je ne savais quel pied j’avais mis en premier, alors je me recouchais et je mettais le bon pied par terre –alors tout allait mieux…. »

 « Pendant le jours ma tête était obsédée par le vomi et mes crises. C’était dans le sommeil que je retrouvais des forces ».

 « Je mangeais très peu (seulement ce que j’avais vérifié préalablement), j’étais mince, grand, timide. A ce moment là, j'ai retrouvé un réconfort dans les bonbons à la menthe » .

 «N'importe comment…, je ne pouvais pas être malade, il ne fallait pas voir le médecin pour ça : je venait d'une famille qui rayonnait la santé, je n'avais donc pas de raison (?) » .

 Les associations erronées se développent avec la confrontation aux situations angoissantes quotidiennes. La personne se sent envahie par quelques pensées obsessionnelles, voire quelques TOCS.

La peur de vomir engendre parfois aussi l'anorexie ; "on ne mange pas par peur d'être malade, par peur de vomir", alors le sujet ne souhaite tellement pas vomir qu'il choisit de ne plus rien avoir à vomir, avec toutes les complications que cet autre tableau peut encore ajouter.

Parfois aussi "le déni" de cette phobie peut être présent, "je ne peux pas être malade, je viens d'une famille qui rayonne la santé, il faut pas aller chez le médecin pour rien"

Etape 7

«En fait, après j’ai continué à m’observer et j’ai trouvé encore que je faisais des gestes qui augmentaient ma peur du vomi et mes crises,… je me suis décidé à les changer : en réalité mes TOCS grandissaient : d’abord il s’agissait du pied de mon premier saut du lit au réveil ; puis du pied avec lequel je devais traverser la porte ; ensuite des dalles de la rue ; enfin du lavage des mains… »

 « A un moment j’ai senti que c’était presque ma peur du vomi qui devait commander mes gestes, à propos de tout ce que je pouvais faire ou toucher, sinon j’avais une crise. Pourquoi me faire du mal si je pouvais éviter ceci ?  »

 « Je fuyais tout ce qui pouvais me mettre en contact avec le vomi : les lieux, les personnes malades (même ma famille)…. Plutôt mourir que vomir! »

«Pour mieux me préserver, j’ai commencé à prendre des boissons ‘anti-vomi’ (eau gazeuse). Puis j’ai trouvé que me rafraîchir le visage me faisait autant de bien, et j'ai commencé à chercher l’air pure dans les jardins pour mieux m’oxygéner »  

 Les associations erronées se multiplient de plus en plus et se développent en fonction du quotidien. "La personne se sent davantage handicapée et s'interdit plusieurs objets et / ou situations de peur, non seulement de vomir, mais en plus de se créer une crise d'angoisse qu'elle juge inutile et superflue. …Le temps passe et la phobie devient plus présente. La liste de tous les comportements prohibés s'allonge quasiment de façon quotidienne, selon les difficultés rencontrées qui relèvent de ses représentations cognitives".

Il suffit d'avoir vu, ou entendu qu'une personne a été malade dans un lieu quelconque pour immédiatement bannir le lieu. La peur d'être contaminé (épidémie de gastro-entérites…) renforce l'isolement, aussi, certains comportements ou situations sont proscrits par l'émetophobe lui-même. A ce moment là, l'angoisse du vomi est telle que la panique sublime l'émotion «Plutôt mourir que vomir! »

… Dans ce sursaut réactif "De l'eau pour l'arbre" ? ... l'émetophobe ouvre alors une nouvelle ligne de "gestion" cette fois-ci dans la recherche du bien-être; il multiplie les actions "pour se sentir bien" par exemple se rafraîchir le visage plusieurs fois par jour, aller dans des parcs bien fournis en oxygène ; mais en réalité il s’enfonce dans la pathologie obsessionnelle.

Etape 8

« Plus que jamais, tout ce que je faisais était commandé par le vomi et mes crises. J’avais en outre, de plus en plus de nouvelles règles de vie que se rajoutaient à d’autres déjà en place »

 « Je me rafraîchissais systématiquement le visage à chaque fois que je faisais ci ou ça; dehors je ne cherchais que les jardins pour mieux m’oxygéner (cela me venait parfois comme une obsession); je me lavais aussi les mains pour éviter de me contaminer »

 « Avec mon argent de poche je m’organisais pour m’acheter des boissons, des bonbons a la menthe, des anti-vomitifs (primperan, ...), des calmants contre l’angoisse »

«A ce moment de ma vie je mangeais encore moins (j’avais très peur de la nourriture) ; je mesurais 1m85 pour 60 Kg; intellectuellement j'avais honte : un garçon aussi grand et malade….mais en fait, je m'encourageais à dire qu'en effet j'arrivais à contrôler mes angoisses…et donc que j'étais mieux qu'avant ».

 «P oussé par mon objectif professionnel et mes parents, je continuais à faire mes études (parfois je les faisais même par correspondance), à préparer mon avenir; aussi je ne sortais presque exclusivement que pour suivre mes études… ; en fait je me suis rendu compte que j’étais loin de la vie. Mais je n’y pouvais rien ; beaucoup de territoires étaient bannis pour moi ; et ma phobie et mes angoisse recommencent toujours de manière incessante ».

 Les associations erronées continuent… comme à l'infinie. Même les actions dirigées vers le corps "pour se sentir bien" se glissent encore dans les des associations erronées, les transformant en "Obsessions" ou/et en "TOCS"

A cette étape de la problématique, l e trouble prend énormément de place dans vie de l'émétophobe. Les associations erronées, les "règles de vie" et les TOCS empêchent une bonne qualité de vie; son quotidien très étroit se réduit alors à la fuite à l’égard de la nourriture, parfois jusqu'à l'anorexie, jusqu’à une coupure avec le monde, dans le cercle vicieux de l'évitement.

Etape 9

«Le vomi était mon obsession et le centre de ma vie au quotidien; j'avais trop de règles de vie, et plus encore de panique du vomi. Je me lavais les mains plus souvent de peur de me contaminer et de vomir, je me sentais comme paralysé, je ne pouvais presque rien faire… je dormais; en fait je baissais les bras, je ne pouvais plus, je me suis enfermé dans moi-même, la panique m'empêchait de sortir, j'étais épuisé par tant de combats».

  - Voici "l'arbre de l'émétophobe" avec comme branches les "règles de vie" (d'interdits) qui peuvent encore grandir semblent-il… à l'infinie-. Les situations et les actions interdites sont tellement variées et expansives à tellement des domaines que la personne peut se sentir comme "paralysée", prête a "rester sur place par la peur de vomir".

L'émetophobe est désocialisé (il refuse de sortir) et même si une personne de son entourage lui propose de l'aider, il refuse systématiquement de peur d'affronter l'angoisse, en fait il "se protège" en se repliant sur lui-même, il tourne dans un cercle vicieux sans fin. Ici l'émétophobe est atteint, "handicapé", et encore plus vulnérable à d'autres problèmes psychiques.

 

…Nous sommes arrivé à cette étape non pas par hasard ; en fait plus de 60% d'émétophobes font ce même parcours - pas nécessairement dans le temps – et malheureusement un grand pourcentage d’émétophobes le restent leur vie durant, tournant inlassablement dans le cycle infernal de la peur du vomi, et avec celle-ci, les crises et d’autres problématiques qui se surajoutent : ceci dans la complexité de son propre traitement (cognitif) des informations qu’il reçoit, avec ses particularités personnelles.

« Un constat » encore plus significatif : très peu nombreux sont les émétophobes qui commencent un traitement afin de s'en sortir – alors que ON PEUT GUERIR DE L'EMETOPHOBIE.

Dans le cas dessiné par ce témoignage et au stade atteint mentionné, « le patient a décidé de consulter ».

Etape 10

«Pendant ce temps d'enferment, j'ai réfléchi (me battant encore contre tout) je savais que toutes ses émotions vivaient seulement en moi ; et puis, j'ai voulu m'en sortir… j'avais un objectif d'avenir. Alors enfin je me suis décidé et j'ai cherché de l'aide»

La décision !

 «… J'ai travaillé sur moi… Aujourd'hui, j'ai 23 ans, j'ai appris à gérer mes angoisse, à estomper mes crises, à oublier mes peurs; j'ai pris plaisir à la vie, à rencontrer des gens… maintenant, je suis guéri de l'émétophobie, et je l'ai transformée positivement en une expérience de vie ».


Classification de l'Emétophobie :

 

● « Emétophobie pure » ou peur de vomir en toutes circonstances. L'acte de vomir est terrifiant, à l'intérieur comme à l'extérieur, seul comme accompagné. Trouble qui peut parfois avoir "l'allure" d'un TOC.

● « Emétophobe par confrontation » les angoisses et / ou la fuite apparaissent uniquement lorsqu'il y a confrontation directe avec l'objet de la phobie (le vomi).

● « Pseudo Emétophobie sociale », ou peur de vomir seulement en public. Ici c'est le regard des autres qui est angoissant; l'acte de vomir n'est pas terrifiant en lui-même. C'est en réalité une phobie sociale.


Diagnostique différentiel :

 

 

Comportement

 

Pseudo Emetophobie

(Phobie de vomir en Public)

 

 

Emétophobie

 

 

Enfermement / Repli sur soi-même

Oui

 
Oui

 

Peur du vomi

Non

 

Oui

 

Nausées

En situation sociale

 
Régulières

 

Vomissements

Fréquents

 

Très rarement

 

 

Peur de voir ou d’entendre quelqu'un vomir

 

Non

Oui 

Peur de se nourrir

 Non

 

Oui

 


Peur d'une intoxication alimentaire
 

Non

 Oui

 

Peur de se nourrir dehors (chez des amis, anniversaire, restaurant ... )

 

Oui

Oui

  Peur de se nourrir avant une sortie

Oui

 

Oui

  

Peur du monde extérieur

Oui

 

Oui

 

 Peur des virus

Non

 

Oui

 

  

Peur du jugement d'autrui

 

Oui

Parfois

 Peur d'une crise d'angoisse " dehors "

Oui

  

Oui

 

  Peur du regard des autres

Oui

 
Parfois

 

Tendance agoraphobe

Oui

 

Oui

  

Développement de TOC

Rarement

 

Oui

  

Peur de la grossesse

Non

 

Oui

 

 

Il s’agit ici de deux « troubles » différents, même s’ils partagent le même terrain « l’angoisse » ; le même type de traitement (cognitif) de l’information, « la phobie» ; le même objet « le vomi », certaines peurs et certaines réactions. En effet la grand différence de ces deux problématiques c’est ce que nous allons appeler ici « la cible » : Vomir en Public pour la Phobie Sociale et le Vomi dans tous les états pour l’Emétophobie.

 

 

Les Crises et les Symptômes les accompagnant :

 

Les manifestations d'angoisse qu'accompagnent les "crises" sont très variables et elles vont jusqu'à la panique. Elles peuvent être différentes d'un émétophobe à l'autre :

 

- nausées
- bouche sèche
- palpitations cardiaques
- difficultés à respirer
- sensation de vertige, (tête qui tourne)
- sensation de gorge et / ou d'estomac noué(e)s
- tremblements
- bouffées de chaleur / transpiration
- froid intense / chair de poule
- maux de ventre
- insomnies, cauchemars
- impossibilité de se concentrer sur quoi que ce soit (travail, ...)
- faiblesse générale etc ...
- souvent aussi, en période d'angoisse, des nausées de plus en plus fortes générées essentiellement par le stress, fait qui redouble l'intensité du malaise. 

D'autres "signes" émotionnels comme : 

- crises de larmes
- hurlements
- agressivité
- impossibilité de parler, tant la nausée est forte
- et même « auto-punition » : "on se griffe, on se mord les lèvres, on se pince, on s’arrache les cheveux, on se gifle, ...."
- Sentiment de "panique où la terreur rend la douleur infime".  


 

 

Les Angoisses :

  

Elles soumettent l’émetophobes à une pression sans merci, avec en plus, des conséquences nocives pour leur qualité de vie et pour leur socialisation (qui peut les amener jusqu'à la « coupure avec le monde »). Elles peuvent ainsi provoquer : la peur des collègues, des amies, et jusqu'à la peur de leur famille ; sans compter avec la peur du lieu de travail et des lieux publics (centres commerciaux, cinémas, de distractions diverses).

Ces angoisse peuvent être différentes ou même « originales » d’une personne à l’autre, cependant «  le déclencheur » ou « le moteur » de toute crise d’angoisse chez tout émétophobe est la persuasion que la situation « à vivre » est susceptible de le faire vomir ou de voir le vomi de l’autre…. Peuvent provoquer une crise :

- La peur de vomir.
- La peur de voir / entendre quelqu'un vomir (même au cinéma ou la télévision).
- La peur de manger " trop".
- La peur d'attraper un virus (gastro-entérite).
- La peur de manger des aliments périmés.
- La peur des restaurants / repas dehors.
- La peur de certains aliments.
- La peur des glaçons dans un verre (eau contaminée).
- La peur de certaines odeurs (surtout de cuisine).
- La peur de manger chez les autres.
- La peur de faire du sport.
- La peur des transports / des voyages.
- La peur des manèges en fête foraine.
- La peur d'approcher des personnes malades.
- La peur de la grossesse.
- La peur des enfants (véhiculeurs de microbes).
- La peur de certaines douleurs (notamment tout ce qui touche l’abdomen).
- La peur à donner la main (véhiculeur de microbes).
- La peur d'être mal au cinéma.
- La peur d'être avec quelqu'un qui lit en voiture (cela peut provoquer des nausées).

… La liste est loin d'être exhaustive, chaque émétophobe développe ses propres angoisses.

 

La Gestion des Crises :

 

● Les Rituels, les actions –

Les émétophobes sont fréquemment angoissés, état qui peut durer de quelques minutes à quelques jours et qui se complique par une symptomatologie contraignante.

Une crise à la maison semble être beaucoup plus gérable qu’à l’extérieur (en fait l’environnement familial est plus rassurant et moins improvisé que la rue). Dehors, la crise est très violente et le regard des autres rend l’émetophobe anxieux et parfois même « paranoïaque » (« ils m’ont vu paniquer .. . avaler mes cachés ?…) .

- Ainsi, et afin de se rassurer et de gérer la situation, l’émétophobe possède plusieurs moyens sans lesquels il ne s’en sort jamais : les anti-stress ou objets contraphobiques( porte chef, peluches, mouchoirs, boules de gomme… etc) ; les médicaments contre les nausées ou anti-vomitifs ( Primpéran, Vogalène, Motilium ...), les anxyolitiques ( type Xanax, tranxène, ou lexomil ) ; ou des aliments ou boissons réputés bons pour tel ou tel symptôme ( de coca cola, des bonbons à la menthe, des gélules à base de gingembre……)

- Les émétophobes se donnent comme mission celle de contrôler les aliments : la provenance, les dates de péremption, l’apparence et tout ce qui est en référence avec la vaisselle.

Ils ne mangent pas chez les autres ni au restaurant, ils n’assistent pas aux anniversaires. Enfin, ils ne mangent pas beaucoup, pas trop gras, ni trop riche ni trop lourd.

Certains contrôlent même l’élaboration des repas ou ce que mange leur famille afin de ne pas avoir à subir des indigestions(donc contamination et donc vomissements) ou vomissements d’un des membres de la famille.

● D’autres réactions qui se veulent Contra phobiques –

- Se rafraîchir avec de l’eau, aller dehors aux parcs.

- Se relaxer.

- Faire exercices de respiration ou s’auto masser.


 

 

L’Emétophobie et ses possibles complications :

 

 

C ette peur du vomi peut entraîner la personne qui en est atteinte à l'anorexie : ainsi, le sujet ne souhaite tellement pas vomir qu’il choisit de ne plus rien avoir à vomir.

Il faut dire que s ans traitement pertinent c e trouble peut évoluer et se voir greffer d'autres problèmes d'ordre psychique, comme la Spasmophilie, l'Agoraphobie, l'Hypocondrie, les Tocs, la Paranoïa, l’Anorexie, la Phobie Sociale etc ...

 

L'Approche Thérapeutique des Phobies :

 

 

Thérapeutique

D’après mon expérience thérapeutique dans le traitement des Phobies et de l’Emétophobie, bien après le classique célèbre « évaluation, diagnostique, pronostique » deux éléments piliers sont a la base de la réussite du traitement :
a)l’alliance thérapeutique (thérapeute-patient) visant le même objectif ;
b) l’ajustement : personnalité - méthode.

Au delà de cette première étape, nous avons bien à disposition plus d’un choix thérapeutique de traitement, chacun ayant fait ses preuves en ce qui concerne la gestion des symptômes et la guérison des phobies ; le traitement de la phobie peut comporter une thérapie proprement ciblée a la phobie ; ou un corollaire thérapeutique dépendant des personnalités, des antécédents personnels, de l’objectif de travail définit avec le patient.

Il est à noter que dans ce genre de traitement l’expérience acquise est de la plus grande importance.

 

Les Outils Thérapeutiques :

La Thérapie Comportementale – Cognitive -Une des principales indications thérapeutiques pour le traitement des phobies est la thérapie Comportementale Cognitive qui cible son objectif sur le symptôme. Elle se compose essentiellement d’un programme progressif de confrontations à la situation redoutée, d’abord dans un contexte rassurant, puis progressivement avec un entraînement à la gestion de l’anxiété. Cette exposition progressive entraîne une diminution des réactions de peur et permet la disparition de la peur par désensibilisation. Un autre aspect important de ce traitement est la restructuration cognitive qui permet d’aider le patients à identifier leurs erreurs de jugement et à développer une compréhension plus rationnelle de la probabilité du danger.

L’Hypnose : elle s’attaque aux causes et aux manifestations de la maladie. Cliquer ici

● L’Amma Assis : elle passe par le corps pour aider à gérer « l’esprit ». Cliquer ici

● L’Approche Psychanalytique - Il vise à mettre en lumière les mécanismes du ou des symptômes phobiques anxieux (ré appropriation du sens, puis son élaboration par le sujet) à travers l'investigation de l'inconscient du patient (notamment dans sa configuration oedipienne inconsciente), pour enfin parvenir à une compréhension profonde des symptômes et de leur raison d'être.

En fait, dès le temps de Freud, on constatait que la phobie est un « symptôme instable, fugace et fragile », on parle alors d'hystéro-phobie, de névrose phobo-obsessionnelle, etc. Freud montre aussi que l’angoisse est dans la phobie souvent comme un « signal d'alarme ». « Dès lors, s'attaquer au seules manifestations symptomatiques peut apparaître comme très insuffisant. A la différence de l'approche béhavioriste, pour la psychanalyse, le symptôme phobique a un sens qu'il s'agit de déchiffrer pour en atteindre les sous-bassements inconscients ».

Ainsi en psychanalyse, « le symptôme est vu comme une solution défensive dont il faut élucider le sens avant de songer à l'éradiquer comme on éradiquerait un virus ».

… L’analyse se fait dans une relation transférentielle qui permet au conflit inconscient de se réactualiser afin d’être surmonté et dépassé. Cette thérapie « des profondeurs » est plus longue et engage le patient a des confrontations souvent difficiles ; elle s’attaque aux causes et aux manifestations de la maladie.

Dans le cas où les symptômes ont un caractère envahissant, certaines thérapies psychanalytiques peuvent s’adjoindre aux Thérapies Comportementales Cognitives.

 

Témoignages :

Témoignage d’un ancien patient guérit de la « Nosophobie » (peur de tomber malade)

Zone de Texte: Mon témoignage concerne la NOSOPHOBIE,  et des troubles associés : le TOC et des problèmes de Mémoire et d'Apprentissage.  Juin 2007 – Sandra      En Bref  Mon Histoire  jusqu’à ma guérison :     « Personne ne peut comprendre, je ne serai jamais guérie » : c'est ce que je me disais inlassablement….      La narration : depuis le début de la souffrance jusqu’à la guérison.    « J’ai m'appelle Sandra, j'ai 28 ans, et je suis étudiante handicapée. Il y a quelques années hébergée dans une structure adaptée pour personnes handicapées, j’ai eu une Nosophobie, peur de tomber malade, agrémentée du toc d’être contaminée par tout ce qui est sale, de tomber malade et de devenir plus handicapée que je le suis.    A ce moment là, j’ai rencontré une personne ayant un handicap très lourd ce qui a fait augmenter cette phobie, de sorte que je l’évitais,  me lavais les mains, nettoyais fauteuil, sac, etcetera, sans cesse, en me disant « oh là, là , il faut bien nettoyer tout cela pour ne pas devenir comme lui, très malade. Avec le temps la Nosophobie s’est aggravée. Je nettoyais de plus en plus, parfois pendant quelques heures nettoyant au même endroit plusieurs fois en pensant  « est-ce que j’ai bien nettoyé ».    Au bout de 3 ans, le nettoyage était devenu pénible et surtout, il était l’occupation principale au quotidien. Je nettoyais quasiment pendant 8 à 10 heurs par jour, et je ne dormais pas beaucoup. Par conséquent je ne pouvais pas me concentrer en classe. Et pendant le cours je pensais à nettoyer si je touchais un endroit que je considérais comme sale, et il fallait absolument que je lave mes mains, que je change de vêtements… Laver les mains ne suffisait pas si  j’avais touché mes habits sans avoir lavé les mains.     Zone de Texte: Au début de la 4ème année je nettoyais les portes, le mur, ma chaise, mon bureau de travail,…, bref le chemin par où je passais,  pensant que mes mains sales avaient touché le bord du lit devenu sale  et par la suite le mur, la chaise… J’avais une manière de nettoyer afin que la saleté ne soit pas étalée partout, donc je me concentrais beaucoup pour être sûre d’avoir bien nettoyé. Puis je me demandais si tout était  propre et je réfléchissais après 8 à 10 heures de nettoyage s’il y avait encore des endroits à nettoyer que j’avais oubliés. A la fin pour être sûre, je recommençais le nettoyage.    J’associais la saleté à la maladie. Puisque je suis une personne handicapée, je considérais que j’étais faible, sans immunité,  capable donc d’attraper toutes les maladies en croisant les personnes malades. Je ne pouvais penser à autre chose que nettoyer pour éviter de tomber malade. En plus de ce toc comme mécanisme défense, j’ai eu des  « troubles de mémoire » dans la pensée comme dans l’apprentissage, j’oubliais tout. Mon temps était consacré au nettoyage, je ne pensais qu’à cela. Toute personne malade ou ayant un handicap me faisait peur. Je ne voulais pas devenir comme eux. J’ignorais que j’avais un problème psychologique. Je me disais «  je nettoie une dernière fois ma chambre puis tout sera propre » mais le cycle commençait infiniment ( Nosophobie, toc, trouble de mémoire). Je ne dormais que 5 heures par jour, je me levais tôt pour avoir le temps de nettoyer avant la fin de la journée. Par la suite je commençais réellement à avoir des problèmes physiques : douleur dans les bras à force de nettoyage, douleur dans les jambes à force de tenir debout pendant des heures pour nettoyer,… En fait c’était la Nosophobie qui produisait chez moi  ces paniques.      Recherche d’un professionnel :  Sans dire qu’il s’agissait de moi, je parlais par-ci par là pour me faire une idée de la thérapie que je devais faire et j’entendais des choses qui me terrorisaient : « il faut simplement se raisonner…ces cas là est trop compliqués, je connais une personne qui a fait plus de 10 ans de thérapie, et encore elle n’est pas guérie…, », « moi je connais un autre cas qui est moins compliqué, qui a déjà changé 5 fois de thérapeute, et ceci depuis 8 ans et rien n’a avancé… ». Non, personne ne peut comprendre, je ne serai jamais guérie » : c'est ce que je me disais inlassablement….    Malgré tous ces commentaires et pour mettre fin à mes souffrances, J’ai cherché un spécialiste sur Internet pour parler de mon problème. Quand j’ai trouvé Mme Villar-Documet , je l’ai contactée par téléphone, là elle a pris connaissance de mon problème, puis on a fixé un rendez-vous.
Zone de Texte: Ma thérapie avec Mme Villar-Documet -     J’ai rencontré la psychologue Mme VILLAR-DOCUMET. Pendant le premier rendez-vous nous avons fait ensemble le point de la situation. Elle m’a proposé ainsi un éventail thérapeutique pour mon traitement. Nous avons mis en place une alliance thérapeutique de travail.    Voici ai-je exposé,  quelques exemples supplémentaires de symptômes : ce que la nosophobie me faisait faire avant :    A chaque endroit dans tout l’appartement je ne  pouvais pas me déplacer librement. Toujours un problème était présent :    -	Un jour pendant 1h30 : une forte anxiété. A partir de 8h15 du matin jusqu’à 16h30 j’ai nettoyé une partie du mur placée au dessus du lit, le lit avec changement de draps, nettoyé également la table de travail, l’ordinateur, les stylos, classeurs, télécommandes, la cuisine… Tout ceci pour un objet que j’avais utilisé à l’époque où j’avais rencontré la personne handicapée, et je pensais sans arrêt que cet objet était sale et qu’il ne fallait pas le toucher avant de l’avoir rendu propre, c’est à dire bien nettoyé. Malheureusement en passant à côté du meuble où il y avait l’objet, j’avais dû toucher cet objet.    Voici le dialogue interne que j’avais avant de nettoyer : Avant de partir en week-end je nettoyais tout pendant 6 à 8 heures. Le dimanche arrive, je rentre dans ma chambre (fin du week-end), en me disant « je nettoie le fauteuil ou pas ? Est-ce qu’il est bien nettoyé ? Ai-je respecté le sens de nettoyage pour ne pas étaler la saleté ? Il faut que cela soit propre ». Pour être sûr que cela soit propre je nettoyais encore une fois.    -	Autre exemple de dialogue interne : il faut faire attention que mes habits ne touchent pas le fauteuil roulant que j’avais utilisé lors de la présence de la personne handicapée. Pendant ce temps,  je dormais à peu près 5 heures par nuit,  je me confrontais à ma phobie et je nettoyais tout,  tout le temps. Je prenais des douches pendant des heures (environ 2 heures).      …Les résultats de notre travail n’ont pas tardé, environ en un mois de traitement j’ai senti une meilleure qualité de vie. J’avais presque arrêté de nettoyer grâce aux différents traitements.     Zone de Texte: Nous avons commencé le travail de soin pour la Nosophobie,  puis postérieurement nous avons travaillé sur le toc, les troubles de mémoire et l’apprentissage accéléré.     …Cela m’avait pris environ 3 mois pour arriver à vivre à peu près comme les autres sans l’angoisse de tomber malade. Durant ces 3 mois l’évolution avait été spectaculaire. Il y avait eu également des séances d’ « amma assis » qui permettaient à mon corps de  se relaxer, de se sentir bien,  de prendre du dynamisme.    Ainsi par la suite j’ai eu beaucoup de temps pour travailler , me reposer, et j’ai pu consacrer du temps à des loisirs,… Cependant, le toc était très encore gênant bien que j’eusse arrêté en grande partie le nettoyage.     En plus, j’avais une mémoire réduite par rapport à celle que j’avais 4 ans auparavant ( c’est à dire avant l’apparition du problème). En ce qui concerne les troubles de mémoire madame Villar-Documet avait entrepris une thérapie sous hypnose afin de débloquer les mécanismes de défense mnésiques et stimuler la mémoire ;  par la suite elle exerça une thérapie à partir d’une technique de pointe, pour me permettre une accélération de l’apprentissage.      Quelques aperçus des  autres choses qui ont changé en moi :     Au début quand je tombais par terre, je ne pensais pas à moi, mais à  ce toc (trouble obsessionnel compulsif) : nettoyer ; alors que dernièrement, je suis tombée en me promenant et cette fois-ci, j’ai pensé à moi, vérifié que je n’avais pas mal quelque part. Cela a fait changer ma vie.    En outre, avant de finir la dernière séance du traitement entrepris,  sans l’avoir voulu j’ai été confrontée à un cas comme celui qui a  provoqué ma maladie, et rien n’a bougé en moi, même pas la moindre pensée….Comme  ma vie a changé ! TOUT VA BIEN. Je mémorise, j’apprends. J’ai pris aussi de l’assurance. Je suis guérie.    Après tout ce que j’avais entendu dire avant de commencer ma thérapie… je pense que probablement avec une autre psychologue je ne serais peut être qu’à un huitième de ma thérapie, merci infiniment Mme Villar-Documet , grâce à vos connaissances et à votre expérience vous avez su trouver les moyens pour m’aider à guérir en respectant mes valeurs et ma personnalité.   Zone de Texte: Maintenant après avoir fini mon traitement d’une durée d’une année,  j’ai une qualité de vie excellente. Je dors 8 à 9 heures par nuit. J’ai des loisirs. Je me promène dans ma voiture que je conduis. J’ai du temps libre pour moi. Maintenant, je le redis, j’ai une bonne mémoire, j’apprends vite et je continue mes études à la fac. JE SUIS GUERIE. MERCI ENCORE.  																	Sandra   


Témoignage d’un ancien patient guérit de «l’ Emétophobie » (peur du vomi)

 Zone de Texte: Et, à mon grand bonheur, à force de travail commun lors des séances ou personnel à la maison, mon état a connu des améliorations de plus en plus significatives à partir de la moitié de notre parcours thérapeutique, pour arriver à un état de guérison que j’appellerai définitive au bout de 6 mois!    Aujourd’hui, je me sens Le même et pourtant si différent, comme une seconde naissance.    Ce n’est pas Le monde qui m’entoure qui a changé, mais La vision que j’en ai qui a été modifiée, mon corps et mon esprit ont été entièrement désensibilisés, comme purifiés.    Aujourd’hui, je peux Le dire haut et fort aux plus sceptiques et aux plus pessimistes des émétophobes : je n’ai plus peur de vomir, je n’ai plus peut d’être malade, je n’ai plus peur de voir les autres vomir, je ne me prive plus, je n’ai plus de blocages psychologiques ou physiques, je suis tout simplement serein et libre. La vie a de nouvelles couleurs et de nouveaux projets prennent forment. Tout cela sans douleur et sans médicament.    Je remercie tout particulièrement Ruby VILLAR-DOCUMET de m’avoir aidé à trouver Les clés de ce mieux-être et je recommande sa méthode à tous les émétophobes qui ne croient plus en aucune aide et leur assure, s’ils en font la démarche active, qu’au moins cette solution existe et marche, qu’au moins un recours est à leur portée et qu’au plus ils se sentiront tout simplement heureux, comme moi...                                                               Nicolas