Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
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BIBLIOGRAPHIE

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DEPECHES SPÉCIALISÉES

 

44. NEUROSCIENCES

La division cérébrale du travail

Combien de tâches sommes-nous capables de mener de front ? Autant que nous avons de lobes cérébraux, d’après deux neuroscientifiques français de l’Inserm. Autrement dit, seulement deux. Au-delà, le taux d’erreurs devient trop important, faute d’une bonne coordination par le cerveau, expliquent  Sylvain Charron (Ecole polytechnique) et Etienne Koechlin (Ecole normale supérieure, UPMC), dans la revue Science du 16 avril.

Lorsque nous poursuivons un seul but, les parties frontales du cortex sont mobilisées dans les deux lobes du cerveau. Si on ajoute un second objectif à remplir, les deux lobes se répartissent la tâche, montrent Charron et Koechlin, chacun se chargeant d’un but à atteindre. C’est la partie la plus antérieure du cortex (juste derrière le front) qui s’occupe de coordonner ce qui se passe dans les deux hémisphères.

Tests sous IRM

Pour étudier cette division cérébrale du travail, les deux chercheurs ont soumis 32 volontaires à des tests -dont l’accomplissement était récompensé par une somme d’argent- tout en observant l’activité de leur cortex sous IRM (imagerie médicale par résonance magnétique nucléaire). Les tâches consistaient à regrouper des lettres apparaissant sur un écran en fonction de certains critères. Par exemple apparier des majuscules d’un côté, des minuscules de l’autre.

Lorsque les chercheurs ont ajouté une troisième tâche, en fonction de la couleur des lettres, les résultats ont décliné ! Temps de réaction et taux d’erreurs ont augmenté. A partir de trois buts poursuivis en même temps, notre cerveau souffrirait d’un problème de coordination, suggèrent Charron et Koechlin.

Pas fait pour être multitâche?

Cette division du travail entre les deux hémisphères poserait les limites de nos capacités de décision, de raisonnement et d’adaptation, toujours selon les deux auteurs. La multiplication des supports d’information, ainsi que leur mobilité, pose de nouveaux défis au cerveau humain, de plus en plus invité à consulter ses emails tout en marchant, en discutant avec quelqu’un d’autre ou en suivant une réunion.. Les études sur nos capacités d’adaptation à ce monde multitâche ne font que commencer.

C.D.
sciencesetavenir.fr
19/04/10