Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
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DEPECHES SPÉCIALISÉES

 

32. NEUROLOGIE

La stimulation cérébrale profonde efficace contre les TOC

NOUVELOBS.COM | 13.11.2008 | 12:08

Pour soigner des formes graves de troubles obsessionnels compulsifs, des chercheurs français ont eu recours à la stimulation cérébrale profonde, déjà utilisée pour la maladie de Parkinson. Les résultats du premier essai clinique sont encourageants.

Pour soigner des formes graves de troubles obsessionnels compulsifs, des chercheurs français ont eu recours à la stimulation cérébrale profonde, déjà utilisée pour la maladie de Parkinson. Les résultats du premier essai clinique sont encourageants.

Pour les personnes qui souffrent d’une forme sévère de troubles obsessionnels compulsifs (TOC), le quotidien est un enfer. Afin de combattre leurs peurs et leur anxiété, elles sont obligées d’effectuer des rituels de vérification, de nettoyage ou de rangement. Lorsque cette névrose résiste aux traitements (médicaments et thérapie), elle empêche les patients de mener une vie professionnelle, sociale ou familiale normale. C’est pourquoi des chercheurs français ont décidé de tester sur 16 patients atteints de TOC sévères la méthode de la stimulation cérébrale profonde, qui est déjà utilisée avec succès pour traiter la maladie de Parkinson et la maladie de Gilles de la Tourette. Les premiers résultats sont encourageants, même si cette intervention neurochirurgicale présente des risques sérieux.

En 2002, en soignant la maladie de Parkinson chez deux patients atteints de TOC, des chercheurs de l’Inserm avaient constaté que la stimulation cérébrale profonde avait un effet sur leurs troubles obsessionnels. Du coup, l’équipe de Luc Mallet (Inserm, Pitié-Salpêtrière) a suivi un groupe de 16 patients soignés dans 10 CHU de France par stimulation cérébrale : deux électrodes sont implantées dans le cerveau des patients. Elles sont reliées à un stimulateur implanté sous la peau qui délivre un courant électrique continu qui modifie des signaux anormaux émis par le cerveau. Dans le cas de la maladie de Parkinson, les électrodes sont situées dans les noyaux sous-thalamiques et leur stimulation permet de soigner les troubles moteurs liés à cette maladie neurodégénérative.

Luc Mallet et ses collègues ont constaté qu’en déplaçant de quelques millimètres le site de la stimulation ils pouvaient agir sur l’état psychique des patients. Pour cet essai clinique mené en double aveugle, huit patients atteints de TOC ont connu trois mois de stimulation active et trois mois de placebo, les huit autres ont vécu l’inverse.

Après trois mois de stimulation active, le traitement a été efficace pour sept patients sur 10. Leurs symptômes ont été réduits de plus de 25%, expliquent les chercheurs, qui publient leurs travaux aujourd’hui dans le New England Journal of Medicine. De plus, 6 patients sur 10 ont retrouvé la capacité de mener une vie familiale ou professionnelle. Les résultats sont nettement moins bons avec le placebo (amélioration pour environ un patient sur 10).

Avant d’étendre ce traitement, les chercheurs doivent encore affiner leurs réglages et diminuer les risques. Parmi les effets secondaires sérieux relevés par les chercheurs figurent deux infections liées à l’implantation des électrodes et une hémorragie cérébrale. Seules des équipes bien rôdées peuvent pratiquer la stimulation cérébrale profonde.

Cécile Dumas

Sciences et Avenir.com

13/11/08

(1) Essai en double aveugle : ni le patient ni le médecin ne savent s’il s’agit du placebo ou du véritable traitement, afin de ne pas influencer les résultats.