Ruby Villar-Documet - Psychologue clinicienne, Psychothérapeute
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DEPECHES SPÉCIALISÉES

 

30. NEUROSCIENCES

Mieux diagnostiquer l’état conscient ou inconscient

NOUVELOBS.COM | 26.01.2009 | 16:36

Conscient ou inconscient ? L’état mental de certains patients, plongés dans des états comateux ou végétatifs, est parfois difficile à cerner. Plus difficile encore est d’établir un pronostic. Deux équipes de recherche française ont mis au point un nouveau test permettant de détecter « une vie mentale consciente » afin d’aider les équipes médicales qui prennent ces patients en charge.

Un premier test conçu il y a plusieurs années par l’équipe de Lionel Naccache (Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Inserm) étudie la réponse cérébrale à un stimulus auditif particulier : il s’agit de voir, à l’aide d’électrodes placés sur le crâne, si le cerveau génère un signal spécifique lorsqu’un son différent vient après une série de sons réguliers (ex : AAAAB après une série de AAAAA). Les rares équipes hospitalières qui utilisent ce test ont constaté que les patients comateux qui y répondent positivement ont 80% de chance de se réveiller dans les jours ou les semaines qui suivent.

Cependant les signaux émis par le cerveau des patients lors de ce test ne signifient pas forcément qu’il est conscient, précisent les chercheurs. Pour aller plus loin, Lionel Naccache et Stanislas Dehaene, directeur de l’unité neuro-imagerie cognitive au Neurospin (Inserm/CEA), ont complexifié le dispositif. Au lieu d’insérer une irrégularité après une suite de sons identiques, le nouveau test requiert du patient qu’il réagisse à la régularité après une suite de sons irréguliers.

Pour comprendre que le AAAAA constitue une rupture de la règle, il faut que le patient soit conscient, expliquent les chercheurs. Ils ont validé le test sur huit patients : quatre en état de conscience minimale, quatre dans un état végétatif. Dans cet état les patients ont toujours une alternance de cycles éveil-sommeil (contrairement au coma) mais ils ne sont pas considérés comme conscients (pas d’actions intentionnelles, par d’interactions volontaires avec leur environnement…).

Les quatre patients végétatifs n’ont montré aucune réponse au test, alors que pour trois patients en état de conscience minimale sur quatre le test s’est avéré positif, relatent les chercheurs, qui publient leurs travaux dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.

Cependant les chercheurs précisent bien que seul un test positif peut permettre de bâtir un pronostic pour le patient et qu’un test négatif ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’état conscient.

L’exemple de Terry Wallis, réveillé après 19 ans passés en état de conscience minimale et dont le cerveau a recréé des connexions dans des zones inhabituelles, rappelle que la plasticité cérébrale peut réserver quelques surprises.

D’autres équipes mènent des recherches avec l’imagerie fonctionnelle par résonnance magnétique (IRMf) pour tenter d’élucider cette difficile question de la conscience des patients en état végétatif. Là encore, les données ne sont pas toujours faciles à interpréter.

Cécile Dumas

Sciences-et-Avenir.com
26/01/09